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Policiers caillassés dans le Borinage, le Parquet de Mons dit stop !

Maître Ronveau a dû calmer son client à plusieurs reprises...
23 mai 2022 à 09:42 - mise à jour 23 mai 2022 à 10:092 min
Par Cédric Ketelair

Un matin, aux cours de justice de Mons, un homme, patriarche d’une famille boraine bien connue, apostropha un policier de la zone boraine. "Cela fait combien de temps que l’on se connaît ?", demanda l’homme au bonnet vissé sur la tête. " Oh, plus de trente ans ", répondit le policier. " Lui et moi avons fait notre carrière ensemble ", me glissa l’homme à l’oreille.

Le policier sourit. Il me confia qu’à chaque intervention au sein de cette famille, cela tournait au vinaigre. Le clan faisait face aux policiers. Aujourd’hui, l’homme au bonnet est embastillé, mais rien n’a changé. La première intifada est une scène qui se répète dans une rue de Colfontaine.  

Le 11 novembre 2020, la police boraine débarque chez le fils de l’homme au bonnet, soupçonné d’avoir frappé sa compagne. La famille se rassemble et accueille les policiers en leur jetant des pierres, des cailloux, des tessons de bouteille. Les insultes et les menaces pleuvent. La zone de police de Mons-Quévy est appelée en renfort. L’histoire se répète le 12 mars, le 31 mars et le 21 avril 2021. Plusieurs individus sont privés de liberté, mais deux seulement seront renvoyés en correctionnelle.

Trente-huit condamnations

Le fils – dont le casier judiciaire de treize pages comptabilise trente-huit condamnations – est nerveux sur le banc des prévenus. Me Ronveau, son avocat, doit le calmer. Âgé de trente-trois ans, le prévenu conteste chacune des phrases prononcées par le substitut du procureur, lequel souhaite l’envoyer en prison pour plus de cinq ans afin qu’il comprenne qu’il est temps de changer de comportement. " Il a bénéficié de plusieurs mesures de faveur, il cumule entre 1000 et 1500 heures de travail d’intérêts généraux. Cela n’a eu aucun effet dissuasif ", martèle le substitut.

Un avenir prometteur …

Un jeune homme, majeur depuis janvier 2020, doit aussi répondre de faits de rébellion et d’outrages. Torse nu, il voulait en découdre avec les forces de l’ordre, "une sorte de baptême", ironise le substitut du procureur. Il porte un autre patronyme bien connu à Colfontaine.

"Celui-là a un avenir prometteur dans la délinquance. Il y a quelques jours, il était prévenu devant ce tribunal pour avoir ouvert le crâne d’un homme. Nul doute, il suit les pas de ses aînés et nous le reverrons souvent à l’audience", maugrée le substitut du procureur qui requiert 18 mois de prison ferme contre le jeune homme, dont l’avocat, Me Descamps, sollicite l’acquittement.

Pression, menaces ...

Excédé par ces délinquants qui terrorisent leur voisinage, en faisant pétarader leurs scooters, le substitut du procureur demande à la présidente de la onzième chambre du tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, d’être sévère avec les deux gaillards qui ne respectent pas les forces de l’ordre. "Les policiers se demandent comment pouvoir exercer leurs missions auprès de ces familles qui les menacent, qui font pression sur leurs proches", relève l’avocate de la police boraine.

Être policier au sein de la zone boraine n’est décidément pas une sinécure…

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