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Belgique

Pourquoi le personnel travaillant dans l’enseignement fait-il grève ce jeudi 10 février ?

Pourquoi le personnel travaillant dans l’enseignement fait-il grève ce jeudi 10 février ?
07 févr. 2022 à 15:25 - mise à jour 10 févr. 2022 à 09:443 min
Par Miguel Allo

Le secteur de l’enseignement en a ras-le-bol et veut le faire entendre. Les syndicats du secteur annoncent une grève ce jeudi 10 février et une manifestation qui débutera à 11 heures devant le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Place Surlet de Chokier.

Tout le personnel travaillant dans l’enseignement (ouvrier, enseignant, administratif, etc.) est concerné et cela de la maternelle jusqu’aux hautes écoles et l’enseignement universitaire. Un appel à la mobilisation jugée exceptionnelle, puisque la dernière de ce type a eu lieu il y a 11 ans.

Ras-le-bol des profs / Grève dans l enseignement ce jeudi

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Les assemblées qui se sont tenues la semaine dernière dans les établissements : "démontrent qu’on est devant un ras-le-bol généralisé de la part du personnel", explique Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC-Enseignement.

Un ras-le-bol exacerbé par la crise sanitaire, mais aussi par des négociations sectorielles qui n’aboutissent pas. "Le fait de s’être entendu dire depuis presque deux ans maintenant que l’Enseignement dans la société est essentiel, qu’il faut en faire une priorité et puis quand on arrive à la fin des négociations sectorielles […] on a un gouvernement qui dépose des cacahuètes sur la table. Où est la reconnaissance là-dedans ?". Un personnel dans l’enseignement qui attend, nous dit-on, des actes concrets.

Toujours face au ras-le-bol, la CGSP Enseignement estime que pour améliorer la situation dans les écoles, le politique pourrait arrêter de changer "tous les 3 jours" les règles sanitaires qui "mettent en difficulté aussi bien les parents que les enseignants et les directions".

Les négociations sectorielles

Concernant les négociations sectorielles, Joseph Thonon, Président communautaire de la CGSP Enseignement précise qu’un accord doit être conclu tous les deux ans et qu’actuellement il ne l’est pas et cela avec 8 mois de retard. "Et ils proposent de l’étaler sur quatre ans". Autrement dit, ce qui est négocié maintenant le sera pour quatre ans au lieu de deux.

Dans ces négociations sectorielles sont notamment discutés, les montants que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles entend mettre sur la table pour améliorer les conditions de travail, mais aussi des mesures qui ne devraient rien coûter et là, cela semble aussi bloqué. Des groupes de travail sont proposés par le gouvernement, mais du côté de la CSC-Enseignement on se méfie de ces propositions en raison d’expériences passées : "même si l’intention est louable, on sait bien que le danger des groupes de travail c’est qu’ils existent sur le papier, mais que tant qu’on ne les convoque pas ils n’existent pas", précise Roland Lahaye.

Le syndicat chrétien fait également remarquer que la dernière augmentation de salaire des enseignants (hors indexation et la prime de fin d’année) date de 2010. Joseph Thonon note qu’en raison de la situation financière de la Fédération Wallonie-Bruxelles : "ça fait des années, par exemple, qu’on essaye de rattraper la prime de fin d’année par rapport aux autres fonctionnaires".

Lutter contre la pénurie d’enseignants

Le front commun syndical met en avant la lutte contre la pénurie du personnel enseignant qui est "véritable fléau", dit-on à la CSC.

Le syndicat chrétien ajoute que des propositions ont été faites pour améliorer le métier d’enseignant sur tous ses aspects et que le gouvernement n’a pas compris le message. Parmi les revendications, de meilleures conditions de travail, améliorer l’attractivité du métier et lutter contre la pénibilité pour faire en sorte que des jeunes choisissent cette voie et y restent.

Les réformes s’enchaînent

Autre souci, les réformes dans le cadre du Pacte pour un Enseignement d’excellence s’enchaînent, nous dit-on. Celles-ci concernaient dans un premier temps le fondamental avec la mise en place du tronc commun depuis la rentrée 2020 en maternelle, mais il y a aussi les rythmes scolaires, l’évaluation des enseignants, la réforme du qualifiant, des PMS, etc. "On demande qu’ils réfléchissent au rythme auquel ces mesures arrivent et à la surcharge de travail qu’elles amènent au niveau des enseignants", explique Joseph Thonon du syndicat socialiste.

Les retours du terrain montrent que les enseignants sont inquiets et souhaitent en priorité sortir de la crise sanitaire avant la mise en place de ces réformes. Les conséquences après deux de pandémie ce sont des écarts entre les élèves devenus plus importants. Des rattrapages sont nécessaires pour certains, explique le secrétaire général de la CSC-Enseignement qui demande dès lors un nouveau calendrier de mise en place des réformes.

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