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Coronavirus

Plus de 65 ans, immunodéprimés : un rappel du vaccin contre le Covid-19 utile avant l'été, selon Sciensano

Frank Vandenbroucke sur la hausse des cas covid

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25 juin 2022 à 12:57 - mise à jour 26 juin 2022 à 11:47Temps de lecture2 min
Par Xavier Lambert

Les derniers chiffres le démontrent : les cas de Covid sont à nouveau en hausse en Belgique, et cela se remarque aussi dans les hôpitaux, où me nombre d’admissions a grimpé de 32% sur une semaine.

Mais le dernier rapport complet de Sciensano met aussi en évidence un autre constat : c’est que le schéma de vaccination classique ne protège plus suffisamment un certain nombre de Belges, notamment parmi les plus fragiles. Un constat qui inquiète les autorités belges, qui ont apppelé la population à aller chercher un premier, voire un deuxième booster, mais aussi l’immunologue Michel Goldman.

"Les derniers chiffres publiés aujourd’hui par Sciensano pour la période du 6 au 19 juin 2022 démontrent que les schémas de vaccination actuels ne suffisent plus à protéger les plus vulnérables des formes graves conduisant à l’hospitalisation" écrit-il.

Immunodéprimés et seniors

Et par "plus vulnérables", il entend les "immunodéprimés sévères" (les patients atteints de cancer par exemple, dont la maladie contrarie le système immunitaire et les empêche de développer les anticorps) mais aussi les seniors de plus de 65 ans. "Clairement la vaccination avec un seul rappel ne suffit plus à les protéger" met-il en garde.

Pour la période du 6 au 19 juin 2022, 288 des 362 personnes âgées de 65 à 84 ans qui ont dû être hospitalisées à cause du Covid avaient été vaccinées complètement plus une dose de rappel, soit près de 80%, note Michel Goldman. La proportion est la même pour les admissions en soins intensifs : 35 des 44 personnes de cette tranche d’âge admises aux soins intensifs avaient reçu une vaccination complète plus une dose de rappel.

Sciensano

Sur le graphique ci-dessus, on le constate : la dose de rappel permet bien de réduire le risque (graphique de droite basé sur l’incidence) de développer un cas grave par rapport à une vaccination classique, surtout pour les plus de 65 ans. Mais ce risque reste nettement plus élevé (15 fois plus) pour un senior que pour un adulte de moins de 65 ans.

Une protection limitée

Comment l’expliquer ?

"Si les vaccins actuels continuent à très bien protéger les plus jeunes des formes graves, ils protègent beaucoup moins bien les seniors dont le système immunitaire est moins performant, explique Michel Goldman, et ce pour deux raisons :

  • Ils sont moins efficaces contre les variants qui deviennent dominants (BA.5) ;
  • La durée de la protection s’effrite au cours du temps.

Comment protéger alors les plus vulnérables ? Comme les autorités le préconisent, Michel Goldman recommande de "considérer avec son médecin un deuxième rappel de vaccin dès maintenant, en particulier s’il existe des comorbidités prédisposant aux formes graves. Ce deuxième rappel protégera jusqu’à l’automne. Il n’empêchera pas d’être revacciné au cours de la campagne de revaccination qui est envisagée".

Pour les immunodéprimés, il conseille de mesurer le taux d’anticorps : en dessous d’un certain taux, "le patient est éligible pour l’Evusheld, combinaison d’anticorps monoclonaux qui protégera jusqu’à l’automne du variant dominant actuellement (BA5). Un travail récent de l’équipe réputée du Pr Ho à Columbia University à New York démontre en effet que l’Evusheld reste actif contre BA5."

En cas d’infection chez ces immunodéprimés, des traitements spécifiques devront être administrés le plus rapidement possible

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