Pauline Manos, représentante belge des Démocrates de l'étranger : "Trois ans de présidence Trump pleine de haine et racisme"

Pauline Manos, présidente belge de "Democrats Abroad", la structure du Parti démocrate qui représente les six millions d’Américains qui votent depuis l’étranger.

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05 juin 2020 à 06:15 - mise à jour 05 juin 2020 à 06:54Temps de lecture3 min
Par RTBF

Les Etats-Unis sont secoués par une vague de protestation sans précédent depuis la mort de George Floyd. Des milliers de personnes manifestent contre le racisme et les violences policières. De quoi secouer également la campagne pour l’élection présidentielle de novembre prochain.

Mais comment les Américains de l’étranger vivent-ils ces événements ? Pour Pauline Manos, présidente belge de "Democrats Abroad", la structure du Parti démocrate qui représente les six millions d’Américains qui votent depuis l’étranger et invitée de la matinale de la Première ce vendredi, les Etats-Unis sont à un "tournant" après cet "énième meurtre", "après trois ans de présidence Trump pleine de haine et de racisme".

Un système raciste endémique

Elle rappelle que la population noire-américaine, outre par le racisme, a été particulièrement touchée par la crise du coronavirus, par la crise économique… Il faut que "les Blancs se voient dans le miroir" car il y a, selon elle, un "système raciste endémique" auquel la population blanche américaine doit se confronter, appuyée par des données statistiques. "Si on voit le pourcentage de noirs dans les prisons, le taux de chômage, c’est honteux ! C’est à nous à voter."

Il faut être antiraciste

"Avec toute la haine que la présidence Trump a provoquée, c’est plus fort" aujourd’hui estime la représentante démocrate. "Il y a un système raciste dont on ne peut pas se rendre compte. Nous devons faire écouter notre voix. La majorité de la population (américaine) n’est pas raciste" Mais, "ça ne suffit pas, il faut être antiraciste."

D’après Pauline Manos, le rêve américain, "ce n’est pas pour tout le monde", aujourd’hui, aux Etats-Unis. Evidemment, pour changer les choses, elle plaide pour le mouvement qu’elle représente. Les Démocrates ne sont pas "impuissants" mais il faut "convaincre les personnes qu’il y a des politiques qui peuvent aider. Et ces politiques viennent du Parti démocrate et pas du Parti Républicain" qui n’aide pas "ces communautés défavorisées".

Important de faire sortir toute cette majorité silencieuse

Donald Trump compte une base électorale forte, large. Ces derniers jours, son discours a été fort, il porte sur le rétablissement de la loi et de l’ordre (Law an order). "Il joue sur la peur d’une minorité blanche qui voit que la vie ne va pas bien pour eux aussi" et s’inspire de "Richard Nixon" (NDLR président de 1969 à 1974), estime l’invitée de la Matinale.

"Il a une forte base de supporters, on voit les sondages. Ses supporters n’ont pas changé malgré la crise du coronavirus. Il est important pour nous de faire sortir toute cette majorité silencieuse. C’est une partie de la société américaine démocrate. Ils veulent changer. Par le passé, ils n’ont pas pensé que leur vote comptait. Nous avons un taux de participation autour de 50 ou 60%. Mais au niveau local, cela peut être de 30%."

20.000 Américains en Belgique : marge de victoire ?

Pauline Manos dit d’ailleurs regretter le faible taux de participation des Américains de l’étranger à l’élection présidentielle américaine. "La marge de différence lors des élections se joue dans trois Etats : le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin avec 50.000 à 100.000 votes sur une population de 300.000. Ici en Belgique, on estime qu’il y a 20.000 Américains. Cela peut représenter une marge de victoire."

Pour Pauline Manos, il faut écouter la voix de cette Amérique de l’étranger. "Trop souvent, on écoute les voix blanches. Aujourd’hui, j’ai une obligation d’écouter les voix noires […] même ici en Belgique, en Europe, en Amérique latine. Ce n’est pas seulement un problème américain."

La majorité des manifestations sont tranquilles

 

Ces voix s’expriment au travers de manifestations. Ici en Belgique, cette expression a pris pour cible le Roi Léopold II et son rôle lors de la colonisation au Congo. "Le vandalisme, ce n’est pas la manière idéale de s’exprimer. Nous avons encore des statues de la Guerre civile aux Etats-Unis." Quant aux manifestations qui dérapent dans son pays, "franchement, la majorité des manifestations sont tranquilles. Mais on voit des images violentes, de gens frustrés… Mais nous sommes une société qui veut l’équilibre. La majorité de la population a voté pour une vision démocrate et pas républicaine."

Pour rappel, en 2016, Hillary Clinton a remporté plus de voix, mais le système électoral américain a donné la victoire à Donald Trump dont Pauline Manos espère "la chute" en novembre prochain.