Réseaux sociaux

Pour suivre l’actualité, les jeunes ne se contentent pas d’aller sur les réseaux sociaux

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05 sept. 2022 à 11:30Temps de lecture2 min
Par RTBf avec AFP

On reproche souvent aux jeunes d’être déconnectés de ce qu’il se passe dans le monde. Mais ce n’est pas le cas : 79% des Américains appartenant aux générations Y et Z suivent l’actualité tous les jours.

Ils consultent les réseaux sociaux pour s’informer, mais aussi les médias traditionnels et des plateformes comme LinkedIn, Reddit et même NextDoor.

C’est un fait : les jeunes générations entretiennent un rapport ambivalent avec les médias. Elles accordent une faible confiance aux différents modes d’accès à l’information et aux journalistes, ce qui les pousse à s’informer différemment que leurs aînés.

Le dernier rapport du Media Insight Project se penche sur la consommation médiatique de 5975 Américains âgés de 16 à 40 ans. Trois quarts d’entre eux consultent, au moins une fois par semaine, des médias traditionnels pour connaître les dernières informations. Plus étonnant encore, 45% des répondants le font tous les jours.

Ces chiffres viennent contredire l’idée selon laquelle les médias traditionnels n’ont pas leur place dans la vie des (jeunes) consommateurs. Ces derniers sont même prêts à mettre la main au porte-monnaie pour s’informer : 28% des personnes interrogées paient pour accéder aux contenus de magazines, de journaux et d’applications spécialisées. Sans surprise, les millénials sont plus susceptibles de le faire que leurs cadets, les Z.

La menace des "fake news"

Néanmoins, les jeunes générations continuent de se tourner vers les réseaux sociaux pour suivre l’actualité. La grande majorité des Américains (91%) y consultent les dernières news chaque semaine. Ils apprécient le ton informel des contenus informatifs qu’ils trouvent sur ces plateformes, ainsi que la liberté de traitement médiatique qu’elles permettent.

Toutefois, les jeunes consommateurs s’inquiètent de la prolifération de la désinformation sur les réseaux sociaux et du rôle qu’ils jouent dans ce phénomène. Ainsi, 48% des Américains appartenant aux générations Y et Z ont peur d’en avoir partagé sans s’en rendre compte. Deux tiers d’entre eux se demandent également si leurs proches n’en ont pas fait autant.

Si les "fake news" sont monnaie courante sur les réseaux sociaux, les millénials et les Z sont persuadés qu’on en trouve également dans les médias traditionnels. Cela explique pourquoi ils peinent à trouver grâce à leurs yeux, même s’ils les consultent pour s’informer. Seul un quart des 16-40 ans ont une image positive des médias en général, contre 35% pour ceux qui couvrent l’actualité locale.

Les jeunes, un défi pour les médias

Autre fait notable : les millénials et les Z prennent de moins en moins de plaisir à s’informer. La plupart d’entre eux se sentent dans l’obligation de le faire pour être de bons citoyens, même s’ils en tirent que peu de satisfaction. Cette lassitude explique pourquoi seuls 37% des jeunes consommateurs parlent de l’actualité avec leurs proches — une proportion qui s’élevait à 53% en 2015.

Ces résultats représentent un vrai défi pour les industries de l’information. "Les organismes de presse se demandent constamment comment ils peuvent mieux servir les jeunes publics", a déclaré Michael D. Bolden, PDG et directeur exécutif de l’American Press Institute.

"Ces générations ont des points de vue à la fois traditionnels et nouveaux sur ce qu’elles attendent des médias, et elles suivent l’actualité de différentes manières".

L’une de ces attentes concerne la façon dont les médias traitent les questions liées à la diversité et à l’équité. Près de la moitié des 16-40 ans estiment qu’ils ne dressent pas un portrait fidèle des immigrés, des personnes à faibles revenus et des Afro-Américains. "Il s’agit d’orientations importantes et actionnables pour notre industrie", a affirmé Michael D. Bolden.

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