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Philippe Henry (Ecolo) à Jeudi en Prime : en Wallonie, "il y a trop de voitures et on les utilise trop"

Jeudi en Prime

Philippe Henry - Vice-président Ecolo du gouvernement wallon, Ministre du climat, de l'Energie, de la Mobilité et des Infrastructures

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Philippe Henry, le vice-président Ecolo du gouvernement wallon, ministre du Climat, de l’Energie, de la Mobilité et des Infrastructures était l’invité de l’émission Jeudi en Prime, sur la Une. Il est revenu sur les nouveaux tarifs des bus TEC pour les 18-25 ans et les seniors, sur la réforme de la fiscalité automobile, sur l’installation des bornes de recharge pour véhicules électriques et sur le développement d’infrastructures en faveur du vélo en Région wallonne.

Les bus TEC à 12 € par an : cibler les jeunes qui seraient tentés d’acheter une voiture

Initialement prévu pour septembre 2023, le gouvernement wallon a avancé à cette année une mesure de gratuité ciblée des transports en commun. 12 euros par an pour emprunter les bus TEC, c’est ce que paieront les jeunes de 18 à 24 ans inclus, les seniors et les BIM (bénéficiaires de l’intervention majorée). "C’était prévu dans notre accord de gouvernement", confirme Philippe Henry, le vice-président Ecolo du gouvernement wallon. Mesure sociale, particulièrement pour les seniors et les BIM, c’est mesure de quasi-gratuité des transports en commun cible les jeunes dans un but précis. C’est "pour favoriser l’usage du transport en commun quand on commence dans la vie active, notamment quand on va chercher un travail, quand on va peut-être devoir choisir ou non d’avoir une voiture", explique Philippe Henry, parce que ces jeunes sont au moment de faire "un vrai choix de mobilité pour toute la vie".

En revanche, pour ceux qui ont plus de 25 ans et sont déjà dans la vie active, il n’est pas prévu à ce stade d’abaisser au même niveau les tarifs des transports en commun wallons. "C’est vrai qu’on n’est pas dans une gratuité générale immédiate qui n’était pas prévue dans l’accord de gouvernement et qui représente des budgets encore plus importants", reconnaît le ministre. Toutefois, "cela va avoir des répercussions pour les familles puisque les jeunes étudiants, par exemple, ne devront plus payer leurs transports en commun", précise-t-il.

La nouvelle fiscalité automobile wallonne : privilégier les véhicules légers et émettant moins de CO2

Autre dossier sur la table du gouvernement wallon, celui de la réforme de la fiscalité automobile. Cette réforme n’est toujours pas bouclée. "C’est un dossier difficile", reconnaît le ministre Henry.

Le ministre confirme le cap visé par le gouvernement wallon : "favoriser les voitures les moins lourdes et les moins polluantes en matière de CO2 à fiscalité globale inchangée""Il ne s’agit pas de faire plus de recettes, il s’agit de favoriser certains véhicules par rapport à d’autres et on ne va le faire que pour les nouvelles immatriculations", ajoute Philippe Henry.

Pourquoi cette réforme dont on parle depuis des mois n’est-elle pas encore ficelée ? Visiblement car l’ensemble des partenaires de la majorité wallonne font valoir leurs préoccupations. "Par exemple, faire en sorte que les familles ne subissent pas particulièrement une difficulté quand on a besoin de véhicules plus importants, de véhicules familiaux", explique Philippe Henry. Ou encore bien vérifier que budgétairement, cela ne dérapera pas.

Ce dossier devrait être prochainement finalisé, selon le ministre.

Les véhicules électriques, plus lourd, seront-ils plus taxés ?

Plus chers à l’achat, les véhicules électriques sont aussi plus lourds, en raison du poids de leurs batteries. La future nouvelle fiscalité automobile wallonne qui favorisera les véhicules légers par rapport aux plus lourds ne risquera-t-elle pas de faire payer plus les propriétaires de voitures électriques ?

La nouvelle fiscalité automobile wallonne "ne concernera que les nouvelles immatriculations", précise le ministre Henry. Mais, ajoute-t-il, "évidemment qu’on va favoriser les véhicules électriques les moins lourds, les plus légers par rapport aux véhicules électriques les plus importants".

Reste que pour le ministre, "on doit favoriser le passage vers l’électrification" tout en se disant "qu’on ne va pas pouvoir systématiquement remplacer à terme une voiture par une voiture".

L’optique suivie est donc celle d’une réduction du parc automobile wallon. Pour le ministre, il faut "faire en sorte de mieux utiliser les voitures très souvent parquées à un endroit et très peu utilisées sur leur temps de vie" car "on peut mieux partager les véhicules". Il faut, dit le ministre, "aussi faire en sorte qu’on utilise moins la voiture parce qu’on va combiner avec le transport en commun et avec le vélo".

La nouvelle fiscalité automobile wallonne devrait rapporter les mêmes recettes au budget wallon. Cependant, les changements de critères de taxation automobile impacteront les automobilistes différemment. "Il y en a aussi beaucoup qui paieront moins cher", prédit le ministre. "Quand vous changerez de voiture, vous pourrez choisir votre véhicule en fonction de la nouvelle taxation", explique Philippe Henry, et "choisir dans toutes les catégories de véhicules". "Cela va orienter le marché de la voiture vers les véhicules plus propres", ajoute le ministre.

Quand on demande à Philippe Henry si cette nouvelle fiscalité automobile ne risque pas de défavoriser les plus démunis, alors que les véhicules électriques sont plus coûteux à l’achat et que d’ici 2035 l’Europe veut passer au "tout électrique", il se veut rassurant, expliquant qu’aujourd’hui il y a une plus grande variété de véhicules électriques qu’il y a cinq ans. "Cela reste plus cher, mais il y a des plus petits véhicules, les prix deviennent plus accessibles et cela va encore évoluer", rassure le ministre Henry.

Et d’ici 2035, "on n’est pas dans une obligation d’acheter un véhicule électrique. Cela reste un choix des personnes", ajoute le ministre Henry.

Le réseau de bornes de recharge est insuffisant

Récemment, les Engagés (ex-cdH) ont stigmatisé le retard de la Région Wallonne dans le déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques. "Nous devons déployer les systèmes de bornes de recharge", concède le ministre Ecolo. "C’est en cours, nous avons des budgets dans le cadre du plan de relance de la Wallonie pour soutenir les communes pour le déploiement de bornes électriques", explique le ministre wallon. Une cartographie a été réalisée pour identifier les "bons endroits" où installer ces bornes. Les communes seront subventionnées à partir de l’automne pour l’installation de bornes, confirme le ministre. Du côté des autoroutes wallonnes, un plan de développement des bornes de recharge existe aussi.

Les Wallons feront plus de vélo !

La mobilité wallonne passera par le vélo. C’est en tout cas la direction que souhaite prendre la majorité. L’essor des vélos électriques devrait permettre de surmonter de manière moins compliquée qu’avant les obstacles du relief wallon et des plus grandes distances à parcourir.

Le gouvernement a donc prévu de développer les infrastructures pour les vélos, tel que des corridors pour les vélos ou des voiries qui leur seront réservées. On veut aussi "miser sur l’intermodalité", explique le ministre Henry. "On peut clairement dans les villes ou dans les courtes distances avoir vraiment des déplacements quotidiens à vélo très très importants", avance le ministre wallon de la Mobilité. "Si on est plus en milieu rural ou dans des trajets plus longs, on peut par exemple rejoindre une gare à vélo et y laisser son vélo ou rejoindre un arrêt de bus à vélo", ajoute Philippe Henry. "Nous avons des investissements massifs qui sont prévus pour le vélo", poursuit-il.

Le but est-il de bannir la voiture en Wallonie ? "Pas bannir, mais il y a trop de voitures et on les utilise trop", réagit le ministre wallon Henry. De quoi, à ses yeux, justifier "des subsides aux communes pour le déploiement cyclable, les corridors vélos, les cyclostrades pour les longs déplacements et les investissements massifs pour les transports en commun qui vont permettre cette véritable alternative", conclut Philippe Henry, le vice-président Ecolo du gouvernement wallon, ministre du Climat, de l’Energie, de la Mobilité et des Infrastructures.

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