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Pierre Locht et l’exemple de l’Union : "À nous et aux autres de titiller le FC Bruges dans les saisons à venir"

Dans la nouvelle organisation du Standard depuis son rachat par le groupe 777 Partners, Pierre Locht est devenu le CEO du club. Il est donc en charge de la gestion globale. Alors que les Rouches traversent une période compliquée depuis plusieurs saisons, le chantier est vaste. Pierre Locht est revenu, pour la RTBF, sur la situation du club à court et moyen terme au micro de Laurent Bruwier.

"Ramener le Standard là où il doit être"

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Les nouveaux propriétaires et la nouvelle structure impliquent quelques changements dans la gestion quotidienne du club : "Les décisions sont toujours prises suivant un processus particulier. Ce ne sont jamais les décisions d’un seul homme. Après les décisions de la gestion journalière, elles sont prises par le management du club. Donc, il y a un comité de direction autour de moi qui prend les décisions. Et puis, sur le volet sportif, là aussi, on a une cellule de scouting et on travaille pour le moment avec Johannes Spors de la Genoa, qui fait partie du groupe 777 qui est le groupe par lequel on a été racheté. Et à partir du mois d’août, ce sera Fergal Harkin notre nouveau directeur sportif."

Locht se montre plutôt optimiste quant à ces changements : "Beaucoup de choses ont changé. Bien sûr, le club a été racheté et est passé d’un modèle où notre actionnaire, unique ou pratiquement unique, qui était Bruno Venanzi était présent au quotidien au club et pouvait prendre toutes les décisions. Un modèle aujourd’hui où on fait partie d’un groupe de plusieurs clubs, donc c’est un nouveau projet, c’est une nouvelle manière de fonctionner. Ce sont des nouveaux processus de décision auxquels il faut s’habituer, mais qui comporte aussi pas mal d’avantages pour le futur du Standard."

D’un point de vue personnel, Pierre Locht est également satisfait : "C’est une grande responsabilité pour moi, un challenge exceptionnel quand on a été depuis onze ans dans le club. Quand on est supporter du club, forcément. C’est un magnifique challenge de pouvoir faire ça. Mais j’ai la chance de pouvoir compter sur des collaborateurs au sein du club qui sont là depuis très longtemps aussi, qui sont extrêmement motivés et très fidèles au club aussi. C’est vraiment ça aujourd’hui qui me rend confiant pour l’avenir c’est que je sais qu’aujourd’hui au club, il y a beaucoup d’expertise et il y a une énorme envie de faire les choses bien et de ramener le Standard là où il doit être."

"Rendre le noyau le plus compétitif possible d’ici la fin du mercato"

Il y a beaucoup de travail pour toute la nouvelle structure du Standard pour tenter de ramener un peu de stabilité : "Avant tout, l’objectif, c’est de renforcer le club. Il ne faut pas se voiler la face, on a quand même connu des derniers mois, voire des dernières années compliquées, tant au niveau sportif qu’au niveau financier. Et donc la priorité, c’est vraiment de renforcer le club parce qu’on a la conviction qu’une équipe performante ne peut se construire que sur un club solide. Donc, c’est ce qui est fait depuis plusieurs mois, depuis l’arrivée des nouveaux actionnaires. C’est de remettre en place une structure de management forte, de ramener un maximum d’expertise, de stabiliser la situation financière, d’amener un staff sportif le plus compétent possible. Sinon, tout ça a été fait durant les derniers mois et maintenant le focus est bien sûr sur le noyau de l’équipe première pour essayer de le rendre le plus compétitif possible d’ici la fin du mercato."

Le mercato du Standard va-t-il se jouer dans les dernières heures de celui-ci ? "On ne veut pas se précipiter. La priorité, c’est de prendre le plus possible les bonnes décisions, même si ce n’est pas toujours les plus rapides. Il faut que ce soit les bonnes. Donc c’est pour ça qu’on analyse les choses. On avance sur pas mal de pistes. Mais voilà, on veut essayer de maximiser vraiment les chances de prendre les bonnes décisions, d’amener les bons éléments. Il fallait aussi d’abord que l’entraîneur découvre le noyau qu’il a à sa disposition aujourd’hui et puisse nous rendre aussi son avis par rapport aux joueurs en place, par rapport aux éventuels besoins, etc. Tout ça est en cours ou ça avance et des joueurs arriveront avant la dernière semaine du mois d’août. Je vous rassure là-dessus mais c’est clair qu’on veut vraiment essayer d’affiner un maximum l’analyse avant de recruter."

Le nouveau coach, Ronny Deila, a une personnalité forte. Il a déjà posé des choix et c’est ce qui est attendu de lui. "Oui, je pense en tout cas qu’il y a quelque chose qui est en train de renaître au sein du groupe, ça, c’est sûr. On sent qu’il y a une nouvelle dynamique qui vient principalement aujourd’hui du coach et de son assistant. Après, on sait que ça ne changera pas du jour au lendemain et qu’il faut d’autres choses aussi. Il faut amener de nouveaux joueurs. Il faut encore que certains joueurs quittent le groupe aussi. Ça, c’est certain. Donc on sent qu’il y a un renouveau. Mais il ne faut pas croire que la seule arrivée du coach suffira à changer les choses. Donc on sait qu’il y a encore des actions à prendre, mais chaque chose en son temps et pour le moment, la préparation se passe bien et ça, c’est l’essentiel."

"À nous de titiller le FC Bruges cette saison et celles à venir"

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Pierre Locht a conscience qu’un fossé s’est creusé entre le FC Bruges et le reste des équipes de Pro League mais il pense malgré tout que l’on n’est pas à l’abri d’une surprise… Il espère même que le Standard pourra un peu embêter les Brugeois. "C’est la réalité aujourd’hui que Bruges, en ayant réussi à se qualifier pour la Ligue des champions plusieurs années d’affilée, ou en tout cas de manière très récurrente sur les cinq dernières années a créé un oui, on peut le dire, un fossé par rapport aux autres clubs belges sur pas mal d’aspects. Mais de nouveau rien n’est acquis. On l’a vu la saison dernière avec l’Union, tout peut se passer. C’est aussi pour ça qu’on aime le foot et c’est ça la magie du football. Donc à nous, avec les autres clubs aussi, d’aller titiller le FC Bruges lors de cette saison et des saisons à venir."

 

"Les jeunes font partie de la nouvelle dynamique que l’on veut créer"

Ces dernières années, le Standard a beaucoup utilisé les jeunes de son académie. En partie pour des raisons budgétaires. Les mêmes raisons qui ont poussé le club à vendre certains de ces jeunes. "Je pense qu’il y a deux choses par rapport à ça. D’abord, il y avait la situation financière du club, ce qui faisait tout simplement qu’il n’était pas en mesure de refuser des rentrées financières. On espère de nouveau pouvoir changer ça pour le futur. Après, ça ne se fera pas du jour au lendemain. Mais c’est quelque chose qu’on espère pouvoir changer et pouvoir ne pas être dans le besoin de vendre ces joueurs-là."

Mais le Standard n’est pas seul dans cette situation : "Et puis après, il y a la situation globale en Belgique. Je pense qu’on n’est pas le seul club à devoir céder les meilleurs jeunes. Ça fait partie du business model des clubs belges, en tout cas d’un club comme le Standard de Liège de donner sa chance aux jeunes. Et puis, à un certain moment, de devoir les vendre. Mais c’est toujours trop tôt. J’ai envie de dire pour un jeune qui performe après, parfois, il y en a aussi qui font la saison de trop. Donc c’est difficile de définir quel est le meilleur moment pour vendre. Mais c’est clair qu’on veut pouvoir dans l’avenir être en position de force au moment de recevoir des offres pour nos futurs jeunes."

Le nouveau CEO du Standard connaît bien les jeunes et l’académie du Standard puisqu’il a dirigé l’académie à partir de 2018. "Il y a de très bons jeunes qui sont là maintenant aux portes de l’équipe première, qui performent aujourd’hui lors de la préparation. Donc ces jeunes font partie, et le coach l’a vu aussi, de la nouvelle dynamique qu’on veut créer. Enfin, ils le montrent lors des matches de préparation, ils ont une énorme envie. Ils sont compétitifs, que ce soit au niveau physique et au niveau technique. Donc ce sera un élément à prendre en compte. Après, comme on le sait, si on veut qu’un jeune puisse s’épanouir et puisse performer dans un noyau, il doit être bien entouré. Et donc, à nous de nous assurer qu’il y a les éléments dans le noyau qui permettent aussi une éclosion optimale de ces jeunes."

"Le Standard est depuis plusieurs saisons, le club qui donne le plus de temps de jeu aux jeunes de son centre de formation. Et c’est quelque chose qu’on veut garder. Ça, c’est un élément important. Et puis après, il y a cette équipe SL16 FC qui constitue une opportunité extraordinaire pour tous nos jeunes parce que ça ouvre beaucoup plus de perspectives d’avoir ce que j’appellerais tout simplement un parcours normal. Parce que jusqu’à maintenant, ce qui leur était demandé était assez exceptionnel, c’est d’être compétitif à 18, voire maximum 19 ans. On ne pouvait pas attendre au-delà de cela parce qu’il y avait d’autres générations qui arrivaient et qu’on n’avait pas la possibilité de leur donner plus de temps. Aujourd’hui, avec les moins de 23 ans, on a le temps de pouvoir post former un jeune jusqu’à 21-22 ans et donc ils doivent vraiment saisir cette chance. Ils doivent se rendre compte de l’ampleur du challenge que constitue la compétition pour eux-mêmes. Mais c’est vraiment une belle opportunité pour eux de pouvoir construire leur carrière pas à pas."

"Le club se reconstruit, veut le faire le plus vite possible, mais sans brûler les étapes"

Quel objectif le Standard devra-t-il atteindre cette saison pour dire qu’elle est réussie ? "C’est difficile de fixer un objectif précis. Pour moi, le plus important, c’est de pouvoir dire en fin de saison que le club est plus fort qu’aujourd’hui à tous les niveaux. Donc bien sûr que les résultats de l’équipe première sont un élément essentiel et on sait que c’est surtout de ça que vivent nos supporters. Mais comme je l’ai dit, on doit aussi et avant tout pérenniser le club et le solidifier dans les différents départements. On doit travailler sur les différents projets de stades de développement encore de notre académie. Et puis voilà, on va voir aussi les résultats de l’équipe SL16 Football Campus, du football chez les dames, du futsal qu’on a lancé. Tout ça fait partie du sport aussi. Ça fait partie de la stratégie de diversification et de développement du club. Donc, il faut avoir une vue globale à la fin de la saison. Mais pour le moment, je me concentre sur les prochaines semaines qui sont très importantes."

Parce que malgré le fait que les vraies ambitions se concrétiseront plus sur le long terme, des améliorations et des changements sont attendus dès cette saison : "Comme je le dis, la principale préoccupation du club, c’est de rester et de combiner son projet qui est un projet de moyen-long terme. Mais les échéances à court terme sont là et on ne peut pas les nier. Donc on veut être prêt pour la reprise dès le 22 juillet. Et c’est à ça que le staff travaille et qu’on travaille au quotidien aujourd’hui, tout en sachant que le noyau ne sera pas le même que celui qui sera aligné à partir du mois de septembre. Donc on sait qu’il y aura encore du travail. C’est difficile de définir un objectif bien précis aujourd’hui parce qu’il ne faut pas brûler les étapes. Le club se reconstruit, veut le faire le plus vite possible, mais voilà, sans brûler les étapes. J’aime bien la métaphore du retour d’un joueur blessé. C’est un peu le cas du Standard. Il faut d’abord guérir, d’abord se remettre sur pied, puis après réapprendre à courir et ne pas vouloir aller trop vite pour éviter la rechute. Et nous voilà, on est en train de se mettre en ordre de marche et petit à petit, d’être capable de faire le meilleur choix, de se tromper le moins possible pour reconstruire le club sur les moyen et long termes."

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