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Pourquoi "Massacre à la Tronçonneuse" est-il devenu une référence dans la pop culture ?

Le personnage culte de Leatherface dans Massacre à la Tronçonneuse.

Plus qu’un simple film, "Massacre à la tronçonneuse" est devenu, au fil de ses préquels, séquels et remakes, un véritable film "pop culture", qui a fait frissoner l’Amérique et le monde entier dès le 1er film. D’où vient cet engouement, au juste ?

Sorti le 18 février dernier, le 9e film de la franchise "Massacre à la Tronçonneuse" (Texas Chainsaw Massacre en anglais) fait pourtant fi, sur le plan de la narration, de tout ce qui a existé après la sortie du film original en 1974. Car, il y en a eu des préquels, suites et autres remakes entre 1974 et 2022.

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Récapitulons : si Massacre à la Tronçonneuse 2 (1986) et Leatherface : Massacre à la Tronçonneuse 3 (1990) sont bien des suites (ou séquels), les 4e et 5e films - sortis en 1995 et 2003 – sont tous les deux des remakes du film original de 1974. Le 6e film, sorti en 2006, est un préquel (l’intrigue se situe donc avant celle du film original). Le 7e film, quant à lui, est une suite directe du premier film qui ne prend pas en compte les films sortis en 1986 et 1990. Le 8e film (sorti 2017) renoue avec le concept du préquel, tandis que le dernier film, disponible en streaming depuis quelques jours, est une suite totalement indépendante de tous les autres films. Voilà pour la chronologie, si vous n’étiez pas amateur du genre.

Massacre à la Tronçonneuse à la croisée des genres… qu’il initie

Le réalisateur du film original de 1974, Tobe Hooper, s’est largement inspiré d’un fait réel : celui du Boucher de Plainfield (dont le vrai nom est Ed Gein), un profanateur de tombes qui n’hésite pas à recouvrir son visage avec la peau des cadavres qu’il déterre dans les cimetières. Si ça ne suffisait pas, il garde aussi chez lui le corps de sa mère décédée après l’avoir momifié. Le personnage d’Ed Gein a inspiré de nombreuses fictions comme le roman Psychose  adapté au cinéma en 1960 par Alfred Hitchcock mais aussi Massacre à la Tronçonneuse ou encore Le Silence des Agneaux.

L’exploitation par Hooper d’un fait divers déjà utilisé au cinéma n’empêchera cependant pas Massacre à la Tronçonneuse de devenir un classique dès sa sortie, le titre et la sulfureuse réputation du film lui aussrent une publicité importante ! 

Et pourtant, le film n’a pas bénéficié de financements dantesques, bien au contraire ! Avec 140.000 dollars de budget total, il a notamment fallu se contenter de comédiens locaux en guise d’acteurs. Quant aux décors et accessoires, ils sont créés à partir de cadavres et ossements qui, en raison d’une chaleur épouvantable au moment du tournage au Texas, ont continué leur lente décomposition au fil des jours. Pour ne pas déborder du budget déjà très serré, l’équipe tournait pendant de longues heures, et ce, quasiment 7 jours sur 7.

Pour couronner le tout, peu de temps après sa sortie en salles, le film a été interdit dans un très grand nombre de pays, parmi lesquels l’Australie, l’Angleterre et la France, ce qui a forcément conféré au film un petit goût d'interdit bien attirant pour le public. Aux États-Unis par contre, le film, rediffusé chaque année sur grand écran entre 1976 et 1984, a largement bénéficié de la promotion mensongère qui en est faite : le film s’ouvre en effet sur un commentaire indiquant que le récit est basé sur une histoire vraie. Pourtant, hormis le personnage de Leatherface inspiré du Boucher de Plainfield qui a effectivement existé, le reste de l’intrigue reste bien de la fiction.

Slasher movie et survival à la fois

Malgré ce petit côté "cheap", le film a réussi à accéder à une renommée internationale et est aujourd’hui considéré comme étant à l’origine d’un tout nouveau genre, celui des "slasher movies", tout comme Scream des années plus tard. En effet, Scream, au même titre que Massacre à la Tronçonneuse, présente un scénario dans lequel un psychopathe masqué assassine un groupe entier, en l’occurrence des adolescents, au moyen d’une arme blanche (un bon vieux couteau bien tranchant), ce qui rend les crimes encore plus horribles.

Le terme "slasher movie" est inspiré du mot anglais "slash", qui signifie déchirer ou encore couper, et c’est d’ailleurs ce que le psychopathe de Scream fait avec ses victimes. Dans Massacre à la Tronçonneuse, l’arme est – sans surprise – une tronçonneuse. À la sortie du film, le réalisateur a expliqué que son choix s’était porté sur cet outil en raison du bruit qu’il allait pouvoir émettre lors des crimes, un bruit qui lui semblait bien plus terrifiant que n’importe quelle musique d’ambiance.

Outre le sous-genre du "slasher movie", Massacre à la Tronçonneuse peut aussi être classé dans le sous-genre cinématographique du "survival", dans lequel les futures victimes sont bien souvent perdues au milieu de nulle part, dans un territoire qui se révèlera hostile par la présence d’un ou plusieurs individus dégénérés.

Un film gore ? Pas vraiment…

Près de 50 ans après sa sortie, Massacre à la tronçonneuse est devenu, dans l’imaginaire collectif, l'emblème du film gore. Les personnes qui n’ont pas vu le film croient le connaître et s’imaginent, en se fiant au titre, que le film est une gigantesque boucherie. Pourtant, le terme "gore" ne convient pas vraiment, voire pas du tout. En effet, la violence graphique y est minime : c’est bien une impression de gore que le film nous laisse puisqu’aucune scène violente n’est montrée. La violence est hors champ ou provient des bruitages. Quant au sang, qu’on assimile volontiers au terme "gore", il est finalement très peu présent tout au long du film, malgré ce qu’on pourrait croire vu l’arme utilisée.

Si le film est devenu un objet de pop culture, c’est aussi en raison de l’aura qu’il a eue sur d’autres industries, notamment musicales. En effet, le film, caractérisé par une absence totale de musique, nourrira le processus créatif de groupes musicaux, notamment les Ramones. Le groupe, archi-fan du film, reprendra le bruitage de la tronçonneuse dans un de ses titres sorti en 1976. Il intitulera le morceau " Chain Saw ", ce qui ne laisse aucun doute sur le lien avec le film sorti 2 ans plus tôt.

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