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Présidences des organismes para-régionaux : on distribue les prix de consolation

Présidences des organismes para-régionaux : on distribue les prix de consolation

Les conseils d'administration des organismes bruxellois d'intérêt public sont composés de représentants des partis politiques francophones et néerlandophones. Cette politisation est "normale", s'agissant de contrôler si les opérateurs publics bruxellois en matière de propreté, de mobilité, de logement ou d'aménagement du territoire s'inscrivent bien dans la philosophie du programme de gouvernement. Les OIP respectent ce qu'on appelle "la croix de Saint-André" : quand le fonctionnaire dirigeant appartient à un rôle linguistique, le/la président(e) du CA relèvera de l'autre rôle linguistique. En clair, comme le directeur général de la STIB est francophone, le président du CA doit être néerlandophone. Il s'agit en l'occurrence de Thomas Ryckalts, Open VLD, qui présidait la Société Régionale du Logement lors de la précédente législature. L'Open VLD convoitait ouvertement la présidence de la Stib. Les libéraux flamands ont donc obtenu ce qu'ils voulaient. Statu-quo à City Dev (ex-SDRB) qui reste aux mains du CDH Denis Grimberghs, par ailleurs échevin à Schaerbeek. Le parti centriste hérite aussi de la présidence de la SBGE (la société bruxelloise de gestion de l'eau) mais n'a pas encore désigné son/sa candidat(e).

Lots de consolation?

Quelques poids lourds de la politique régionale se retrouvent à la présidence de plusieurs OIP. Ce n'est pas habituel. Lors des précédentes législatures, les responsables des organes de gestion présentaient plutôt un profil d'apparatchik ou de technicien. Cette fois, les partis ont délégué deux catégories de mandataires : les non réélus lors du dernier scrutin régional et fédéral; ou de gros faiseurs de voix en mal de reconnaissance. Dans la première catégorie se rangent l'ex-députée régionale CD&V Brigitte De Pauw (par ailleurs échevine à Jette), non réélue malgré ses 1004 voix (un score plus qu'honorable pour une candidate néerlandophone à Bruxelles) et recasée à la présidence de la SLRB (société régionale du logement); l'ex-sénateur Sp.a Bert Anciaux reçoit la présidence d'Actiris (placement des demandeurs d'emploi); l'ex-présidente du Parlement bruxellois, Françoise Dupuis (PS,1923 voix) terminera sa carrière à la présidence de Bruxelles-Formation, un organisme dépendant de la Commission communautaire française; Bref député fédéral et échevin à Saint-Josse, Mohamed Jabour a obtenu 3264 voix aux élections régionales. Un score suffisant pour assurer son siège, s'il n'y avait eu l'effet dévolutif de la case de tête qui profite à des candidats mieux placés sur la liste et élus malgré un nombre de voix très inférieur. Mohamed Jabour se consolera (sans doute) avec la présidence du Port de Bruxelles, un poste-clé pour son parti, le PS. Enfin, Emir Kir, déjà député fédéral (18.536 voix) et bourgmestre (PS) de Saint-Josse-ten-Noode cumule avec la présidence de la SRIB (la société régionale d'investissement). Il se voyait un avenir ministériel, il devra se satisfaire d'une présidence d'OIP.

Les techniciens toujours présents

Il existe une troisième catégorie d'administrateurs : les techniciens et/ou hommes de confiance du parti. C'est le cas d'Yves Goldstein, chef de cabinet du Ministre-Président Rudi Vervoort et oeil de Moscou de Laurette Onkelinx. Il présidera deux outils essentiels pour le développement et le redéploiement économique de la Région: l'ADT (Agence de Développement Territorial) et NEO (réaménagement du plateau du Heysel). Enfin, le FDF a choisi des inconnus du grand public pour occuper les mandats lui revenant : Michel Peffer (ex-Bruxelles-Formation) au Fonds de Garantie, Annie Daras à la présidence du Fonds de Participation et Olivier Poulaert chez Atrium (développement commercial).

P. Carlot

 

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