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Présidentielle en France : Christiane Taubira remporte la Primaire populaire, qu’est-ce que ça peut changer à trois mois de l’élection ?

L’ancienne ministre de la Justice française, Christian Taubira, lors d’un meeting de campagne à Bordeaux, le 27 janvier 2022.

C’est finalement l’ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira qui a remporté la Primaire populaire en France, ce scrutin auquel 467.000 votants s’étaient inscrits visait à désigner le candidat le mieux placé "pour faire l’union des gauches". Le verdict est désormais rendu et si le résultat ne devrait pas atteindre l’ambition initiale de ses organisateurs de réunir l’ensemble des candidats à gauche de l’échiquier politique français, il pourrait bien secouer l’aura candidats sortis perdants.

Ils étaient sept soumis aux votes de près d’un demi-million de Français entre le 27 et le 30 janvier. C’est finalement Christiane Taubira qui l’a emporté devant ses principaux concurrents, la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), l’écologiste Yannick Jadot (EELV) et l’insoumis Jean-Luc Mélenchon (LFI). Arrivée dernière dans la course à l’Élysée avec une candidature à cette primaire inédite officialisée le 15 janvier à Lyon, l’ancienne ministre de la Justice était la seule à avoir assuré qu’elle se rangerait derrière le vainqueur si elle ne l’emportait pas.

Mais alors que ce scrutin a dévoilé son vainqueur, qu’est-ce que cela pourrait-il changer alors que le premier tour de l’élection présidentielle en France doit se tenir le 10 avril prochain pour désigner celui qui succédera à Emmanuel Macron, s’il n’est pas lui-même réélu ? Voici quelques éléments de réponse.

Un résultat sans impact sur les candidatures

L’impact réel de l’élection ne devrait pas être le même que celui de la primaire des Républicains qui est le parti principal de la droite française. Lorsque Valérie Pécresse a remporté le scrutin face à Eric Ciotti le 4 décembre dernier, ce sont tous ses concurrents qui se sont rangés derrière sa candidature qui a dès lors pris la forme d’un grand rassemblement. Le résultat de la Primaire populaire ne devrait pas être le même, d’une part car le processus n’a pas été initié par un parti mais par un mouvement citoyen et ensuite car les principaux candidats au vote ont déjà assuré qu’ils ne reconnaîtraient pas son résultat. Certains d’entre eux avaient même demandé à être retirés du scrutin.

Car les candidats au vote ont été désignés comme les plus enclins à rassembler la gauche par 130.000 sympathisants à ce processus de vote inédit jusqu’au 11 octobre 2021. Si dix candidats avaient été sélectionnés, seuls sept ont finalement été soumis au vote, puisque Clémentine Autain (LFI), François Ruffin (LFI) et Gaël Giraud n’ont pas officialisé leur candidature à la présidentielle avant le 15 janvier.

Et si Christiane Taubira a assumé dès l’annonce de sa candidature qu’elle "accepterai le verdict de la Primaire populaire", ce n’est pas le cas de ses trois principaux concurrents. Il y a d’abord Anne Hidalgo qui a surpris tout le monde le 8 décembre 2021 en proposant à ses concurrents de s’unir. Si son coup de poker aura servi à médiatiser massivement la Primaire populaire, il n’a pas été accueilli positivement par ses principaux adversaires à gauche, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. "Ce n’est pas mon affaire", a déclaré le 9 janvier le premier alors que le second a toujours martelé que ce scrutin est "une machine à perdre" selon lui, estimant aussi que le calendrier du vote manquait de sérieux à quelques mois du premier tour.

Face à ces refus, la maire de Paris a changé d’avis. "Je l’ai dit, une primaire n’a de sens que si elle sert à avoir un candidat commun, un candidat unique et non à ajouter des candidatures" a-t-elle expliqué. Ce vendredi 28 janvier, elle a assuré dans une interview sur LCI qu’elle suivrait avec intérêt le résultat du vote mais que cela ne découlerait que "sur une candidature de plus", martelant qu’elle irait "jusqu’au bout" de sa campagne, peu importe le résultat de la Primaire populaire.

Plus de votants que les autres modes de désignation de candidats

Avec ou sans l’aval de ces candidats, les votes ont été lancés le 27 janvier. Ce sont donc 467.000 électeurs qui ont été invités à voter via un processus de "jugement majoritaire" pour les sept personnalités en lice. Ils doivent donner à chacun une mention ("très bien", "bien", "passable" et jusqu’à "insuffisant" pour unir la gauche). Celui qui aura eu l’appréciation la plus positive l’a emporté.

Et ce presque demi-million de votants a offert un poids non négligeable à cette élection, même décriée. Car la primaire Les Républicains n’a réuni que 140.000 électeurs et 122.000 pour celle des écologistes émergeant sur la candidature de Yannick Jadot. Si cela ne correspond même pas à 1% des électeurs qui seront invités à voter pour élire leur président ou leur présidente en avril, cela pourrait tout de même peser dans la balance.

Mais tout dépendra de la dynamique que pourrait prendre la campagne de Christiane Taubira, désormais boostée par ces nombreux votants. Nul doute que les médias et citoyens français scruteront les sondages dans les prochains jours qui afficheront toujours autant de candidats mais parmi lesquels les rapports de force pourraient quelque peu évoluer.

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