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Polémique : la société Avrox reconnaît s'être trompée de référence de label mais garantit "des masques de haute qualité"

Masques: label en question

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20 juin 2020 à 12:40 - mise à jour 20 juin 2020 à 12:40Temps de lecture4 min
Par E. Groutars

La société luxembourgeoise Avrox, qui a récemment fourni 15 millions de masques à la Belgique via un marché passé par la Défense, a réagi via un communiqué à la polémique qui remet en cause la qualité de masques vendus en pharmacie. 

Pour rappel, l’association Oeko-Tex, qui assure la certification des masques buccaux en tissu pour le gouvernement fédéral, a demandé ce vendredi aux autorités de retirer le manuel accompagnant les masques achetés par le ministère de la Défense à Avrox.

Selon Oeko-Tex, le numéro de certificat figurant sur le manuel d’utilisation des masques n’est plus valable depuis 2016.

"Des rumeurs infondées"

"Avrox dénonce le nombre impressionnant d’attaques, d’allégations et de rumeurs infondées dont elle a été la victime ces dernières semaines", peut-on lire dans ce communiqué. La société explique avoir "remporté un marché public à la loyale", avoir "livré 15 millions de masques en un temps record" et avoir "fourni des masques d’une qualité exceptionnelle". Avrox dit regretter que "la politisation de ce sujet ne fait que miner la confiance du citoyen en ces masques et aux mesures sanitaires pourtant indispensables mises en place par le gouvernement. Au final, tout le monde ressort perdant de cette saga qui est aux dépends de la santé des citoyens belges”. 

Concernant la procédure de marché public, la société se justifie en précisant que : "un recours au Conseil d’Etat a été déposé par un candidat mécontent avec plusieurs allégations". Et d'ajouter que l’audit réalisé par la Cour des Comptes ou l’information judiciaire lancée par le Parquet de Bruxelles "ne relèveront aucune irrégularité". Selon la société : "Comme l’a déjà affirmé la Défense, Avrox était la seule à pouvoir fournir un nombre aussi élevé de masques de haute qualité en si peu de temps".

Manque de communication et erreur technique

La société reconnaît toutefois qu’elle "n’a pas assez communiqué" et "qu’elle a sous-estimé l’importance de ce dossier pour le monde politique belge". Ce qui a mené, selon elle, à l’apparition de rumeurs. 

Avrox reconnaît également "qu’une erreur technique et tout à fait involontaire a fait en sorte que le mauvaise référence de ce label ait été imprimé, et s’en excuse". La société souligne néanmoins "qu’elle dispose de tous les certificats nécessaires et valides. Ces certificats corrects avaient d’ailleurs déjà été transmis aux fédérations de pharmaciens. Avrox reconfirme par ailleurs que les tissus utilisés sont labellisés Oeko-Tex Standard 100".

Avrox donne également des explications sur les retards des livraisons : "Avrox a voulu être absolument sûre de la qualité avant de lancer les lignes de production. Les tests complémentaires ont permis de garantir une conformité parfaite des masques. C’est ce qui explique partiellement les retards dans les livraisons".

La production des masques au Vietnam serait "un gage de qualité"

C'est ce que suppose Avrox dans son communiqué. "Des masques similaires ont été utilisés dès le début de la crise par l’ensemble de la population. Avec pour résultats seulement 342 cas détectés et zéro décès associés à COVID-19 à l’heure actuelle", assure la société. 

L’entreprise précise dès lors que : "les masques sont bien évidemment conformes à la norme REACH 1907/2006, ainsi qu’à toutes les normes nationales, européennes et internationales" avant de rappeler que le label ne relève d'ailleurs "aucunement d'une obligation légale ou d’une spécification requise dans le marché public de la livraison des masques. Le label Oeko-Tex est un label de qualité supplémentaire".

Masques lavables à 60C° pendant 25 cycles de lavage

Concernant la désinfection des masques, Avrox indique qu'ils sont "lavables à la main à 30C° avec du détergent, et peuvent subir alors 30 cycles de lavage, ce qui est plus élevé que les recommandations NBN. Ceci permet de désinfecter les masques de façon parfaitement sûre". Mais, suite à l'autre polémique sur le lavage en machine à 60°C, Avrox dit avoir mené des tests complémentaires : "Ceux-ci ont été menés du 10 au 18 juin et ont permis de confirmer que les masques d’Avrox sont en mesure de tenir au minimum 25 cycles de lavage s’ils sont lavés à 60C°. Cela va au-delà des recommandations NBN. Ces tests, qui n’étaient pas obligatoires, permettent une fois de plus de démontrer la qualité des masques et de rassurer tous ceux qui préféreraient laver leurs masques à 60C°". Et de souligner que : "ces tests ont été faits en toute indépendance par un laboratoire certifié en Belgique".

Avrox tacle des concurrents qu'elle juge frustrés 

Pour Avrox, ces fausses informations ont notamment été propagées par "des fédérations du textile et de la confection Creamoda, Febelsafe et FBT". "Creamoda a même tenté de négocier avec le gouvernement avant le lancement du contrat-cadre, mais n’a pas pu promettre au mois d’avril que 1,2 millions de masques livrables à la mi-juin, pour un prix de 3 euros par masque et en imposant ses propres conditions de paiement au gouvernement. Pour des masques qui, cela dit en passant, n’auraient pas été produits en Belgique pour une qualité inconnue. Très clairement, cette fédération, frustrée de ne pas avoir réussi à négocier un contrat avec les autorités publiques, a un intérêt financier à essayer de nuire à la réputation d’Avrox et de ses masques".

Pour Laurent Hericord, administrateur délégué d’Avrox : "devoir se battre tous les jours contre de nouvelles révélations, c’est quelque chose que je n’ai jamais vécu. Et que j’espère ne plus jamais vivre. On ne veut pas se victimiser mais sachez que des dizaines de personnes du réseau d’un collègue ont été harcelées et menacées, l’obligeant à fermer son profil LinkedIn. C’est violent ! Mon associé a aussi été traité de financier du terrorisme et de fraudeur fiscal, alors que c’est insensé !"

"On peut comprendre certaines critiques ou frustrations, mais ici, ça a vraiment été trop loin…", ajoute-t-il, espérant à présent "que la sérénité et le bon sens puissent reprendre le dessus"."Nous sommes fatigués, car pas préparés à rentrer dans ces jeux, ces commérages, soupire-t-il. Il est important qu’Avrox réponde à l’entièreté des questions fondées, factuelles, scientifiques, mais pas aux on-dits."

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