Coronavirus

Paxlovid, le premier médicament contre le Covid-19 autorisé en Europe, disponible en Belgique

Par Céline Biourge

Depuis vendredi dernier, le Paxlovid, commercialisé par la société pharmaceutique américaine Pfizer, est disponible en Belgique. C’est le premier médicament antiviral, pris par voie orale, autorisé par l’Agence européenne du médicament (EMA). Une autorisation qui reste toutefois conditionnelle puisque l’étude clinique n’est pas encore tout à fait terminée. Des incertitudes subsistent notamment concernant l’utilisation de ce médicament chez les personnes âgées et celles avec comorbidités. Mais l’EMA a estimé que "les bénéfices du Paxlovid sont supérieurs à ses risques".

Qu’est-ce que le Paxlovid et quelle est son efficacité ?

"Le Paxlovid est une combinaison de deux antiviraux qui permet de réduire de façon assez substantielle, puisque l’on parle d’une réduction de près de 90%, le risque d’hospitalisation et de mortalité de personnes affectées par le Covid-19 et qui sont à haut risque d’évoluer vers une forme sévère de la maladie", nous explique Dominique Robertfroid, médecin épidémiologiste au centre fédéral d’expertise des soins de santé.

Autrement dit, "ce traitement est très efficace pour prévenir l’évolution vers les formes graves, mais aussi il va prévenir la transmission d’un individu à l’autre ; et ceux qui sont traités vont moins transmettre le virus. Il l’empêche de se multiplier très rapidement", précise Michel Goldman, immunologiste à l’ULB.

Qui peut en bénéficier ?

Ce médicament est indiqué pour le traitement des adultes atteints du Covid-19, ne nécessitant pas de supplémentation en oxygène et présentant un risque accru d’évolution vers une forme grave de la maladie.

Pour l’instant, "les autorités sanitaires ont décidé de restreindre ce médicament aux patients immunodéprimés sévères, c’est-à-dire à celles et ceux qui en raison d’une maladie ou d’un traitement ne répondent pas à la vaccination, simplement parce que leur système immunitaire ne répond pas aux vaccins", souligne Michel Goldman.

Cela concerne notamment les personnes atteintes de cancers graves, des patients porteurs de greffe d’organe et des patients qui prennent des traitements très puissants pour contrôler des maladies inflammatoires.

"Ces patients-là sont aujourd’hui très exposés au virus. Il n’y a pas aujourd’hui de moyens de les protéger, si ce n’est les mesures barrières qui sont de moins en moins respectées…", rappelle l’immunologiste.

Un médicament à prendre dès l’apparition des symptômes

Pour être efficace, le Paxlovid doit être administré au plus tôt et au maximum dans les cinq jours suivant le début des symptômes. La dose recommandée est de trois comprimés à avaler simultanément deux fois par jour pendant cinq jours.

Quels sont les effets indésirables ?

Les effets indésirables les plus couramment observés (qui peuvent toucher moins d’une personne sur 10) sont la dysgueusie (troubles du goût), la diarrhée, les maux de tête et les vomissements.

Précisons que ce médicament est contre-indiqué chez les personnes avec une insuffisance hépatique sévère ou une insuffisance rénale sévère. Il présente également un risque important d'interactions médicamenteuses avec d'autres traitements.

Quelle(s) différence(s) avec les anticorps monoclonaux ?

"Le mode d’action est complètement différent", selon Michel Goldman, "les anticorps monoclonaux vont empêcher le virus de rentrer dans nos cellules, alors que les médicaments chimiques, antiviraux, ont une action directe sur le virus : ils l’empêchent de survivre et vont donc être très actifs pour bloquer sa transmission et le risque que la personne infectée transmette ce virus. Aussi ces médicaments chimiques sont beaucoup moins sensibles à l’évolution des variants".

Précisons qu’aujourd’hui, les monoclonaux sont devenus, majoritairement, inefficaces face au sous-variant d’Omicron, le BA.2. De plus, ils nécessitent une prise en charge hospitalière, ce qui n’est pas le cas pour le traitement par voie orale de Pfizer.

Ce médicament peut-il remplacer à moyen ou long terme la vaccination ?

Non, le Paxlovid ne remplacera "certainement pas la vaccination qui reste l’outil principal pour combattre la pandémie", affirme Michel Goldman.

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