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Chroniques

Place à De Wever 1

Place à De Wever 1
10 oct. 2014 à 10:172 min
Par Philippe Walkowiak

Bart De Wever aura donc recyclé le bon vieil adage des années CVP : ce qui est bon pour la N-VA est bon pour la Flandre, et ce qui est bon pour la Flandre est bon pour la Belgique et pourrait même ajouter dans ce cas : ce qui est bon pour Anvers est bon pour tous !

Un programme très teinté N-VA

Saut d’index, retraite à 67 ans, mise au travail obligatoire des chômeurs sont les marqueurs du programme N-VA coulé dans l’accord de gouvernement. On passera sur la suppression d’allocations de chômage pour certains jeunes sans emploi, les enfants migrants à nouveau dans les centres fermés, etc…

Le MR souhaitait pourtant une vaste réforme fiscale…

Bart De Wever a emmené cette négociation là où il le souhaitait avec le programme qu’il ambitionnait.

Après les échecs politiques (malgré des succès électoraux) en 2007 et 2010, Bart De Wever a revu sa stratégie en même temps que sa silhouette. Il a laissé faire la 6ème réforme de l’Etat, qui allait de toute façon dans le sens voulu par les nationalistes, et même si l’équipe Di Rupo-Reynders nous promettait que c’est celle qui aller enrayer la N-VA.

Une stratégie

Bart De Wever s’est mué essentiellement en leader de droite populaire, là où il y avait un électorat à glaner.

Première étape : Anvers où il a pu renverser le bourgmestre Patrick Janssens, avec la complicité du CD&V et de l’Open VLD local, tenus pour de simples supplétifs.

Deuxième étape : la Flandre. Le pari était plus risqué. La possibilité d’alliance des trois partis traditionnels existait et d’ailleurs au soir des élections, ils étaient majoritaires au Parlement flamand. Mais le CD&V a fait le choix de la N-VA, large vainqueur. A partir de là, tout pouvait s’accélérer.

Troisième étape : le fédéral. Ce duo N-VA-CD&V précipitaient les alliances au sud du pays ce qui désespéraient le MR. Place pour une coalition à droite, sans le CDH finalement et donc avec l’Open VLD. Une même coalition flamande aux trois niveaux sous la férule des nationalistes. Bart De Wever ne devait plus qu’à finaliser sa coalition avec un imprévu, Charles Michel à la place de Kris Peeters. Le cap était maintenu. La N-VA imposait sa marque dans le programme de gouvernement, captait les portefeuilles ministériels convoités (Intérieur, Finances, Asile et Migration, Lutte contre la Fraude, …) et même la présidence de la Chambre. La N-VA s’installe au cœur du pouvoir.

Succès assuré

Ce triple tour de force laisse en plus, les mains libres à son initiateur qui reste le maître d’Anvers et de son parti. Il veillera à la bonne marche du gouvernement qu’il a lui-même initié.

Si cela fonctionne bien, il pourra toujours s’en glorifier et si cela échoue, il aura la preuve que définitivement ce pays ne peut décidément être réformé et qu’il vaut mieux passer au stade suivant et débrancher la prise.

Dans tous les cas de figure, le nom du gagnant est déjà connu. Bart De Wever est arrivé là où il le souhaitait. En attendant la suite…

 

Philippe Walkowiak

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