Justice

Premiers jugements attendus suite aux violences contre les policiers lors des manifestations à Bruxelles

17 févr. 2022 à 11:22Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle avec Fabrice Gérard

A la suite des nombreuses manifestations qui ont eu lieu à Bruxelles dans le contexte de la crise sanitaire, plusieurs personnes sont renvoyées devant le tribunal correctionnel.

 

En janvier, deux rassemblements ont eu lieu, l’un sans incident (le 9/01) mais le dernier en date (23/01) dans un contexte de mobilisation "européenne" a donné lieu aux incidents les plus violents lors de la dislocation à proximité du parc du cinquantenaire.

Dans ce cadre, les services de police ont procédé à onze arrestations judiciaires, parmi lesquelles huit majeurs et trois mineurs. Deux des mineurs ont été déférés devant un juge de la jeunesse, et ont fait l’objet de placements en institutions publiques de protection de la jeunesse.

Ce jeudi, deux prévenus ont été cités devant le tribunal.

Le premier est âgé de 20 ans, habitant le Limbourg, il s'est dénoncé après avoir découvert l'appel à témoin. Il est accusé d'avoir jeté des projectiles sur les policiers.

Le second est un ressortissant des Pays-Bas, il est accusé lui aussi de s'être emparé d'un tronc d'arbre et de l'avoir jeté en direction des policiers.

Les deux hommes regrettent les faits et n'ont visiblement pas grand chose à voir avec les groupes de casseurs qui ont l'habitude de créer des incidents lors des débordements en fin de manifestation. Le parquet a requis des peines de prison, huit mois chacun, sans s'opposer à des peines de travail vu l'absence d'antécédents judiciaires.

Un jugement le 24 février pour la première manifestation de novembre

Un premier jugement dans ce même type de dossiers est attendu le 24 février.  Les faits concernent la manifestation du 21 novembre 2021 lors de la laquelle des incidents ont eu lieu dans le centre de Bruxelles.

Si la majeure partie de la manifestation, qui avait rassemblé 25.000 participants, s’était déroulée dans le calme, des incidents avaient éclaté en marge de l’événement. La police avait alors dû faire usage de canons à eau et de gaz lacrymogène, après que certains émeutiers ont lancé des feux d’artifice et d’autres projectiles en direction des forces de l’ordre.

Ces incidents avaient donné lieu à l’identification de cinq suspects identifiés en flagrant délit qui s’étaient vus remettre des citations à comparaître devant le tribunal correctionnel.

Contre l'un d'eux, un Gantois âgé d'une vingtaine d'années,  accusé d'avoir jeté une chaise en métal sur des policiers, le parquet a requis dix mois de prison. Son avocat a plaidé pour des travaux d'intérêt général, le tribunal devrait se prononcer le 24 février.

Des peines de deux ans de prison requises

En décembre, trois autres manifestations dirigées principalement contre la mise en place du covid safe ticket (CST) ont donné lieu également à des incidents en fin de rassemblement. Plusieurs dizaines d’arrestations administratives destinées à mettre fin aux incidents ont eu lieu ainsi qu'une vingtaine d’arrestations judiciaires pour rébellion "armée".

Dans le contexte d’une manifestation, le terme "arme" peut-être assimilé à n’importe quel objet utilisé dans l’intention de porter atteinte à l’intégrité physique des policiers (un bâton, une pierre, un matériau de construction, une barrière nadar), l’objet devenant dans ce cadre une arme "par destination".

A l’encontre de deux hommes interpellés en possession d’engins pyrotechniques lors de la manifestation du 19 décembre, le parquet de Bruxelles a requis de lourdes peines, deux ans de prison, le ministère public estimant que l’intention des prévenus était d’utiliser ces engins contre les forces de l’ordre, une interprétation que les intéressés contestent, le jugement est attendu le 10 mars.

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