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Précommander son pain : la solution des boulangeries pour économiser de l’énergie

A Hamois et Silenrieux, des boulangeries passent au mode de précommande pour leur production

© fancycrave1 – Pixabay

Utiliser un système de production et de vente par "précommande" afin de ne pas devoir fermer boutique, voilà la piste qu’essayent plusieurs boulangeries. À cause de la forte hausse du prix de l’énergie, ces commerçants tentent de limiter leurs coûts de production.

Suite à la flambée des prix de l’énergie, des boulangeries ont dû mettre la clé sous la porte. Pour éviter cette difficile fin, d’autres ont été obligés de changer leur mode de fonctionnement afin de limiter l’augmentation de leur facture d’électricité.

Dans la province de Namur, à Hamois et Silenrieux, une stratégie de "précommandes" a été mise en place par deux boulangeries. Outre une régulation de la production pour éviter les invendus, le but est principalement de : "ne plus faire tourner ce frigo présentoir qui est ouvert et consomme beaucoup", "ne plus chauffer le bâtiment alors que personne ne s’y trouve ou que nous produisons", ou encore à contrecœur de, "diminuer le coût que représente le personnel en modifiant les horaires d’ouverture du commerce", comme l’expliquent Josette et Marc, boulangers dans la commune de Cerfontaine.

Et, toujours au micro de l’équipe de Boukè, Marc se confie sur une raison plus personnelle : "Ouvrir plus tard me permettra de ne plus faire la nuit, donc d’avoir un autre confort de vie". Un nouveau rythme qui débloque aussi du temps pour développer des nouveautés ainsi que pour approvisionner les distributeurs à pains présents dans des villages voisins.

La précommande pour éviter les pertes ?

Alors que la fermeture de certaines boulangeries est inévitable, comme à Vencimont, d’autres ouvrent… À Hamois, Céline et François travaillent sur précommande chaque dimanche : "Nous avions déjà fait le choix de travailler via un principe de commandes pour mieux maîtriser les coûts et limiter les invendus et le gaspillage. Ce système nous permet également de rationaliser l’utilisation de notre four". En effet, un four qui tourne à 240° tous les jours pendant 10 à 12 heures, représente une part conséquente sur le coût des produits vendus.

En plus de ce mode de travail, le couple de jeunes boulangers d’Hamois, explique à MaTélé qu’il utilise des produits qui se trouvent au plus près de son commerce. Favoriser le circuit court, en plus de consommer locale par éthique, permet de réduire légèrement les coûts étant donné les très faibles distances entre les producteurs et Hamois.

Reportage de MaTélé sur une nouvelle boulangerie à Hamois :

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Pour lutter contre le gaspillage, à Anderlecht on transforme les invendus en chapelure. La commune est propriétaire de deux broyeurs que se partagent les boulangers du territoire. Un broyeur appelé "Crumbler", qui s’utilise aussi du côté de Wanze à la boulangerie Champain.

Une manière pour eux d’éviter une perte (à hauteur de 7% de la production, selon TooGoodToGo), puisque cette chapelure sera réutilisée pour remplacer de la farine ou sera revalorisé en croutons, en bières ou en nourriture pour les animaux.

Et au-delà des pains et des pâtisseries, les précommandes peuvent s’appliquer à d’autres biens de consommation. Certaines marques de prêt-à-porter, comme Asphalte, Artists See Ghosts ou Goodkid. Un moyen d’éviter une surproduction, surtout lorsque l’on est une petite entreprise qui débute. Le procédé pourrait séduire encore d’autres corps de métier, bien qu’il allonge parfois le délai entre producteur et consommateur.

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