Pierre Lemaître reçoit le Prix Goncourt pour "Au revoir là-haut"

Pierre Lemaître, 110ème prix Goncourt pour "Au revoir là-haut"

© AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

04 nov. 2013 à 07:45 - mise à jour 04 nov. 2013 à 12:01Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien

Publié chez Albin Michel, "Au revoir là-haut" met en scène des "survivants" de la Grande Guerre, entre 1918 et 1920. Un roman que d'aucun qualifient de "jubilatoire" et de "populaire". On suit les destins de deux hommes, Albert et Edouard, des "gueules cassées" devenus escrocs, dans cette France qui se relève et qui hésite entre commémorations et désirs d'avenir. L'auteur, Pierre Lemaître est issu de l'école du polar. Son sens de l'intrique et du rebondissement ont manifestement séduit les jurés du célèbre prix littéraire.

Deux frères

Ce prix est né de la volonté de deux frères, Edmond et Jules Goncourt. Ils écrivaient ensemble des romans naturalistes à la fin du XIXème siècle. Le plus jeune, Jules Goncourt décède en 1870, et son aîné, Edmond poursuit leur œuvre et décide de mettre en place un testament, car il veut penser à la postérité. A sa mort, sa fortune servira à récompenser des jeunes auteurs, et à salarier un jury composé de personnes proches du monde littéraire.

Ce prix démarre donc en 1903, et devient très vite populaire. Et même si la cagnotte se vide très rapidement, les livres des lauréats se vendent comme des petits pains. Intéressés, les éditeurs vont très rapidement inscrire leurs poulains dans la liste des prix.

Aujourd’hui, le lauréat du Goncourt reçoit 10 euros symboliques, mais on sait à quel point un livre primé peut rapporter à l’éditeur. Ce prix prolonge la vie d’un roman. On sait bien qu’au bout d’un ou deux mois, à Paris en tout cas, les livres vont au pilon. Sils n’ont pas de gros succès, les livres se perdent. Ce n’est pas tellement le cas chez nous, la durée de vie d’un livre peut durer plus d’un an. Nous avons des réseaux de bibliothèques, et de cercles de lecture assez importants.

Etiquette

On parle beaucoup de gros sous et l’Académie Goncourt a tenté de changer cette étiquette qui lui collait à la peau : gratifier un ouvrage littéraire plutôt qu’une maison d’édition. Avec les nouveaux membres du jury, de vrais lecteurs- pensons à Bernard Pivot, à Pierre Assouline, à Tahar Ben Jelloun- les choix s'orientent plutôt sur la qualité du style, et n’ont plus envie de "contenter une maison d’édition". On sent ce changement: rappelez-vous Atiq Rahimi, jeune auteur afghan, qui avait fait l’unanimité avec son premier livre écrit en français en 2008 : "Syngué sabour" ("Pierre de patience ") avait été élu à l’unanimité. Personne ne connaissait cet écrivain, personne. Là on peut penser qu’il y a eu un vrai changement.

T.N. avec Nicole Debarre

Marianne Klaric en direct de la remise du prix Goncourt

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