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Plan hiver à Bruxelles : les associations craignent de ne pas pouvoir accueillir tout le monde

Plan hiver à Bruxelles : les associations craignent de ne pas pouvoir accueillir tout le monde
05 nov. 2021 à 10:073 min
Par Tom Denis

Les températures se rafraîchissent, il est temps pour les associations d’aide aux sans-abri de s’organiser à l’approche de la saison hivernale.

Cette année, la Région a décidé de ne pas mettre en place un plan hiver à proprement parler. Les pouvoirs locaux veulent plutôt privilégier une approche transversale : de s’attaquer globalement au problème du sans-abrisme, en proposant des outils pour raccrocher durablement les sans-abri à un domicile durable.

Mais cet hiver, malgré ce changement de stratégie, il faudra probablement créer des places supplémentaires, selon les associations qui redoutent un engorgement des centres d’accueil d’urgence.

Plus de 5000 sans-abri en Région bruxelloise, la Croix-Rouge se mobilise

5300, c’est le nombre de sans-abri comptabilisés en 2020 en Région bruxelloise. Cela représente près d’un tiers des sans-abri du Royaume. Alors chaque année, les associations de terrain s’organisent pour déployer une aide amplifiée pendant l’hiver.

La Croix-Rouge, par exemple, a déjà commencé depuis le 1er novembre avec des distributions de colis alimentaires et de repas. Trois chauffoirs sont opérationnels. 240 bénévoles sillonnent les rues lors de maraudes. Un nouveau bar à Soupe s’est installé dans les locaux de la Croix-Rouge de Saint-Gilles. Ce dernier pourra "accueillir une dizaine de personnes avec des boissons chaudes et offrir un lien social", indique un communiqué de presse de l’association.

La Croix-Rouge gère également un centre d’hébergement d’urgence, située dans la rue de Trêves. Le centre propose un hébergement 24 heures sur 24, avec des repas et un suivi sociomédical intensif. Il accueille des hommes et femmes seuls. Les familles avec enfants peuvent rester au minimum un mois au centre. Parallèlement, une équipe polyvalente de la Croix-Rouge aide les résidents à trouver des pistes de solution après la sortie du centre. 190 personnes y sont actuellement hébergées en ce début du mois de novembre.

Malgré toutes ces initiatives, la Croix-Rouge reste inquiète quant à sa capacité à accueillir tout le monde. "Nous avons quand même trente pourcents de demandes en plus depuis la crise sanitaire", indique Nancy Ferroni, la porte-parole de l’association. "À cela vient se rajouter maintenant la crise énergétique couplée à l’hiver. Ça va être très compliqué pour de nombreuses personnes.

En effet, la hausse des prix de l’énergie pourrait impacter la facture de certains ménages de près de 700 euros alertait, début octobre, la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz.

150 places d’accueil d’urgence supplémentaires au Samusocial

Du côté du Samusocial, le nombre de places a été augmenté tout au long de la crise sanitaire jusqu’à aujourd’hui. "Avant le covid, nous avions une capacité qui variait entre 450 et 550 places avant de démarrer l’hiver", signale Christophe Thielens, le porte-parole du dispositif bruxellois qui vient en aide aux plus défavorisés.

"Actuellement, nous sommes à 750 places. Nous allons ouvrir 150 places hivernales d’ici à la fin du mois de novembre. Cela nous permettra de monter précisément à 905 places. Mais nous voyons déjà maintenant que l’on ne pourra pas répondre à toutes les demandes, surtout celles des familles qui sont de plus en plus nombreuses dans la rue."

"C’est comme une bombe à retardement"

Le nombre de familles en rue ne cesse d’augmenter en Région bruxelloise. Ce constat est partagé par Bruss’help. L’organe qui coordonne l’aide aux sans-abri dans la capitale, à travers son directeur François Bertrand, évoque un double phénomène.

"D’abord, le phénomène sans-abri est en constante augmentation depuis plus de dix ans. Deuxièmement, nous commençons à percevoir les impacts de la crise du Covid. C’est comme une bombe à retardement sur les ménages les plus précaires. Effectivement, les acteurs de terrain nous font remonter un signal d’alarme fort pour cet hiver", déplore François Bertrand.

Le 19 novembre prochain, une grande réunion aura lieu entre les acteurs de terrain pour aborder le dispositif hivernal. Ils enverront ensuite un avis au gouvernement bruxellois. L’idée sera de voir s’il est nécessaire de créer des places d’accueil supplémentaires pendant cet hiver qui s’annonce, une nouvelle fois, très compliqué pour les publics défavorisés de la capitale.

Sur le même sujet: JT 09/02/2021

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