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Economie

Pourquoi les livres sont-ils plus chers en Belgique ?

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04 mars 2010 à 08:29Temps de lecture1 min
Par RTBF

Le Centre d'Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC) estime que les distributeurs, dont les deux géants sont en Belgique Dilibel et Interforum Benelux, se sucrent sur le dos des clients en maintenant ce reliquat de droit de douane.

"Dans un contexte de crise et de pessimisme, les consommateurs sont inquiets et réduisent au maximum leurs dépenses, surtout en matière de loisirs", souligne le CRIOC. Et alors que les jeunes lisent de moins en mois, que l'accès à la culture est plus difficile en temps de crise, la persistance de cette mesure est, pour les défenseurs des consommateurs, une anomalie à supprimer

La tabelle, c'est en fait est un reliquat des frais de douane et des risques de fluctuation du change entre les francs français et belge qui était prélevé -et officialisé dans un arrêté ministériel pourtant depuis abrogé-  qui rend certains livres plus chers en Belgique.

Plus du tout justifiée

La différence peut être très sensible. Le CRIOC cite des exemples : le Nouveau Petit Robert, vendu 59 euros en France, coûte 65,65 euros en Belgique, soit 11,27 % de plus. Pour le Bescherelle, la différence est de 16,46 %. Pour le dernier Marc Levy, vous débourserez 12,62 % de plus...

"Si dans les années 80, la tabelle était une taxe, elle est aujourd'hui devenue synonyme de coûts spécifiques au marché belge", souligne le CRIOC. Elle n'aurait plus aucune justification depuis l'entrée en vigueur de la monnaie unique. Mais les distributeurs font valoir qu'ils ont des coûts spécifiques, notamment de transport. Mauvaise explication pour le Crioc, qui pose que transporter un livre au départ de Paris vers Bruxelles (308 km) coûte moins cher que de le livrer à Marseille (662 km)...

Pour les auteurs belges publiés en France, voir leurs livres vendus plus chers "à domicile" que dans l'hexagone reste un sujet d'étonnement.

Une plainte contre ce qu'ils jugent une entrave à la libre circulation des biens a été déposée par les libraires belges devant le conseil de la concurrence... en 2006. Elle serait, semble-t-il, toujours à l'instruction. Une lenteur à laquelle le Crioc demande au ministre de l'Economie de mettre un terme.

Thomas Nagant