Pierre-Yves Jeholet : enseignement, culture, sports, Horeca… Il est maintenant temps d’assouplir, en prenant toutes les précautions

16 févr. 2021 à 08:23Temps de lecture3 min
Par Annick Merckx

"Il est l’heure d’assouplir". Assouplir, progressivement, prudemment, mais assouplir. Lors du prochain comité de concertation, prévu le 26 février, les politiques devront décider, en "écoutant les experts, en prenant des précautions". Mais les politiques, "doivent prendre leurs responsabilités, face au ras-le-bol, au manque d’adhésion de la population : il y a un problème de santé mental", de santé psychologique. Les dégâts collatéraux sont très importants", estime Pierre-Yves Jeholet.

Et le ministre-président de la Fédération Wallonie Bruxelles de préciser, interrogé ce matin par Rudy Hermans sur la Première que selon lui, en mars, les étudiants du supérieur devront retrouver le chemin des campus. "C’est indispensable non seulement pour leur apprentissage, mais surtout pour le lien social". Un retour qui doit se faire sans trop tarder, car il reste peu de temps aux étudiants avant les sessions d’examen. Pour le secondaire aussi Pierre-Yves Jeholet veut un retour en présentiel dès la 3e année du secondaire. Peut-être pas dès mars, mais en tout cas après Pâques.

Vaccination des enseignants : il y a eu mauvaise communication

"Les enseignants, ont fait un boulot remarquable, dans des conditions difficiles", note encore le ministre-président, revenant sur les tensions et l’incompréhension de ceux-ci de ne pas se voir repris dans les métiers "critiques" les plaçant en priorité pour la vaccination. Mais "il y a eu mauvaise communication : nous avons rencontré les enseignants avec la ministre de l’Education Caroline Désir et leur avons bien expliqué que nous plaiderons pour qu’ils soient dans le deuxième round des métiers à risques", après avoir pu vacciner, compte tenu des doses à disposition des personnes âgées et celles à pathologies à risques. "Et ils ont bien compris cela".

Et la culture ?

"On doit donner ce message au monde culturel : on doit pouvoir réorganiser quelques concerts, retourner au théâtre ou encore rouvrir les salles de cinéma avec des conditions très strictes. Vous savez, lors de la première vague, je ne suis pas convaincu que c’est nécessairement des endroits où les contaminations ont été les plus fortes". Et donc avec un encadrement, dans ce secteur aussi, il faut pouvoir assouplir. "Il ne faut pas que ce soit une course à l’échalote, on n e doit pas donner des dates précises aujourd’hui". Mais vendredi (le 26 ndlr), "j’attends du comité de concertation, et donc des experts, qu’ils viennent avec des feuilles de route qui donnent des perspectives à tous les secteurs".

Revenant sur le concert de Quentin Dujardin, le week-end dernier à Crupet, qui vaut aux organisateurs et participants des procès-verbaux pour avoir enfreint la loi, le ministre-président qui ne se dit "pas pour autant pour la désobéissance civile", souligne qu’il comprend et qu’il faut relativiser le fait de braver les interdictions de ce genre de manifestation : "tout comme pour l’Horeca, ce sont des manifestations de gens qui sont littéralement à bout"

On a été très restrictif

Et puis le sport, qui doit faire l’objet d’une évaluation après ces vacances de Carnaval pour les activités extrascolaires pour les moins de 13 ans et les plus de 13 ans : "On a été très restrictif, ce sont les experts qui l’ont voulu avec le ministre de la Santé, il faut les encourager davantage". Encourager certes mais souligne Pierre-Yves Jeholet, faire plus que débloquer 10 millions d’euros complémentaires alloués au secteur sportif, le budget étant déjà structurellement renforcé ce sera "difficile. Certains clubs sportifs en difficulté peuvent aussi être aidés par d’autres biais : il faut se mettre autour de la table".

Pour le secteur Horeca également, il est essentiel de donner des perspectives : pas question de tout faire en même temps, "j’ai peur de donner des dates", mais avec le retour du beau temps, ouvrir les terrasses serait une option pour ce secteur qui "souffre terriblement".


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Bref, le ministre-président de la Fédération Wallonie Bruxelles entend combiner prudence et réel assouplissement. "On ne s’est pas trompé dans les mesures prises : On a fait de l’éducation une priorité, dans d’autres pays on a fermé les écoles. Mais aujourd’hui, il est essentiel de prendre en compte la souffrance des gens et les nombreux effets collatéraux, économiques et psychologiques de cette crise".

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