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Chroniques

Première victoire gouvernementale.

Première victoire gouvernementale.
15 févr. 2012 à 10:062 min
Par Philippe Walkowiak

La réforme des Pensions est donc entérinée. Patrons et syndicats ont accepté la dernière version gouvernementale. Le gouvernement peut respirer : les modifications auront été marginales. De plus, puisque syndicats et patrons (y compris l’UNIZO, le petit patronat flamand souvent présenté comme proche de la N-VA) ont accepté cette réforme, la majorité aura beau jeu de dire à son opposition de droite (N-VA) comme à celle de gauche (Ecolo-Groen), que son projet est équilibré !

C’est sans doute une première victoire pour le gouvernement Di Rupo et sans doute également pour le ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne. Ce dernier est arrivé à faire passer en moins de 50 jours une réforme espérée, recommandée depuis plus de 10 ans ! Sa méthode brutale avait été décriée, y compris mezzo voce dans la majorité, mais il faut bien reconnaître que politiquement, elle fut payante. Reste à en évaluer l’impact social et budgétaire.

Le dossier " Pensions " n’est pas clos pour autant. Il faudra bien sûr traduire dans la réalité le contenu du dernier accord. Des patrons vont devoir accepter de garder des travailleurs âgés, licencier des jeunes performants et adaptables, des syndicats vont devoir renoncer à des plans de prépensions à 52 ou 54 ans et chacun va devoir entériner le principe d’un plus grand nombre d’années de cotisation.

Mais il reste à négocier le volet " public " de la réforme des pensions. De ce point de vue, les négociations sont au point mort ; différents textes circulent, le gouvernement n’a pas encore pu présenter une copie " ferme et définitive " aux représentants des travailleurs du secteur public. Là aussi, le gouvernement ne dérogera pas au principe du " travailler-plus-pour-tenter-de-garder-la-même-chose " mais il sait qu’il marche sur des œufs. Les pompiers l’ont déjà fait savoir, les cheminots et les enseignants sont très attentifs.

Au-delà de ces restrictions –comme pour celles sur l’accès au chômage-, patrons et syndicats attendent quelles mesures le gouvernement pourra avancer pour tenter vaille que vaille, de relancer l’économie. L’exercice est plus que périlleux, sachant que selon la Banque Nationale, il faut trouver cette année 2,3 milliards d’économies supplémentaires, en sus des 11,3 milliards déjà planifiés. Toute mesure en faveur de l’emploi et/ou des entreprises viendraient alourdir l’ardoise. Sachant également qu’en 2013 et 2014, au moins, de nouvelles restrictions devront être programmées.

C’est peut-être le paradoxe pour ce gouvernement : il vient d’engranger une des plus grosses réformes socio-économiques de ces 20 dernières années et son travail ne fait que commencer !

Philippe Walkowiak

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