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La Trois

Portrait : la légende John Wayne

John Wayne
25 févr. 2022 à 07:00 - mise à jour 25 févr. 2022 à 08:02Temps de lecture2 min
Par fgue

John Wayne, mythe hollywoodien du 20e siècle, cow-boy solitaire à l’impressionnante filmographie, incarnation de l’Amérique… mais que se cache-t-il derrière la légende ? La Trois vous propose de découvrir le rêve américain de Marion Morrison (1907-1979).

 
"Duke", comme il se fait appeler à ses débuts, a commencé tout en bas de l’échelle hollywoodienne, au temps du muet, comme assistant sur les plateaux de tournage. C’est John Ford qui lui offre une première apparition dans ses films en 1928. Et c’est deux ans plus tard que John Walsh lui offre le rôle principal dans un western à gros budget. Il a alors 22 ans, la Fox mise sur lui, il est choisi pour jouer dans La Piste des Géants (The Big Trail), mais son nom pose problème. Les dirigeants de la Fox lui trouvent comme pseudonyme John Wayne, sans le consulter. Mais malgré une grosse campagne de promo, le film est un échec, échec qui lui est attribué et qui brûlera sa carrière durant une décennie et le reléguera au rang des séries b, des westerns et films alimentaires. Au fil du temps, il acquiert de l’assurance et donne à son personnage de la consistance. Et en 1939, c’est encore John Ford qui le sort de ses séries b en lui offrant un rôle dans La Chevauchée fantastique. C’est le succès et le début de l’ascension pour l’acteur.
 
Lorsque les Etats-Unis entrent dans la deuxième guerre mondiale, les plus grandes stars participent à l’effort de guerre. John Wayne se retrouve alors face à un dilemme : s’engager et partir servir son pays ou continuer sa carrière alors qu’il a déjà 34 ans ? Il restera finalement à Hollywood et décrochera bon nombre de rôles laissés vacants par ses collègues partis au front. Résultat : à la fin de la guerre, il devient l’un des acteurs les plus populaires et rentables, c’est le début de l’âge d’or. Il enchaîne les grands films : le Réveil de la sorcière rouge, le Massacre de fort apache, le Fils du désert, L’homme tranquille, Rio Bravo… John Wayne dégage désormais puissance et virilité, et avec son regard perçant et sa démarche nonchalante, son personnage John Wayne est abouti. Dans les années 50 et durant 25 ans, il ne quittera plus les sommets du box-office. Il est une célébrité mondiale. Mais John Wayne est plus que ça, il est une icône américaine qui fascine le monde.
 
Pris de remords de ne pas s’être engagé durant la guerre, il sera un soldat dans ses films, même si jouer à la guerre ne suffira pas. En pleine guerre froide, les Etats-Unis font la chasse aux communistes et cette fois, John Wayne s’engage : il devient président de l’alliance cinématographique pour la préservation de l’idéal américain, à la tête de la liste noire des artistes jugés trop à gauche. Et ses choix politiques vont de plus en plus guider ses choix de rôles au cinéma. Le personnage de John Wayne à l’écran se confond avec la personne qu’il est dans la vie et à partir des années 60, il ne cessera de s’enfermer dans ses obsessions patriotiques, incarnant l’armée américaine à lui tout seul lors de la guerre du Vietnam. Et alors qu’il avait toute la société américaine derrière lui, celle-ci finit par se retourner contre lui au vu de cette incarnation de la virilité poussée à l’extrême dans ses films et de ses discours ultra-conservateurs qui ne correspondent plus aux aspirations du peuple.
 
Ne manquez pas John Wayne, l’Amérique à tout prix, ce vendredi 25 février à 20h30 sur La Trois.

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