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Sous couverture

Prenez de la hauteur en compagnie de ces auteurs

Prenez de la hauteur en compagnie de ces auteurs

Pour ce douzième chapitre de l’année, Sous Couverture accueille Jean-Christophe Rufin et Stefan Liberski. Au menu du jour : Hergé, une princesse et des chiens de faïenceEntre autres !

Jean-Christophe Rufin pour “Les flammes de pierre”, éd. Gallimard, 2021

L’écrivain Jean-Christophe Rufin, membre de l’Académie française, est un amoureux de la montagne et de l’escalade.

Un versant peu connu du public. Le décor grandiose de son nouveau roman "Les flammes de pierre" est le massif du Mont-Blanc. Il en sublime toutes les crêtes et ajoute au panorama une romance entre un guide de montagne pour clients fortunés, plutôt beau gosse, et une énigmatique Parisienne travaillant dans la finance. Une relation qui va s’ébaucher au fil des ascensions et transformer à jamais leurs vies. Le lecteur partage avec eux toutes les sensations qui les traversent, plaisir, douleur, effort, repos, conscience, oubli. La communion ressentie sur le sommet du Croisse Baulet va-t-elle encore opérer à Paris ?

Stefan Liberski pour “Une grande actrice”, éd. Onlit, 2021

L’histoire d’une femme capable de jouer tous les rôles – mère, épouse, veuve – et qui mène sa vie comme sur une scène.

En réalité, elle est rongée par le vide intersidéral de sa vie. Un livre violent et pourtant terriblement drôle.

Stefan Liberskiest écrivain, réalisateur et comédien. Il a publié de nombreux romans de "G.S, écrivain tout simplement" jusqu’au très félinien "La cité des femmes". Au cinéma, on lui doit "Bunker Paradise" et "Tokyo Fiancée". Son humour irrésistible, l’accent y compris, au sein des Snuls, de Jaadtoly ou de Froud et Stouf, en a fait rire plus d’un !

“Réminiscences” de Gorian Delpâture : Hergé

Aujourd’hui, nous allons retourner dans le temps en août 1966.

Nous avons rendez-vous près de la table à dessin du plus célèbre dessinateur de BD du monde entier. Le Belge Georges Rémy. Hergé ! L’émission " Ventes " a pu pénétrer dans le bureau de Hergé. Il a 59 ans et il est en train de dessiner une planche de l’album de Tintin " Vol 714 pour Sidney ".

A ce moment-là, Tintin est déjà devenu une grande star internationale. D’ailleurs, le général de Gaulle avait dit qu’il n’avait qu’un seul rival international : Tintin. Mais si Tinitin est une méga star, Hergé est plutôt modeste. Il ne sait pas qu’il est une légende du 9e art.

La chronique de Lucile Poulain : "Les chiens de faïence" de Thomas Louis, éd. La Martinière, 2021

Quand le suicide est histoire de famille

Les Dugast, c’est une drôle de famille que vous allez rencontrer dans ce premier roman, une famille de la campagne de Lyon, un peu sur les hauteurs d’un village où ils n’aiment pas se promener, où " aller au pain " est une corvée tant on a envie de croiser personne, où un quelconque changement dans les habitudes de l’un d’entre eux suffit à " faire jaser " comme on dit. Mais chez les Dugast, il y a une spécialité qu’on maîtrise encore mieux que la monotonie ou la tiédeur : le suicide. Et l’histoire commence ainsi, avec la mort du Pépé Dugast, un beau matin où il est retrouvé pendu dans sa grange. Évidemment on se demande ce qu’il s’est passé…

La chronique de Caroline Etienne : "Faire sécession. Une politique de nous-mêmes" d’Eric Sadin, Ed. L’échapée, 2021

Prendre de la hauteur et plonger dans une critique au vitriol de notre société mais avec des pistes de réflexion à contre-courant c’est ce que propose :

Eric Sadin dans son dernier ouvrage : Faire sécession, une politique de nous-mêmes aux éditions l’échappée.

L’auteur revient au fil des pages sur la crise des gilets jaunes, le revenu universel, le zadisme, passe en revue les différents mouvements écologiques etc. et d’une certaine manière critique chacun de nos modes de pensée et même lorsqu’ils sont considérés par le plus grand nombre comme innovant ou bienveillant.

La chronique de Michel Dufranne : “Les Rêves qui nous restent” de Boris Quercia, éd. Asphalte, 2021

Natalio est un classe 5, les flics les plus méprisés de la City, chargés d’éliminer discrètement les dissidents.

Suite à un accident, il doit se procurer un nouvel " électroquant ", robot d’apparence plus ou moins humaine qui lui sert d’assistant. Fauché, il se rabat sur un vieux modèle bas de gamme qui se distingue rapidement par l’inquiétante étrangeté de ses expressions et de ses réactions. Mais Natalio n’a pas le temps de s’interroger sur ces anomalies : il a un nouveau cas à résoudre. Une intrusion a eu lieu dans une de ces usines à rêves où se réfugient tant d’habitants de la City pour échapper à leurs vies misérables. Et des résultats lui sont demandés au plus vite…

La chronique d’Odile Vanhellemont : “Ensemble, on aboie en silence” de Guillaume Tranchant alias Gringe, éd. Harper Collins Poche, 2020

Avant d’être un rappeur à succès, Gringe, on l’appelait Guillaume.

Et Guillaume était ado quand le diagnostic de son petit frère Thibault est tombé : schizophrénie chronique. La sentence est irrévocable : c’est un traitement à vie qu’il lui faut. Guillaume nous raconte comment son petit monde familial bascule du jour au lendemain. En effet, difficile de composer avec quelqu’un qui entend des voix, et qui pourtant reste mutique.

Ce récit, c’est celui d’une relation fraternelle intense. Celui d’un déchirement, d’un amour infini et sincère. Entre les échecs, il y a ces petits moments de douceur, très intimes. Ces moments où Guillaume, ou Gringe, parvient à percevoir une fraction du monde crypté de Thibault.

La chronique de Gorian : “La monture” de Carol Emshwiller, éd. Argyll, 2021

Carol Emshwiller est une autrice américaine.

Elle est née en 1921, morte en 2019. Elle a publié 6 romans et une petite dizaine de recueils de nouvelles, presque toujours des histoires de science-fiction ou d’avant-garde. Elle n’est pas spécialement connue chez nous mais Carol a remporté pratiquement tous les prix littéraires de littérature de genre aux Etats-Unis.

Le roman se déroule sur Terre dans le futur. Une race extraterrestre a envahi notre planète. On les appelle les " Hoots " parce qu’ils crient souvent des " Ho ". Ils sont de petite taille, avec de grandes oreilles, de grands yeux, une petite touffe de duvet rouge sur le sommet de la tête. Ils ont de grandes mains très fortes mais de toutes fines jambes sans aucune force. Ils ne peuvent pas se déplacer sans des tabourets spéciaux. Ou sans leurs montures. Et qui sont leurs montures ? Eh bien, nous, les êtres humains.

Le coup de cœur d’Olivier Crombag, Librairie Archibald & Co à Jodoigne : "Ténébreuse" de Mallié et Hubert, éd. Dupuis – Air Libre, 2021

Un chevalier déchu et une princesse aux sombres pouvoirs s’allient pour échapper au sort que d’autres ont déterminé pour eux.

Arzhur ne se doute pas de ce qui l’attend quand il accepte le marché de trois inquiétantes vieilles femmes qui lui promettent fortune et gloire en échange d’une princesse à délivrer. Mais certaines filles de roi ont de bonnes raisons de vivre retirées du monde…

Cette épopée féministe, portée par un souffle puissant, fantastique et ténébreux, emprunte les codes du conte.

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