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Coronavirus

Pourquoi les Pays-Bas, aussi en pleine vague Omicron, affichent-ils un taux d’hospitalisation aussi bas ?

Un médecin écoute la respiration d’un patient atteint du coronavirus qui se remet après son admission en réanimation, à l’hôpital HMC Westeinde situé à La Haye. Avril 2020.
26 janv. 2022 à 16:462 min
Par Lisa Rouby

Malgré des mesures très strictes assimilées à un confinement, les Pays-Bas n’ont pas échappé à la vague Omicron, les contaminations passant de 12.000 cas par jour à la fin 2021 à plus de 50.000 quotidiennes aujourd’hui. Pourtant, si l’on en croit le site en ligne Our World in data, les admissions de patients souffrant du coronavirus dans les hôpitaux néerlandais restent très bas, surtout comparé au nombre de cas déclarés.

Mais alors, que cela cache-t-il ?

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Un contraste frappant avec la Belgique

D’après le Ministère de la santé néerlandais, environ 119 nouvelles personnes sont admises à l’hôpital chaque jour en raison du coronavirus. (Soit un taux d’environ 0,2% des cas alors que ce taux s’élève à 1% dans la plupart des autres pays)

Même si la tendance est à une légère hausse, avec 911 lits occupés ce mardi, sans prendre en compte les patients en réanimation, c’est très bas, comparé aux autres pays européens, et notamment à la Belgique (qui compte plus de 3000 patients en hôpitaux)

Mais cette tendance est présente depuis le début de la pandémie. Les deux pays ont atteint un nombre similaire d’admissions à seulement une reprise, en juillet 2021. Pourtant, les Pays-Bas comptent six millions d’habitants de plus que la Belgique.

Les Hollandais auraient-ils une constitution différente des Belges ? La réponse est plutôt à aller chercher dans l’organisation du système de soins.

Un infirmier marche dans le corridor de l’hôpital Amphia à Bréda, le 2 décembre dernier.
Un infirmier marche dans le corridor de l’hôpital Amphia à Bréda, le 2 décembre dernier. © Tous droits réservés

Pourquoi une telle différence ?

Arnaud Bruyneel, infirmier aux soins intensifs du CHU Tivoli, souligne l’excellente réputation du système de santé néerlandais. "Ils sont au top niveau médecine de première ligne", explique-t-il. Il ajoute qu’il y a par exemple trois infirmiers de plus par lit en réanimation, beaucoup de recherche, un système d’urgence très performant, et des procédures particulièrement strictes instaurées pour éviter les infections nosocomiales, c’est-à-dire contractées dans un établissement de soin.

Ainsi, dans certains cas où un patient serait admis à l’hôpital en Belgique, celui-ci serait suivi par un médecin généraliste de chez lui aux Pays-Bas. "La prise en charge de première ligne est très différente de la nôtre", confirme Arnaud Bruyneel. C’est une manière de fonctionner plus "autonome", où médecins généralistes et urgentistes ont la même capacité à évaluer l’urgence d’une situation.

 

Malgré tout, les Néerlandais connaissent les mêmes problématiques que la Belgique, avec un cruel manque de personnel et de lits, notamment en réanimation. Ils doivent aussi faire face au report des soins, ou encore à l’absentéisme. Le nombre de lits disponibles est également plus élevé en Belgique.

Prise en charge d’un patient atteint du coronavirus à l’hôpital Ikazia, à Rotterdam, le 23 novembre 2021.
Prise en charge d’un patient atteint du coronavirus à l’hôpital Ikazia, à Rotterdam, le 23 novembre 2021. © Tous droits réservés

Ce n’est pas une explication épidémiologique mais systémique.

Une opinion partagée par son confrère Yves Maule, manager de soins en charge de la Médecine critique au CHU Brugmann. Ce dernier l’admet, "Le système de première ligne est complètement différent". Le premier contact inclut la médecine générale, et les médecins ne communiquent pas avec les services d’urgence puisqu’ils sont à la même échelle pour mesurer la gravité des cas.

"Ce n’est pas une explication épidémiologique mais systémique", souligne-t-il.

C’est le cas en Angleterre également, comme le précise Yves Maule, avec beaucoup de patients qui se présentent à l’hôpital, mais peu d’"admissions" (qui impliquent que le patient séjourne au moins une nuit à l’hôpital).

La différence d'évolution est encore plus marquée avec le variant Omicron qui entraîne des cas moins sévères et en Belgique des séjours plus courts.

Si les fonctionnements belge et néerlandais demeurent très différents, Arnaud Bruyneel rappelle toutefois "qu’aucun système hospitalier n’est calibré aux caractéristiques des patients Covid-19".

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