Belgique

Planification écologique : "Le nœud du problème, c’est la conciliation des intérêts en présence"

Woman holding reusable cotton zero waste bag with text No More Plastic. Outdoors portrait in sunny day. Eco friendly bags concept.
28 juil. 2022 à 07:04Temps de lecture2 min
Par Alice Dulczewski avec Martin Bilterijs

A partir de ce jeudi 28 juillet, l’humanité aura épuisé autant de ressources naturelles que ce que la Terre est capable de produire en une année. Il faudrait donc l’équivalent d’1,75 planètes Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale en 2022. Comment retarder cette date qui avance chaque année ? La planification écologique promue par Jean-Luc Mélenchon en France et reprise par Emmanuel Macron est-elle la solution ? Ou n’est-elle qu’un gadget de mots creux ? Eclairage avec Charles-Hubert Born, professeur de droit de l’environnement à L’UCLouvain.

 

Planification écologique, on parle de quoi ?

Tout d’abord, c’est quoi la planification écologique ? "C’est un processus qui consiste à évaluer, à récolter des données, à fixer des objectifs et puis les réévaluer pour voir s’il ne faut pas les réadapter. C’est un programme qui vise à réaliser des objectifs de nature écologique en matière de climat, de biodiversité, en matière de pesticides, en matière de bruit. L’idée c’est se fixer une feuille de route réaliste," explique Charles-Hubert Born.

Le professeur de droit de l’environnement dit être "tout à fait convaincu de l’intérêt de la planification écologique". Selon lui, "c’est un outil absolument indispensable pour que les pouvoirs publics et entreprises dégagent les voies réalistes. Continuer le business as usual, ça menace la possibilité d’atteindre ces objectifs".

Même si on en parle beaucoup ces derniers temps, ce concept n’est pas neuf. Depuis des dizaines d’années, on constate "une utilisation croissante de la planification écologique. Le droit européen l’impose dans différents domaines. Ce sont des outils qui sont classiques dans les politiques publiques".

Charles-Hubert Born ajoute que "la planification n’est pas là pour diriger l’économie mais pour la réorienter vers une économie bas carbone et respectueuse de la biodiversité." Et ce, "même s’il est clair que le nœud du problème, c’est la conciliation des intérêts en présence." Il explique : "Comment affecte-t-on les terres à des activités humaines tout en préservant la nature, l’eau ? Le territoire n’est pas illimité et on doit concilier énormément d’intérêts. C’est très compliqué mais la manière d’y arriver est d’objectiver le débat en amenant des données scientifiques rigoureuses. "

Et la Belgique ?

Selon le professeur de droit de l’environnement, le cadre institutionnel Belgique multiplie les niveaux de pouvoir et rend cette planification plus complexe. "Dans la Belgique fédérale qu’on connaît, cette gouvernance est très éclatée. Ça pose des questions de cohérence même s’il existe des organes de coordination environnementale." Selon lui, "une rationalisation de la planification écologique serait certainement nécessaire". Par exemple pour améliorer "l’articulation entre l’aménagement du territoire et la planification de l’environnement", avance-t-il.

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