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Paul Bowles à Tanger (photos et podcast)

Paul Bowles

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11 juin 2013 à 11:08Temps de lecture3 min
Par Camille De Rijck

Pendant trois jours, nous nous sommes promenés à Tanger sur les traces de l'écrivain et compositeur américain Paul Bowles qui, dans les années 40, considéra cette baie venteuse comme un refuge pérenne à ses muses. Pour agrémenter l'écoute du Musique et autres Muses du 12 juin consacré à Bowles et à son enracinement marocain, nous vous proposons une série de photos. La traductrice Claude Nathalie Thomas, le diplomate Gerald Loftus, le libraire Simon-Pierre Hamelin et Tanger, bien sûr, sous quelques coutures avantageuses. Consultez la page de l'émission.

Photos de Cédric Hustinx, légendes de Camille De Rijck.

Ces quelques photos (et d'autres) sont visibles en meilleure définition sur Picasa.

Claude Nathalie Thomas

Paul Bowles à Tanger (photos)

Claude Nathalie Thomas a rencontré Paul Bowles autour d'une partie de tennis. Elle est devenue sa traductrice alors que le monde des lettres avait achevé d'oublier l'auteur d'Un Thé au Sahara. C'est Daniel Rondeau - co-fondateur des éditions du Quai Voltaire - qui propose que soient traduites en français les nouvelles de Bowles. Les années 80 marqueront son retour à l'avant-plan de la vie littéraire. En 1990, Bernardo Bertolucci adapte Un Thé au Sahara au cinéma, avec John Malkovich et Debra Winger.

Chez Hammadi

Paul Bowles à Tanger (photos)

L'une des bonnes adresses de la ville, où quelques musiciens infatigables entonnent "chérie je t'aime, chérie je t'adore" - version folk - avec un oud obbligato.

Cervantes se meurt

Paul Bowles à Tanger (photos)

Le Teatro Cervantes de Tanger fêtera cette année son centième anniversaire. Voilà pourtant cinquante ans qu'une indivision absurde en a fermé les portes et qu'il se délite au point d'être aujourd'hui promis aux bulldozers. Plusieurs générations de locaux en ont arraché les velours et profané les lustres ; on le visite à la lampe de poche, moyennant une contribution modeste. Bientôt, Kenneth Branagh viendra lire des pages de Shakespeare sous ses fenêtres obstruées afin de conscientiser une dernière fois les pouvoirs publics.

Vue de l'Hôtel Continental

Paul Bowles à Tanger (photos)

La baie de Tanger, de nuit, vue des fenêtres de l'Hôtel Continental, un palace biscornu outragé par le temps, qui bombe encore un peu le torse pour sauver les apparences.

Gerald Loftus et la Légation Américaine

Loftus

Aujourd'hui dépouillée de ses velléités consulaires, la Légation Américaine est devenue un espace muséal. William Burroughs allait y chercher ses mandats cash et Jack Kerouac maudissait son personnel peu avenant. Perdue dans les étroites rues pisseuses de la Medina, elle apparaît - secrète - comme un instantané des années 50. Son directeur Gerald Loftus tient aujourd'hui à lui conférer des missions pédagogiques ; en rendant accessible à la recherche un imposant fonds de documentation et en organisant des cours d'alphabétisation à destination des femmes de la Medina.

Baie de Tanger

Paul Bowles à Tanger (photos)

La baie de Tanger, au point du jour. Delacroix et Matisse l'ont peinte. Au loin, par temps clair, on apperçoit l'Espagne. C'est pour beaucoup d'Africains la dernière ligne droite avant d'atteindre les promesses de l'Europe. Chaque année, de nombreux migrants se noient dans la traversée.

La machine à écrire

Paul Bowles à Tanger (photos)

Fétichisme : la machine à écrire vert-pâle de Paul Bowles exposée dans l'aile homonyme de la Légation Américaine de Tanger, un lieu de culte qui expose des photos, des disques, des dédicaces et même un peu de terre de la sépulture du grand écrivain.

Librairie des Colonnes

Paul Bowles à Tanger (photos)

Simon-Pierre Hamelin, avec le soutien de Pierre Bergé, a repris la Librairie des Colonnes, fondée en 1949 par la famille belge Gerofi. Épicentre de la vie littéraire tangéroise, elle a vu défiler tous les auteurs importants de son époque, essentiellement - explique Simon-Pierre Hamelin - par la proximité de la meilleure brasserie de la ville. Les écrivains ne lisent pas, par contre ils boivent.

Tombeaux phéniciens

Paul Bowles à Tanger (photos)

Face à la mer, à flanc de crête, des tombeaux de pêcheurs phéniciens surplombent le détroit. Ils sont morts il y a 2500 ans et aujourd'hui les amoureux viennent se baigner les pieds dans leurs sépultures. En prennent-ils ombrage ? Peut-être se vexent-ils que la ménagère y lave les chaussettes de son mari ? Toujours est-il que personne ne les oublie, nos pêcheurs phéniciens, même si le dernier de leurs fémurs a servi de repas à un molosse entre 1478 et 1479. À défaut du calcium de leurs carcasse, demeurent les fosses qui les virent décomposer et avec elles, leur souvenir.

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