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Pourquoi ce qui s'est passé à PSG – Basaksehir était un acte raciste

Football : Match interrompu pour racisme présumé

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09 déc. 2020 à 11:49 - mise à jour 09 déc. 2020 à 11:492 min
Par Lancelot Meulewaeter

Hier, le match de Ligue des champions entre le PSG et Basaksehir a été interrompu à l’initiative des joueurs à la suite de propos racistes du quatrième arbitre de la rencontre. Cette fois, les joueurs ont dit stop. Au-delà des campagnes de sensibilisation de l’instance dirigeante, les joueurs ont donc décidé que l’enjeu de la question raciale était plus importante qu’un match de Ligue des champions. Mais depuis hier, cette décision d’arrêter le match et de ne pas le reprendre avec le même staff arbitral a fait beaucoup parler. Certains ne voyant pas en quoi désigner l’assistant Pierre Webo par sa couleur de peau était un acte raciste. "C’est un incident de trop, car il était évitable," déclare Yves Lodonou, membre de l’association Mémoire Coloniale. "Je rejoins la réaction de la victime car elle est légitime. Il ne faut pas la banaliser. La banalisation conduit à des situations terribles."

LIRE AUSSI : Ligue des Champions : Le match PSG – Basaksehir reprendra à 18h55, ouverture d’une enquête de l’UEFA après soupçons de racisme

Réduire une personne à sa couleur de peau, c’est du racisme

Pourquoi ce qui s'est passé à PSG - Basaksehir est bel et bien raciste
Pourquoi ce qui s'est passé à PSG - Basaksehir est bel et bien raciste FRANCK FIFE - AFP

"Le problème, c’est de réduire quelqu’un à sa couleur de peau. Ca, c’est du racisme. Cela peut être blessant de réduire quelqu’un à sa couleur de peau, son origine, sa croyance ou sa philosophie. Evitons-nous des blessures inutilesMoi, si je croise une personne blanche de peau, je ne le désigne pas en tant que blanc. Ce n’est pas dans mon éducation", poursuit Lodonou. "Nous avons toléré des choses intolérables pendant des siècles. Les nouvelles générations n’en peuvent plus. Elles ne sont plus aussi calmes que les générations précédentes."

LIRE AUSSI : Lilian Thuram : Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être

L’UEFA avait agi, pensait-elle, via sa campagne Say No To Racism, dans laquelle les plus grandes stars du football mondial s’étaient unies pour derrière le slogan. Récemment, les genoux à terre et les poings tendus du Black Lives Matter avaient rythmés les avant-matchs de la Ligue des champions notamment. "Ces dernières années, nous nous sommes battus pour qu’il n’y ait pas du racisme dans les stades. L’UEFA a réalisé une campagne à ce sujet mais nous pouvons constater comme il reste du travail," continue Yves Lodonou. "Il faut que l’institution poursuive son travail de déconstruction, du plafond jusqu’à la cave, et elle ne doit pas se décourager. Elle doit aller chez les supporters, chez les plus jeunes joueurs. Chacun doit essayer de se contrôler et d’utiliser un langage adéquat. Le sport et la culture doivent donner l’exemple aux gens."

L’espèce humain n’a pas de couleur de peau

Pourquoi ce qui s'est passé à PSG - Basaksehir est bel et bien raciste
Pourquoi ce qui s'est passé à PSG - Basaksehir est bel et bien raciste FRANCK FIFE - AFP

Ce qui choque, dans le cas de mardi soir, c’est que les propos racistes ne sont venus ni des tribunes ni du terrain, mais bien du corps arbitral. "Il faut continuer ce travail également chez les arbitres. Faisons venir des personnes qui travaillent sur les questions coloniales dans les séminaires pour arbitres," poursuit Yves Lodonou qui n’a qu’un message pour les arbitres roumains. "Vous avez gâché la fête du foot. Arrêtez de gâcher la vie des gens en gâchant leur fête. L’espèce humain n’a pas de couleur de peau, il faut absolument dépasser cela."

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