Economie

Pourquoi les entreprises doivent-elles prendre position face à la Russie ?

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04 mars 2022 à 08:37Temps de lecture2 min
Par A.T. sur la base d'une interview de Sophie Brems

Nike, H&M, Apple, Google, Warner, BP, Shell, DHL… L’invasion de l’Ukraine par la Russie a engendré un exode massif d’entreprises occidentales hors de Russie. Les entreprises sont-elles donc de plus en plus nombreuses à couper les ponts avec la Russie ?

"Oui, avec souvent un objectif affiché qui est clair : faire pression sur la Russie, isoler le pays.", explique Maxime Paquay, journaliste à l’Echo, sur la Première ce matin.

D’une manière ou d’une autre, des géants du pétrole, de la tech, de l’habillement, du divertissement, grands acteurs logistiques et bancaires ont mis un coup d’arrêt à leurs activités en Russie.
 

"Ne nous berçons pas d’illusions romantiques mal placées, la plupart de ces décisions sont guidées par des contraintes opérationnelles", avertit Maxime Paquay. "Ces entreprises suivent pour la plupart le mouvement des sanctions économiques prises à l’égard du régime de Vladimir Poutine."

Maintien impossible des activités

Résultat des sanctions économiques : il s’avère difficile, voire impossible, pour ces grandes entreprises de maintenir leurs activités. "Le but du jeu devient de communiquer, d’essayer de s’en sortir par le haut, mais ce n’est pas toujours facile", lance le journaliste de L’Echo.

Il prend l’exemple assez parlant d’Ikea : il y a une semaine, son patron appelait publiquement et de manière assez frileuse et ambiguë à embrasser l’unité, la collaboration dans la région, région en guerre pour rappel. "Le patron d’Ikea s’est pris une volée de bois vert, et même en bois contreplaqué, ça fait mal", commente Maxime Paquay.

Rapidement, le message a été modifié, et jeudi, Ikea annonçait l’arrêt de presque toutes ses activités en Russie. "Poussée dans le dos, contrainte par la réalité, difficile alors de prétendre s’en sortir par le haut pour Ikea, même si on imagine bien les difficultés du géant de l’ameublement à trouver des alternatives au bois de la fameuse taïga russe pour fournir ses meubles au monde entier", analyse le journaliste.

Militantisme ou calcul économique ?

Un autre exemple plus militant est celui de H&M : son textile n’est pas produit en Europe ni aux États-Unis. En fait, le groupe n’est pas tout à fait entravé par l’ensemble des sanctions économiques prises à ce stade et le poids lourd du prêt-à-porter est prêt à prendre des coups. Manifestement décidé à faire une croix, même temporaire, sur la promesse de revenus issus d’un marché émergeant en pleine croissance, la Russie.

"Calcul il y a souvent, pas tout le temps, mais même d’un point de vue purement stratégique pour l’entreprise, ne pas agir, ne rien dire, c’est un signal en soi, et en l’occurrence, un aveu de faiblesse de la part des entreprises qui sont discrètes ou silencieuses", estime le journaliste de L’Echo.

Cette guerre en Ukraine sera riche d’enseignements sur la prise de décision au sein des entreprises, conclut Maxime Paquay : "Qui anticipe, qui contrôle et qui est contraint à subir ? Et dans cette galaxie des réalités, il y aura toujours des activistes, des contraintes, des marchés, etc., mais l’inaction, en tout cas, elle, ne paye plus et elle ne bénéficie plus à personne."

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