Belgique

Prévisions économiques du Bureau du Plan : forte inflation, revenus sous pression mais avec des créations d'emplois

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Le Bureau du Plan a publié ses prévisions économiques 2022-2023. En 2022, l’inflation devrait s’élever à 9,4% en moyenne, soit plus que ce que le Bureau du Plan avait prévu précédemment.

Sur l’ensemble de l’année 2022, l’activité économique devrait encore progresser de 2,6%, surtout grâce au premier semestre au cours duquel les entreprises ont bien résisté. La croissance en 2022 devrait aussi s’accompagner d’un nombre "remarquablement élevé de créations d’emplois", estime le Bureau du Plan.

Pour 2023, le Bureau du Plan prévoit un net ralentissement de la croissance du PIB, qui ne devrait pas dépasser 0,5%, soit deux fois moins que ce qu’il prévoyait jusqu’ici. L’inflation, elle, devrait légèrement ralentir pour atteindre 6,5% l’an prochain.

Les créations d’emplois en 2022 et 2023 devraient s’affaiblir, mais s’élèveraient quand même à près de 140.000 sur l’ensemble des deux années.

 

L’économie de la zone euro en récession cet hiver

Le contexte européen influence forcément les performances de la Belgique. En 2021, la zone euro avait engrangé une croissance de 5,1%, se relevant de la crise du Covid. Depuis, la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie ont changé la donne. L’Europe paie sa proximité géographique et sa dépendance énergétique à l’égard de la Russie. En 2022, la croissance du PIB de la zone euro devrait atteindre 2,9%, surtout grâce à un solide premier trimestre. En 2023, cette croissance tomberait à 0,4%, selon le Bureau du Plan.

Ces perspectives sont, écrit le Bureau du Plan "entourées de risques qui sont majoritairement négatifs".

La flambée de l’inflation va peser de plus en plus sur l’économie belge

La croissance économique belge a bien résisté au premier trimestre de 2022 (+ 0,5%). Au deuxième trimestre, elle est restée positive (0,2%) et devrait se maintenir au troisième trimestre. Au quatrième trimestre et au début 2023, l’inflation devrait peser plus lourdement sur l’économie belge. Le Bureau du Plan envisage alors une croissance économique à l’arrêt. Ce sont les prix de l’énergie élevés qui pourraient, estime le Bureau du Plan, amener les entreprises intensives en énergie à réduire, voire mettre à l’arrêt, temporairement leur production. Dans ce cas, cela pèserait sur les exportations belges.

Selon le Bureau du Plan, il faudrait attendre le deuxième trimestre de 2023 pour retrouver une croissance économique positive. Pour l’ensemble de 2023, la prévision de croissance est de 0,5%, selon le Bureau du Plan. En effet, en 2023, toutes les composantes du PIB, notamment la consommation des ménages, devraient ralentir. Seuls les investissements des entreprises et de l’Etat ne ralentiraient pas.

En 2023, la croissance en volume des exportations belges devrait fortement diminuer, même chose pour la demande intérieure et les importations.

Du côté des ménages, la croissance de la consommation devrait s’établir à 4,2% en 2022, un chiffre encore porté par la reprise post-covid. En revanche, la croissance de la consommation des particuliers ne serait que de 0,8% en 2023.

Revenu disponible des particuliers sous pression

Le Bureau du Plan souligne que le revenu disponible réel des particuliers est mis sous pression par la poussée inflationniste,"Bien qu’il soit partiellement - et avec un certain retard – protégé par l’indexation automatique des salaires et des allocations sociales".

Dès lors, la croissance du revenu disponible réel des particuliers se tasserait nettement en 2022 mais resterait positive (0,7%) "grâce à la forte hausse de l’emploi", écrit le Bureau du Plan. Par contre, la croissance de la population belge (+ 0,8%) pousse le revenu disponible réel par habitant légèrement à la baisse (-0,1%).

Le Bureau du Plan s’attend à ce que l’inflation, bien qu’élevée, fléchisse quelque peu en 2023. Le revenu disponible réel macroéconomique des particuliers devrait, en 2023, augmenter de 1,3%. Le revenu disponible réel par habitant devrait, lui, augmenter de 0,7%. C’est donc, pour le Bureau du Plan, "une augmentation limitée du pouvoir d’achat" à laquelle il faut s’attendre.

L’inflation devrait fléchir en 2023 mais rester élevée

Le Bureau du Plan revient sur la flambée des prix de l’énergie qui s’est poursuivie au cœur de l’été. Les prix de l’électricité et du gaz ont plus que quadruplé par rapport à 2021.

L’inflation belge est passée de 0,3% en janvier 2021 à un peu moins de 10% en août 2022, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 1976. C’est l’évolution des prix de l’énergie qui explique cela, mais les prix de l’énergie et la hausse des salaires (due à l’indexation automatique) se répercutent de plus en plus sur les prix des autres biens et services. Dès lors, le Bureau du Plan s’attend à ce que la hausse des prix à la consommation dépasse, en moyenne, 10% entre septembre et décembre 2022.

En moyenne en 2022, l’inflation serait de 9,4% et de 6,5% en 2023.

Entre la mi-2021 et la mi-2023, l’indice pivot devrait avoir été dépassé pas moins de neuf fois. Les prochains dépassements devraient intervenir en octobre 2022, décembre 2022, février 2023 et juillet 2023.

La croissance de l’emploi ralentit sensiblement

Le marché de l’emploi s’était bien remis de la crise du Covid, dès la mi-2020. Le ralentissement que l’économie connaît actuellement et qui devrait s’accentuer au cours des deux prochains trimestres devrait contribuer à ralentir la croissance de l’emploi en Belgique.

Ainsi, en 2022, on devrait encore créer 100.000 emplois. Cependant, en 2023, la progression de l’emploi intérieur ne serait plus que de 39.000 personnes. Pour la période 2020-2023, le Bureau du Plan table sur une augmentation de l’emploi de 225.000 personnes.

Du côté du chômage, celui-ci continuerait d’augmenter durant la seconde moitié de cette année et le premier trimestre de 2023 en raison de l’affaiblissement de la croissance de l’emploi. Le chômage se stabiliserait pratiquement au deuxième trimestre de 2023 et diminuerait de plus en plus au second semestre.

En moyenne annuelle, le chômage diminuerait de 16.000 unités cette année mais repartirait légèrement à la hausse en 2023 (+3000 personnes). Le taux de chômage passerait de 8,4% à 8% cette année et se stabiliserait en 2023.

Inflation presque à 10% en août: sujet JT 30/08/2022

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