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Perfectionnisme : quand le mieux devient l’ennemi du bien

Compulsive Obsessive Disorder

Le perfectionnisme a un coût souvent élevé , il provoque burn-out, syndrome de l’imposteur ou encore de la procrastination. Alors il est temps de s’assumer en étant imparfait. Voyons comment grâce au Dr Caroline, psychiatre référente dans l'émission "La Grande Forme".

D’où vient le perfectionnisme?

Le perfectionniste se comporte comme si la perfection pouvait et devait être atteinte. Il s’impose des standards d’excellence extrêmement difficiles voire impossibles à atteindre.

Le point de départ est souvent une faible estime de soi, pour compenser cela, on a tendance à vouloir être parfait !

L’origine est aussi souvent familiale, on parle d’origine phylogénétique, et se transmet de génération en génération. Des parents autoritaires et avec de hautes exigeantes contribuent au développement du perfectionnisme chez l’enfant.

Mais il y aurait aussi une origine évolutionniste ; chez nos ancêtres - les hommes des cavernes - être perfectionniste amenait à faire des outils plus précis et mieux taillés par exemple, ce qui augmentait leur chance de survie.

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Deux types de perfectionnisme

  • Les "perfectionnistes adaptés"

Pour certains, tendre à un certain perfectionnisme peut les satisfaire voire les rendre heureux, ils aiment l’effort dégagé pour faire au mieux. Ce sont les "perfectionnistes adaptés".

Pour d’autres par contre, le perfectionnisme devient toxique et déploie ses effets pervers puisqu’ils ont le sentiment de ne jamais faire assez bien par rapport à la hauteur de leurs exigences. Ce sont les "perfectionnistes inadaptés".

Ils sont donc d’une part dans l’anxiété anticipatoire, ils sont très anxieux avant de commencer une tâche, de peur qu’elle ne soit pas menée parfaitement, ce qui peut provoquer de la procrastination. D’autre part, ils sont également alors dans une insatisfaction permanente, quelle que soit l’excellence des résultats obtenus, ils verront toujours la faille, ce qu’ils n’ont pas fait parfaitement, la mini-erreur invisible aux autres.

Quand le perfectionnisme est adapté, il peut révéler des aspects positifs: il donne l’énergie et la motivation nécessaires pour parvenir à de grandes réalisations et à surmonter les obstacles. Il est très utile dans les domaines qui demandent une grande précision, comme la recherche scientifique. On voit d’ailleurs que les perfectionnistes adaptés présentent des niveaux de procrastination plus faibles que les non-perfectionnistes.

  • Les perfectionnistes inadaptés

Quand le perfectionnisme est inadapté, par contre, il peut être source de grandes souffrances par celui qui en est atteint : la personne est un bourreau de travail et est particulièrement sensible au burn-out. Mais elle se perd parfois dans les détails, ne sait pas définir les priorités, du coup elle perd beaucoup de temps et est finalement peu productive.

Elle peut se faire des reproches durant des jours pour la moindre erreur. Elle est tellement désireuse de trouver le partenaire parfait qu'elle n'établit jamais de relation durable. Elle peut, comme on l’a déjà dit procrastiner, ainsi que développer des troubles anxieux. Souvent, elle a aussi tendance à être exceptionnellement sensible aux reproches (qui viennent révéler son imperfection et l’échec supposé de ses tactiques pour se montrer irréprochable)

Enfin, les perfectionnistes inadaptés ont souvent une faible estime d’eux-mêmes et vivent un fort syndrome de l’imposteur.

Perfectionnisme : quand le mieux devient l’ennemi du bien

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Comment sortir du perfectionnisme pathologique ?

Cela passe par remettre un peu de souplesse et de flexibilité dans tout le système de pensée.

Ok pour se mettre des exigences élevées, mais pas à tel point que ces exigences en deviennent impossibles. Il s’agit donc d’être plus réaliste et flexible dans l’établissement de ses objectifs.

  • On peut également être attentif à remettre des priorités et savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire.
  • Se rendre compte que la valeur propre de quelqu’un ne dépend pas de la perfection avec laquelle il réalise toutes ses tâches. Penser à votre meilleur ami, ou à un parent proche, qu’aimez-vous chez lui? Qu’il soit lisse, irréprochable, parfait? Non! Souvent ce sont aussi nos imperfections, nos petits défauts qui nous rendent attachant à l’autre.
  • Sortir du mode de pensée "tout ou rien" : si mon travail n’est pas parfait, alors il ne vaut rien.

Chaque accomplissement engendre son lot de surprises positives et négatives. Il est important de remettre de la nuance dans la façon dont on se perçoit, entre la réussite totale (100%) et l’échec total (0%) il y a 98 autres possibilités et même un échec donne des informations pour permettre une réussite future.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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