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Les réfugiés et moi

Pourquoi les réfugiés fuient leur pays au lieu de le défendre? Devrions-nous les former militairement?

Pourquoi les réfugiés fuient leur pays au lieu de le défendre? Devrions-nous les former militairement?
29 sept. 2015 à 15:14 - mise à jour 29 sept. 2015 à 15:143 min
Par Maryse Jacob

Dans le cadre d'une journée spéciale "Les réfugiés et moi", la RTBF a demandé aux internautes à quelles questions ils souhaitaient obtenir une réponse. Cet article répond à une des trente questions les plus fréquemment posées.

 

Un rappel tout d’abord : les réfugiés qui arrivent en Belgique ne font rien d’autres que ce qu’ont fait 1 700 000 Belges en 40: c'est-à-dire fuir la guerre, les violences et les exactions.

La question que se posent certaines personnes aujourd’hui en Belgique est la même que celle que se posaient les Français voyant arriver les Belges il y a 75 ans : "Pourquoi quittent-ils leur pays sans combattre ?" En 40, les Belges n’étaient pas toujours bien accueillis par leur voisins français qui les considéraient parfois comme des traîtres, abandonnant le combat. Ces mêmes Français qui à leur tour, ont fui leur pays quelques mois plus tard.

On notera que cette thématique des Syriens qui fuiraient leur pays sans combattre est un des arguments préféré du Front national en France.

Des femmes et des enfants de plus en plus nombreux parmi les réfugiés de Syrie

Il faut savoir aussi qu’en ce qui concerne la Syrie, il y a parmi les réfugiés beaucoup de femmes et d’enfants. Et c’est une des caractéristiques de cette nouvelle crise : de plus en plus de Syriens quittent leur pays ou les camps de réfugiés installés dans les pays voisins, en famille. Une donnée qui illustre la gravité de la situation. Quand on abandonne tout derrière soi, c’est que l’on a perdu tout espoir de pouvoir retrouver rapidement sa maison.

Va-t-on demander à ces femmes et à ces enfants de prendre les armes? de suivre une formation militaire? 

En Syrie, les civils fuient les violences de l’organisation Etat islamique ou celle du régime de Bachar el Assad. Il n’y a pas une seule région qui soit épargnée par les violences.

Huit fronts pour la seule Syrie et des milliers de combattants

On ne peut pas dire non plus que les Syriens ne combattent pas. Ils sont sur différents fronts. L’opposition militaire syrienne, divisée face à Bachar el Assad, a plutôt brillé par ses divisions que par ses exploits militaires.De leur côté, appuyés par la coalition internationale, les kurdes livrent un combat acharné contre l’organisation terroriste Etat Islamique. Et pas uniquement les hommes d’ailleurs. Nous recevons régulièrement des images de jeunes femmes kurdes partant combattre le groupe terroriste l’Etat islamique. La Syrie compte aussi une myriade groupes armés, aussi violents les uns que les autres, Le Front islamique, Al-Nosra etc. .

Les alliances changent en fonction de la situation sur le terrain et des intérêts de chacun. Parce qu’à côté du volet militaire, il y a la corruption, le racket, les menaces…autant d’horreurs qui rythment la vie des Syriens. Quant à l’armée de Bachar El Assad, elle compte de nombreuses défections. La guerre dure depuis longtemps, les revers sont nombreux, les mères syriennes ne veulent plus voir leurs garçons partir à la guerre, une guerre qui dure depuis 4 ans et qui a déjà coûté la vie à plus 240 000 personnes.

La guerre et les violences ne frappent pas que la Syrie

C’est aussi le cas dans bien d’autres pays. Des talibans afghans ont annoncé le lundi 28 septembre leur intention d’appliquer la charia dans la ville de Kunduz. Les Irakiens continuent de vivre au rythme des attentats meurtriers, les Erythréens sont victimes de la folie sanguinaire de leur président, les Somaliens sont victimes depuis des années de la guerre entre le sud et le nord du pays.

Un accueil, pas une formation militaire

La Belgique devrait-elle former les réfugiés syriens pour qu’ils repartent combattre chez eux ? Ce n’est pas le rôle d’un pays d’accueil, que ce soit en Belgique ou ailleurs. En terme de formation militaire, les Etats-Unis ont bien tenté de former quelques dizaines de rebelles pour combattre l’organisation Etat Islamique, une expérience peu concluante jusqu’à ce jour.

 

Retrouvez toutes nos réponses à vos questions sur notre dossier "Les réfugiés et moi":

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