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Pour l'OCDE, les Etats doivent de toute urgence augmenter les investissements publics

L'OCDE se montre très inquiète pour la croissance mondiale qui, au mieux, stagnera cette année avant de remonter un peu en 2017. Sur la photo Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE.
18 févr. 2016 à 11:55 - mise à jour 18 févr. 2016 à 11:55Temps de lecture2 min
Par Michel Visart

C’est un ton extrêmement pessimiste que l’OCDE a adopté en présentant ses perspectives économiques mondiales. Comme le Fonds monétaire international, l’OCDE revoit ses prévisions à la baisse, mais il y ajoute une notion d’urgence pour éviter le pire, avec un conseil majeur : les Etats doivent relancer les investissements publics.

Le ralentissement mondial est généralisé et il n’y a pas vraiment de locomotive pour doper la croissance. On est donc loin de la période 2008/2010 quand les pays émergents ont en quelque sorte sauvé l’économie mondiale. Et depuis que ces derniers accusent un ralentissement plus ou moins prononcé suivant les cas, l’espoir d’un relais de croissance via les pays développés s’est atténué.

L’économie européenne ne parvient pas à décoller, la progression du PIB est minimale, donc pas de "boost" de ce côté-là. Les Etats-Unis ont mieux assuré leur rôle moteur ces dernières années, mais là-bas également il y a comme des ratés.

Croissance stagnante

Tout cela explique la révision à la baisse des perspectives à court terme, soit pour 2016 et 2017. Il y a un trimestre seulement, l’OCDE tablait sur une croissance de mondiale de 3,3%, espoir déçu puisque la nouvelle prévision annonce un faible 3%, soit le même niveau qu’en 2015. Pour 2017, il y pourrait y avoir un petit frémissement à 3,3%. L’économie mondiale reste en croissance, c’est important de le préciser, mais c’est une croissance stagnante.

Quand on détaille pour les grands pays, on constate d’abord avec un certain étonnement que l’OCDE ne revoit pas à la baisse la prévision de croissance pour la Chine, soit 6,5% ce qui reste quand même un niveau appréciable. Par contre, l’économie américaine ne devrait croître que de 2% cette année alors que la prévision précédente était à 2,5%. Si les experts de l’OCDE ont raison, c’est la révision à la baisse la plus notable. Cela dit, l’Europe ne doit pas se réjouir. Le moteur allemand a quelques ratés avec une croissance potentielle de 1,3% cette année alors qu’elle était annoncée précédemment à 1,8% . Cela ne devrait pas faire l’affaire de la Belgique dont l’économie est très dépendante de cette de la République fédérale.

Urgence

Face à ce tableau peu engageant pour l’avenir proche, un tableau encore assombri par la grande instabilité financière actuelle, l’OCDE en appelle à des réactions aussi fortes qu’urgentes. Il faut "une réponse politique collective plus forte afin de renforcer la demande" et pour cela les trois leviers classiques sont nécessaires : la politique monétaire, qui est actuellement le principal soutien de l’économie, les réformes structurelles et surtout, la politique budgétaire.

Sur le plan budgétaire, l’OCDE constate qu’il y a des marges de manœuvre parce que les Etats peuvent emprunter à long terme à des taux d’intérêt très bas. L’Organisation plaide donc pour "un engagement collectif à augmenter l’investissement public". Il serait ainsi possible d’augmenter la demande tout en restant sur un rythme budgétaire soutenable. Un bon conseil apparemment mais son application demande un vrai changement de stratégie au niveau européen. Le plan Juncker est là pour ça, mais sans effet de levier il restera inutile.

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