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Pour le directeur médical de l'hôpital Erasme, l'effort pour les soignants s'annonce long et intense : "il est important de les ménager"

19 oct. 2020 à 20:46 - mise à jour 19 oct. 2020 à 20:46Temps de lecture2 min
Par RTBF

Ce lundi matin, une soixantaine de membres du personnel soignant de l’hôpital Erasme à Bruxelles a marqué un arrêt de travail pendant une trentaine de minutes devant le bâtiment. Une action afin d’exprimer leurs difficultés : manque de moyens et de personnel. Épuisés, ils craignent de ne pas tenir le coup face à cette deuxième vague de l’épidémie de coronavirus.

Ce soir sur le plateau du JT, le Professeur Jean-Michel Hougardy, directeur médical de l’hôpital Erasme revient sur la gestion de la fatigue du personnel. Comment va-t-il gérer cette situation afin que le patient ne soit pas pénalisé ? Il a tout d’abord rappelé le professionnalisme de ses équipes, qui font attention à la sécurité et la santé des patients. Mais il a aussi insisté pour que l’on ménage ce personnel en cette période qui va s’inscrire dans la longueur : "On ne veut pas, par exemple, entendre parler de réquisition. Il est important qu’ils puissent prendre leurs congés et travailler dans des unités Covid ne peut se faire que sur base volontaire".


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Des soins intensifs saturés

Jean-Michel Hougardy explique ensuite que les soins intensifs de son hôpital sont actuellement saturés, il n’y a plus de lits disponibles. Pour trouver de la place, il faut parfois déplacer des patients qui ont besoin de moins de soins vers un autre secteur afin de libérer de la place : "Ce sont des situations extrêmement complexes à gérer […] Ça peut revenir à faire des choix", a-t-il précisé.

La collaboration entre les différents réseaux hospitaliers

Pour le directeur médical de l’hôpital Erasme, la collaboration interhospitalière est une évidence. La possibilité de faire des transferts entre les hôpitaux est aujourd’hui vitale. Y a-t-il encore des réticences ? Jean-Michel Hougardy explique : "Nous avons eu des essais de transferts la semaine dernière et effectivement cela a été très compliqué. Parfois avec des transferts qui ne se font pas et parfois avec des transferts qui durent très longtemps pour ce faire […] Je parle de toutes les régions. Que ce soit vers le nord ou le sud du pays". L’homme en appelle aux autorités fédérales pour réguler les transferts qui doivent avoir une vision large des capacités des différents hôpitaux. "Je peux comprendre que des hôpitaux qui sont eux-mêmes saturés ne soient pas capables de prendre nos patients".


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L’hôpital militaire

L’hôpital militaire Reine Astrid a été présenté comme un établissement où pourrait éventuellement être transférés des patients Covid. Mais, Jean-Michel Hougardy rappelle "que l’hôpital militaire a aussi ses propres missions, notamment dans les soins des grands brûlés. Il serait confronté au même problème que nous, à savoir trouver des infirmiers que nous avons du mal à trouver nous-même".

1000 patients en soins intensifs en novembre

Ce lundi 19 octobre, Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole du Centre interfédéral de crise, a donné une idée de l’évolution de l'épidémie: "À ce rythme, on pourrait avoir 1000 patients en soins intensifs en novembre". Pour Jean-Michel Hougardy, il va être extrêmement difficile d’affronter ce chiffre. Dans son hôpital, 75% de la capacité des soins intensifs est dédiée aux patients Covid. Il ne reste que 6 places disponibles, ce qui selon ses statistiques va compliquer la situation dès la semaine prochaine. Vous l’aurez compris, ce directeur médical d’hôpital n’est pas très rassurant.

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