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Politique

Paul Magnette (PS) sur les propos de Conner Rousseau (Vooruit) : "Il faut arrêter ce Brussels bashing !"

Paul Magnette ce 28 avril, Conner Rousseau, le président de Vooruit (socialistes flamands) et vue de Molenbeek.

Le président du PS était l’invité de Thomas Gadisseux et de François Heureux ce jeudi dans "Matin Première". Ils sont revenus entre autres tous les trois sur les propos de Conner Rousseau à propos de Molenbeek, sur la rupture du cordon sanitaire par Georges-Louis Bouchez, sur la TVA sur l’énergie ou encore la taxation des hauts salaires.

L'invité de Matin Première: Paul Magnette, président du PS

La Belgique et la Wallonie face aux crises

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"Une commune formidable"

" La provocation, je la trouve inutile, vexante et inacceptable ". Le président des socialistes francophones n’a pas apprécié du tout la sortie récente de son homologue néerlandophone sur Molenbeek-Saint-Jean. "C’est totalement déplacé" selon Paul Magnette, qui explique "son ambition (à Conner Rousseau, ndlr) c’est de dire : "il faut renforcer les investissements dans l’enseignement, l’apprentissage du français, du néerlandais pour tout le monde… Evidemment, ça, on le partage". Et de défendre le parcours d’intégration. Mais le socialiste de fustiger avec véhémence les propos tenus par le jeune président de Vooruit. "C’est une commune extraordinaire. Il y a une vie sociale, une ville associative, une vie culturelle formidable ! Allez voir ! C’est une commune modèle à maints égards, il y a des contrats de quartiers qui sont en train de remodeler complètement certains quartiers. Ça bouge énormément !" Et d’exhorter "Il faut vraiment arrêter ce Brussels bashing ! Il faut arrêter de faire de Molenbeek une espèce de bouc émissaire facile, et je regrette vraiment très très (très) profondément la polémique créée par mon collègue Conner Rousseau". Il ajoute ensuite "je le lui ai dit et je l’ai dit publiquement".

Chasse au Vlaams Belang ?

Paul Magnette d’essayer ensuite de comprendre ce qui a pu amener Conner Rousseau à parler en ces termes. Et de pointer le Vlaams Belang : "E Flandre, le Vlaams Belang attire une partie de son électorat sur le thème social. Le Vlaams Belang est un parti raciste et c’est le racisme et la xénophobie son fonds de commerce mais ils essayent de chasser sur les terres des socialistes sur la pension, sur le pouvoir d’achat sur les salaires…". Le VB "piquerait des thèmes à la gauche", d’où la volonté des socialistes flamands de "se défendre contre ça". Mais Paul Magnette de signifier :"Ce n’est pas pour ça qu’ils doivent se laisser aller", notamment à "des ragots sans fondement" (notamment sur les professeurs qui donneraient cours en arabe).

Cordon sanitaire

Cette polémique arrive dans l’actualité peu une autre, la rupture du cordon sanitaire dans les médias par Georges-Louis Bouchez la semaine dernière sur la VRT. Paul Magnette reconnaît avoir été clair avec le président du MR. "Il fallait qu’on fasse une mise au point, on l’a faite" lance-t-il. Et le premier socialiste de rappeler les bienfaits du dispositif : "Il fallait que l’on dise vingt ans après qu’il faut reprendre ses engagements de ne pas discuter avec l’extrême-droite. Parce que c’est un succès. Nous n’avons pas, en Wallonie et à Bruxelles, d’extrême-droite grâce à la politique du cordon sanitaire". Et de saluer également le rôle des médias. "Alors qu’on a Marine Le Pen au premier tour en France (et à 40% au 2e) et le Vlaams Belang premier dans les sondages en Flandre. Cette politique, qui consiste à ne pas laisser le terrain à l’extrême-droite, elle fonctionne et on doit la réaffirmer" insiste Paul Magnette.

Nous n’avons pas, en Wallonie et à Bruxelles, d’extrême-droite grâce à la politique du cordon sanitaire

Paul Magnette enjoint les libéraux francophones de réapprouver le pacte initial de 2002 (signé à l’époque entre les 4 principaux partis francophones d’alors, à savoir les libéraux, les socialistes, le cdH et Ecolo), réécris par le PS, Ecolo et les Engagés. Paul Magnette invite aussi le PTB et Défi à le signer également.

Relations houleuses avec Le MR

Les bisbrouilles sont récurrentes entre socialistes et libéraux, qui gouvernent pourtant ensemble au fédéral. "C’est compliqué" affirme Paul Magnette "Je n’ai jamais caché que ce n’est pas ma préférence de gouverner avec un parti de droite. Qu’à chaque fois qu’on le peut, on gouverne sans. Et c’est normal, les partis de droite préfèrent gouverner sans des partis de gauche, c’est plus simple". Et de préciser que ce sont toujours des "coalitions contre nature" (@Laurette Onkelinx). "Je fais tout pour qu’on puisse gouverner, répondre aux crises […] On a autres choses à faire que des petites manœuvres, c’est s’attaquer aux priorités-clés". Et ces priorités sont pour le PS le revenu disponible, le pouvoir d’achat et la transition climatique. "On devrait mettre 100% de notre énergie là-dessus"

Baisse de la TVA sur l’énergie

Question sur le financement de la baisse de la TVA sur l’énergie, qui serait abaissée jusqu’à la fin de l’année (au-delà de septembre, donc). Paul Magnette se réjouit de la prolongation. Et de parler aussi du tarif social, dont 1 million de ménages en bénéficierait, à l’initiative du parti socialiste. Et que cela devienne davantage pérenne. "On en rediscute tous les trois mois, ça devient un peu fatigant. Il faut un vrai accord qui soit définitif".

Et de vouloir taxer les surprofits encore les fournisseurs d’énergie. Ce qui permet, selon Paul Magnette, de faire "du social et de la transition climatique. Ce qui doit rester notre cap aujourd’hui. Il y a des centaines de millions d’euros que madame Van der Straeten (ministre fédérale de l’énergie, ndlr) doit aller chercher ".

Baisse de la TVA sur le logement

"Quand on a baissé la TVA de 21 à 6% pour les co-propriétaires sous le gouvernement Di Rupo, on l’a fait pour tout le monde"Tous les locataires doivent donc, selon lui, bénéficier de la baisse de la TVA. "Le ministre des finances a voulu exclure les résidences secondaires" et parle du PS parle d’une "erreur technique" (venant du ministère des Finances du ministre Vincent Van Peteghem) pour ce qui est des personnes qui n’auraient pas bénéficié de la baisse de la TVA par exemple dans la commune de Charleroi. Et le bourgmestre de répéter que l’anomalie sera réparée rapidement.

Taxe sur les grandes fortunes

Après la taxe sur les comptes-titre, les taxes sur les revenus du capital, sur le capital et le revenu mobilier (plus d’un million d’euros), impôts prévus dans l’accord de gouvernement, une proposition de taxe est remise à nouveau sur la table du gouvernement fédéral. Une taxe sur les patrimoines globaux de plus d’un million d’euros. Celle-ci pourrait, selon le socialiste, rapporte entre 2,5 et 3 milliards d’euros. Les socialistes proposent d’exonérer de taxe le domicile et l’outil de travail. Mais le capital de plus d’un million d’euros devrait, selon lui, "être taxé avec une contribution d’1% ou 1,5%". Taxe de crise (prélevée en une fois) ou taxe structurelle, Paul Magnette préfère la deuxième possibilité. Cela permettrait une meilleure redistribution des richesses. "C’est prendre à 1% de la population, le 1% le plus riche, lui prendre une petite contribution, qui permet de financer pour 50% de la population les bas et moyens revenus". A savoir, selon le Carolo, "une baisse d’impôt qui pourra rapporter 100 euros net en plus par mois." Une mesure de "justice sociale, d’équité" en ces temps d’inflation galopante, selon Paul Magnette, qui se réjouit de l’accord du CD&V et enjoint MR et Open VLD de suivre le pas. "Ça progresse"

Une baisse d’impôt qui pourra rapporter 100 euros net en plus par mois pour les bas et moyens revenus

La revendication qui sera présente sur les lèvres socialistes ce 1er mai.

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