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Près de neuf Belges sur dix estiment que la diffusion de fausses infos est un problème pour notre société

Image d’illustration.
01 avr. 2022 à 05:30Temps de lecture4 min
Par Grégoire Ryckmans

Un premier baromètre sur la désinformation a été réalisé conjointement à l’initiative de la VRT et de la RTBF. Ce sondage, réalisé en Flandre et en Fédération Wallonie-Bruxelles met en lumière plusieurs tendances fortes concernant la consommation de l’information en Belgique et sur la perception de la désinformation chez les citoyens.

*La méthodologie complète et les conditions de réalisation de ce baromètre se trouvent en bas de cet article.

Parmi les éléments clés qui ressortent de ce premier sondage, il apparaît que :

  • Près de neuf Belges interrogés sur dix estiment que la diffusion de fausses informations est un problème pour notre société.
  • Plus de huit Belges sur dix estiment que les fausses informations sont surtout un problème sur les réseaux sociaux. Huit francophones sur dix estiment d’ailleurs avoir déjà été confrontés à des "fake news" sur ces réseaux sociaux, principalement.
  • Près de neuf Belges sur dix pensent que beaucoup de gens ne savent pas distinguer les informations correctes des fausses infos. Ils sont seulement environ la moitié d’entre eux à estimer être en mesure de reconnaître des fausses informations.
  • 45% des francophones interrogés indiquent qu’ils préfèrent ne plus suivre l’actualité en raison du nombre de "fake news". Ils sont 35% côté néerlandophone.

La désinformation, perçue comme un problème de société

Ce premier sondage sur l’impact de la désinformation sur les citoyens indique de façon très claire que cette "désinfo", qui est aussi plus communément appelée "fake news" est clairement perçue comme un problème par les citoyens.

En effet, presque neuf Belges sur dix (87% des francophones et 86% des néerlandophones) se disent "d’accord" ou "plutôt d’accord" avec l’affirmation : "La diffusion de fausses infos est un problème pour notre société".

Pour une grande majorité des Belges interrogés, le problème se pose essentiellement sur les médias sociaux. Ils estiment d’ailleurs à 85% que "les grandes entreprises technologiques" doivent s’assurer que de fausses informations ne soient pas diffusées sur leurs canaux.

Ils sont à peu près (84% côté francophone) la même proportion à estimer que "c’est le travail des journalistes de découvrir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas".

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Une désinformation perçue comme émanant essentiellement des médias en ligne

81% des francophones interrogés pour ce premier baromètre de la désinformation en Belgique estiment avoir déjà été confrontés à des fausses informations. Selon ces derniers, cette désinformation serait essentiellement présente dans les médias en ligne.

Par exemple, 79% des francophones et 76% des néerlandophones indiquent avoir déjà été confrontés à de fausses informations sur Facebook. C’est la première source de désinformation identifiée par les personnes interrogées dans notre baromètre.

En deuxième place se trouvent les "sites web d’informations" et puis, dans l’ordre : Twitter, TikTok, Instagram et YouTube. Sur cette plateforme de vidéo en ligne qui appartient à Google, plus de la moitié des personnes interrogées estiment avoir été mises en contact avec de la désinformation.

Des utilisateurs pas forcément armés pour détecter les "fake news"

Parmi les autres points clés de ce premier baromètre de la désinformation, il y a la capacité du public à pouvoir faire le tri entre les vraies et les fausses informations. Comment les personnes interrogées s’estiment-elles en mesure de "débunker" ou "débusquer" ces "fake news" ?

Il apparaît que seulement la moitié des francophones (51%) affirment pouvoir reconnaître une fake news. C’est encore un peu moins (44%) côté néerlandophone avec seulement 6% d’entre eux qui affirment être certains de reconnaître de fausses informations contre 38% d’entre eux qui se disent plutôt certains de pouvoir les identifier.

En général, les utilisateurs interrogés vérifient s’ils peuvent retrouver l’information via d’autres sources, si les faits sont vérifiables ailleurs (notamment via des articles de fact checking) ou s’ils arrivent à identifier les sources émettrices du message.

Dans 25% des cas, les personnes interrogées indiquent qu’ils vérifient l’information auprès d’amis, de leur famille ou de collègues alors qu’un répondant sur huit signale ne rien faire quand il est confronté à de la désinformation.

Environ trois répondants sur quatre (73% côté francophone, 75% côté flamand) indiquent qu’ils ne partagent des informations sur les réseaux sociaux que lorsqu’ils sont certains que l’information est exacte, qu’elle provient d’une source digne de confiance ou en signalant, le cas échéant, qu’il s’agit de désinformation.

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Une désaffection pour l’actualité liée à la désinfo

Globalement, la moitié des répondants francophones ont indiqué être confrontés à des fausses nouvelles plusieurs fois par semaine. C’est notamment le cas au sujet du coronavirus qui arrive en tête des thèmes cités par les sondés au sujet des articles jugés non corrects.

Enfin, 45% des répondants francophones répondent positivement à l’assertion "Il y a tellement de fausses infos que je préfère ne plus suivre l’actualité". Coté néerlandophone ils sont 35% à indiquer globalement qu’ils préfèrent ne plus suivre l’actualité en raison de la désinformation.

Méthodologie du baromètre

Ce sondage a été réalisé en ligne, auprès d’un échantillon représentatif de francophones de Bruxelles et de Wallonie âgés de 12 ans et plus. La communauté germanophone de Belgique n’a pas été interrogée. La démarche a été similaire côté néerlandophone. Afin de garantir la représentativité, des quotas ont été établis par critère (âge x genre, âge x niveau de formation et province).

Au total, 1500 enquêtes ont été menées entre le 13 et le 23 décembre 2021. L’échantillon final a été (légèrement) redressé par critère (âge x genre, âge x niveau de formation et province). Tous les répondants sont des usagers d’Internet.

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