RTBFPasser au contenu

Monde

Pourquoi les F16 belges sont-ils demandés? Combien cela coûtera-t-il?

Pourquoi les F16 belges sont-ils demandés? Combien cela coûtera-t-il?

Face à la centaine d'appareils américains en opération dans la région, 6 avions-bombardiers, cela peut apparaître comme une goutte d’eau dans la mer. Mais pour Luc Jennart, ancien commandant de la base militaire de Florennes : "Six avions parmi les plus modernes au monde, c’est une force de frappe de très haute valeur ajoutée."

Car les F16 belges sont des bijoux de technologie. Ils sont équipés de sortes de caméras infrarouges dotées de zooms puissants. Un système qui permet d'observer des cibles de très loin, et sans se faire repérer. Ces "sniper pod" comme on les appelle, éclairent les cibles qui seront ensuite visées par des bombes "intelligentes" à guidage laser. Grâce à ces caméras infrarouges, les avions peuvent bombarder de jour comme de nuit.

Nos F16 seront basés en Jordanie. Or, le royaume hachémite a acheté plusieurs F16 belges excédentaires dans le passé. C’est un avantage pour la maintenance. Et les pistes d'atterrissage jordaniennes sont donc déjà équipées pour ces avions très sensibles, puisque les caméras sont montées sur la partie ventrale de l’avion..

Qui va payer ?

C’est le pays qui offre qui paie ! La Belgique va donc financer cette partie de l’opération. Un F16 consomme environ 3000 litres de carburant à l’heure, on peut estimer l’heure de vol à 8000 euros.

On peut évaluer le coût de l'opération à 14,55 millions d'euros par mois, à charge de l’État fédéral. Pour rappel, les quelques mois de guerre en Libye ont coûté plus de 40 millions d’euros à la Belgique en 2011.

Pourquoi nos F16 (et nos pilotes) ont-ils été expressément demandés par les Américains pour participer à la coalition ?

Sans doute d'abord pour la compétence et l'expérience des pilotes militaires belges, et aussi les qualités particulières des F16.

Des F16 belges sont basés depuis plusieurs années à Kandahar, en Afghanistan. Or, leur mission s'achève justement en octobre. Ils seront donc disponibles très vite pour l'opération en Irak.

En Afghanistan, leur mission était d'offrir un appui aérien aux troupes terrestres de l'OTAN déployées au sol, en cas de contact avec les insurgés Talibans. Par exemple, en cas d'embuscade, les soldats de l'OTAN demandaient un appui aérien rapproché, les F16 décollaient dans le quart d’heure, et opéraient soit un "show of force", une démonstration de force… c'est à dire qu'ils volaient très vite et à basse altitude. C’est une façon d'impressionner l'adversaire. Les Peshmergas kurdes, qui combattent l'EI dans le nord de l'Irak, pourraient par exemple faire appel à cet appui.

En Libye, c'était tout différent. Dans le ciel libyen, les F16 ont vraiment "fait" la guerre. Ils ont bombardé, puisqu'il s'agissait de mettre l'armée de Kadhafi en déroute. La coalition internationale s'attaquait à un appareil militaire étatique. En Syrie et en Irak, il s'agit de combattre, non pas une armée officielle, mais une organisation jihadiste qui compterait de 20 à 30 000 hommes, bien formés, et très bien armés… Et qui ont surpris tout le monde cet été avec leur avancée foudroyante jusqu'aux portes de Bagdad en Irak, et enfonçant les lignes kurdes en Syrie.

Comme il n'est pas question, en principe, d'envoyer des troupes au sol, les américains et leurs alliés doivent affaiblir l’adversaire en frappant d’abord les infrastructures : les casernes, les camps d'entraînement, les dépôts de munitions, d'essence, les prisons, les bâtiments administratifs etc…

L’État islamique compte de deux quartiers généraux. L'un à Raqqa, en Syrie, l'autre à Mossoul, en Irak. Deux villes densément peuplées, ce qui complique les bombardements. Il ne faut pas s’en cacher : cette guerre fera des victimes civiles collatérales.

Francoise Wallemacq

Carte d'identité du F-16

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Articles recommandés pour vous