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Diables Rouges

Pays-Bas-Belgique : Le jour où la Belgique a marqué l’histoire à Rotterdam

Hugo Broos avait 33 ans quand Guy Thijs l'a rappelé pour ce match décisif.

Le 20 novembre 1985, dans un froid polaire, au cœur du Kuip de Rotterdam, l’antre du grand Feyenoord, les Diables Rouges se sont qualifiés pour la Coupe du Monde 1986. On se souvient tous du but historique de Georges Grün. Mais qui se souvient d’un autre coup de génie tenté et réussi par le coach Guy Thijs ? Le retour en sélection d’un certain Hugo Broos pour cadenasser Peter Houtman, l’une des vedettes de la sélection néerlandaise ?

Hugo Broos, ce match était aussi pour vous une sorte de renaissance finalement ?

" Oui, je n’avais plus été sélectionné depuis 7 ans en équipe nationale. Je crois que ma dernière apparition remontait à la saison 1978/79. J’avais ensuite été victime d’une blessure au dos qui m’avait écarté des terrains toute une saison. Et Guy Thijs avait trouvé un équilibre derrière notamment avec Millecamps… Cette équipe avait terminé deuxième de l’Euro 1980. Il n’y avait aucune raison de changer. "

Vous revenez donc en 1985 mais pour le match retour. Après la victoire 1-0 des Diables à l’aller, quelle a été la motivation de Guy Thijs à vous rappeler pour ce déplacement à Rotterdam ?

" En fait, il avait peur de l’attaquant des Pays-Bas. Peter Houtman qui était très fort de la tête. Donc il m’a rappelé pour le contrer. En première mi-temps, nous avions eu les meilleures occasions. Si c’est 0-2 pour nous à la pause, il n’y a rien à dire. Après la pause, ils ont marqué très rapidement deux buts. Et sur un terrain gelé c’était devenu compliqué pour nous. "

Le terrain et le public hostile aussi. Cinquante-quatre mille supporters c’est chaud quand même… Non ?

" Oui et c’est pour cela aussi que Guy Thijs m’a rappelé… J’avais de l’expérience du haut de mes 33 ans. Et je jouais à Bruges. J’étais habitué à jouer ce type de match. "

Et puis en face il y avait quelques vedettes… Gullit, Rijkaard… Cette génération ratera ce soir-là sa 2e Coupe du Monde de suite…

" Oui, ils disposaient de très bons joueurs… Nous étions les outsiders. Mais la motivation pour ce match était dingue. Nous avions gagné le match " aller ". Il y a toujours eu ce sentiment chez eux qu’ils nous étaient supérieurs. C’était un derby. Mais avec une dimension supplémentaire : l’enjeu d’une qualification pour la prochaine Coupe du Monde. "

Justement Hugo, cette qualification, c’est aussi le fruit d’un incroyable concours de circonstances. C’est parce que Léo Benhakker lance van Loen, que Grün monte… Et marque le but de la qualification.

" Oui. Quand un entraîneur fait bien les choses, il est le meilleur du monde. Je dis ça pour Benhakker. Pour le même prix, il effectue ce changement et le score reste à 2-0. Un entraîneur ne prend jamais, de base, une mauvaise décision. C’est ce qui se passe après qui détermine si cette décision est bonne ou mauvaise. Une chose est sûre, après la montée de van Loen, nous avions dominé. Les Pays-Bas n’osaient plus sortir de leurs 16 mètres… Quand Grün a marqué, le match était quasi fini. "

 

Le résumé de Pays-Bas-Belgique (2-1), 20 novembre 1985 (F. Baudoncq)

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