Plan Trump pour le Proche-Orient: "Il entérine l'occupation par Israël des territoires palestiniens"

Donald Trump et Benyamin Netanyahou avant la présentation du plan pour une paix au Proche Orient

© MANDEL NGAN - AFP

29 janv. 2020 à 14:50 - mise à jour 29 janv. 2020 à 14:50Temps de lecture2 min
Par Pascal Bustamante

Le plan de paix présenté par le Président Trump aux côtés du premier ministre israélien Netanyahou est sous la loupe des spécialistes de la question proche-orientale.

Anne Lagerwall est professeure à la faculté de droit de l’Université Libre de Bruxelles et contribue au Centre de droit international de la même université. Elle nous livre sa lecture du plan de paix : "Ce plan de paix qui est proposé traduit de nombreuses revendications qui ont été formulées par l’Etat d’Israël. Il entérine en quelques sortes l’occupation par Israël des territoires palestiniens. Une occupation qui se poursuit aujourd’hui en violation du droit international". 

Violation du droit international

Le plan propose d’établir la souveraineté de l’état d’Israël sur la vallée du Jourdain ainsi que sur les colonies israéliennes installées en Cisjordanie. Le plan définit aussi le statut de Jérusalem : "Le plan propose de faire de Jérusalem la capitale d’Israël. En cela, le plan reprend la position qui a été adoptée par Israël depuis l’adoption d’une loi israélienne en 1980 qui considère que Jérusalem est une et indivisible et est sa capitale. Et ça, c’est une position unilatérale qui a été condamnée depuis 1980 comme une violation du droit international par plusieurs résolutions du conseil de sécurité et de l’assemblée générale des Nations Unies. Parce que le droit international n’impose pas un statut pour Jérusalem mais il impose le fait qu’il faut trouver une solution négociée entre les autorités israéliennes et les autorités palestiniennes pour définir ce statut. Ici, le plan propose plutôt d’entériner la position d’Israël à l’égard de la ville de Jérusalem".

Enclavé dans l’Etat d’Israël

En ce qui concerne la création d’un état de Palestine, l’analyse de Anne Lagerwall aboutit à de sérieuses réserves quant à la viabilité d’un tel état tel que décrit par le plan Trump. "Il faut dire aussi que quand on voit la carte, on voit que l’Etat palestinien se trouverait selon ce plan sur un territoire extrêmement réduit, assez morcelé. Il se trouverait aussi complètement enclavé dans l’Etat d’Israël. Ça réduit quand même très fort la portion du territoire qui serait reconnue comme étant le territoire palestinien et, même sur ce territoire, la souveraineté de la Palestine ne serait pas pleine et entière. Pourquoi ? Parce que ce plan ne lui reconnaît pas des pouvoirs entiers ni sur sa mer territoriale au large de Gaza, ni sur son espace aérien. Ces espaces resteraient encore soumis, en partie, au contrôle d’Israël".   

Pour François Dubuisson, du même centre de droit international de l’ULB, le plan n’a aucune chance d’être accepté ni même discuté part les Palestiniens, tant il constitue la négation de leurs droits.

Loading...

A la lecture de ces avis, le plan pour le Proche-Orient de Donald Trump apparaît de plus en plus comme une opération à visée électorale dans son propre pays, pour s’assurer le soutien des évangélistes américains. Un plan qui apporte aussi une assistance au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, lui aussi face à une échéance électorale et un agenda marqué par des poursuites judiciaires à son encontre.

Proche-Orient: le plan de paix proposé par Donald Trump ne convainc pas tout le monde

Proche-Orient: le plan de paix proposé par Donald Trump ne convainc pas tout le monde

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement