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Personne ne veut de la suppression de l'avantage fiscal de l'épargne-pension

Suppression de l'avantage fiscal lié à l'épargne-pension: "Pas question!" pour Bruno Tobback

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14 janv. 2014 à 09:59 - mise à jour 14 janv. 2014 à 14:45Temps de lecture3 min
Par Belga News

Selon Rudy De Leeuw, le débat ne doit pas porter sur l'âge de la pension mais sur la manière d'augmenter le montant de la pension légale. Pour la FGTB, tous les pensionnés doivent avoir droit à une pension légale atteignant 75% de leur dernier salaire alors qu'à l'heure actuelle, le montant tourne plutôt autour de 60% de la dernière rémunération. La suppression de l'avantage fiscal sur l'épargne-pension rapporterait 700 millions d'euros en rentrées fiscales supplémentaires, a précisé le président du syndicat socialiste qui plaide également pour une hausse des cotisations sociales afin de financer l'augmentation des pensions légales.

Le président du sp.a, Bruno Tobback, a rapidement réagi mardi, indiquant qu'il n'est "pas question" de supprimer l'avantage fiscal lié à l'épargne-pension. "Nous voulons renforcer le premier pilier des pensions en maintenant les gens au travail assez longtemps, ce qui constitue une économie et des revenus complémentaires en même temps", a déclaré le président du sp.a, Bruno Tobback, selon qui la suppression de l'avantage fiscal ne suffirait de toute façon pas à financer l'augmentation des pensions légales.

Même son de cloche au PS, qui se prononce pour le maintien de l'avantage fiscal lié à l'épargne-pension, tout en réaffirmant être un "défenseur acharné" de la pension publique (premier pilier), "la seule qui assure la solidarité". "La priorité pour le PS, c'est de continuer à augmenter le montant de la pension publique, et plus particulièrement les pensions minimum et les pensions les plus basses. Au-delà, on peut comprendre que certaines personnes essaient d'épargner en vue de leur pension. Pour le PS, il n'est pas question de les pénaliser: il faut maintenir l'avantage fiscal lié à l'épargne-pension ", déclare le président du PS, Paul Magnette.

"Mauvaise proposition"

Le ministre des Pension, Alexander De Croo (Open Vld), considère que la proposition du président de la FGTB est une "mauvaise proposition" et estime qu'"il ne faut pas supprimer quelque chose qui fonctionne bien". "Grâce à l'avantage fiscal, quelque 2,7 millions de personnes ont recours à l'épargne-pension. Celui qui épargne toute sa vie via le troisième pilier peut relever d'environ 5% le taux de remplacement. Si l'on supprime cet avantage fiscal, plus personne n'utilisera l'épargne-pension. Les dégâts qui seraient faits seraient plus grands que les bénéfices", juge Alexander De Croo.

Du côté des partenaires sociaux, la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) qualifie la proposition "d'incompréhensible" alors que les pensions légales représenteront une charge très élevée en Belgique d'ici 2060: +5,6% du PIB alors que la moyenne est de +1,5% du PIB pour les 27 autres Etats membres de l'UE. La FEB demande en outre de s'écarter du "mythe des pensions basses". "Notre pension minimum a subi, en plus de l'indexation automatique, de nombreuses augmentations pour effectuer un rattrapage par rapport au bien-être général. En 2014, nous sommes le pays à offrir la pension minimum la plus élevée après le Luxembourg; le montant est de 13.480 euros par an au taux isolé, alors qu'en France, il n'est que de 7.548 euros", souligne l'organisation patronale.

Pour l'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, un système qui repose sur trois piliers et combine répartition et capitalisation "résiste mieux aux chocs économiques et sociaux". "Les gens connaissent le système et ont confiance en lui. Il serait irresponsable de le remettre en question aujourd'hui et de susciter une crise de confiance à l'égard d'un système qui est bien intégré et apprécié", conclut-il.

Le syndicat libéral déclare de son côté "croire à l'efficacité des trois piliers de pension". "Le montant des pensions légales en Belgique place notre pays en queue de peloton en Europe. Beaucoup de pensionnés sont proches du seuil de pauvreté et plus d'un sur cinq se situe même en-dessous. Le syndicat libéral veut une augmentation des pensions légales, mais pas aux frais des personnes qui travaillent. L'épargne-pension doit continuer à être encouragée par des mesures fiscales", a réagi la CGSLB.

L'Union des indépendants flamands Unizo et le syndicat neutre pour indépendants (SNI) se sont également prononcés contre la proposition du président de la FGTB, le SNI rappelant que près de la moitié des indépendants à titre principal épargnent pour leur pension. "Que les indépendants construisent des réserves pour compléter leur pension n'est d'ailleurs pas surprenante vu que la pension moyenne d'un indépendant est de 787 euros", souligne le SNI.

Belga

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