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Patrimoine musical belge : la Missa de septem doloribus à cinq voix de Pierre de la Rue

Patrimoine musical belge : la Missa de septem doloribus à cinq voix de Pierre de la Rue
26 oct. 2021 à 14:252 min
Par Xavier Falques

Notre patrimoine regorge de trésors musicaux, un fonds patrimonial qui dépasse largement le cadre de la période belge institutionnelle. À l’occasion des 50 ans du label Musique en Wallonie, Xavier Falques nous parle d’un manuscrit du début du XVIe siècle, la Missa de septem doloribus à cinq voix de Pierre de la Rue.

Sur la jeunesse de Pierre de la Rue demeurent encore beaucoup de questions, mais nous sommes presque en état de pouvoir affirmer que le compositeur est natif de Tournai. Par contre, nous sommes certains qu’en 1492, il entre au service de la cour des Bourgogne-Habsbourg, cour qu’il servira jusqu’à la fin de sa carrière professionnelle, une stabilité qui est assez rare à l’époque pour être mentionnée. De la Rue, va donc successivement servir Maximilien de Habsbourg, l’époux de la défunte Marie de Bourgogne, Philipe le Bel, leur fils, Jeanne de Castille, dite la folle, épouse de Philippe le Bel et puis enfin leur enfant, Charles-Quint. Déjà âgé en 1516, moment où Charles-Quint rentre en fonction, de la Rue ne reste qu’une année au service du souverain avant de se retirer à Courtrai où il finira ses jours le 20 novembre 1518. Et même s’il n’a jamais été nommé compositeur de la cour de manière officielle, sa longévité et son importance dans le milieu musical de l’époque en sont une preuve officieuse.

La Missa de septem doloribus date probablement de l’avant-dernière période du compositeur, celle de l’avant Charles-Quint, puisqu’il la compose soit en 1514 soit en 1516. Un des manuscrits de cette messe est conservé, pour notre plus grand plaisir, à la Bibliothèque royale de Belgique. Mais, il ne s’agit pas là d’un simple témoignage du temps, mais aussi de l’une des plus admirables réalisations de l’atelier du copiste Pierre Alamire qui outre, Pierre de la Rue, a copié la musique Ockhegem, Josquin, Willaert et une grande partie du fleuron de la musique Franco-Flamande de l’époque. Or, si la pratique du manuscrit ne va pas s’arrêter net, rappelons qu’en 1528 Pierre Attaignant inventera un procédé d’impression qui aura une grande influence sur l’édition musicale imprimée. Alors, évidemment, la Missa de Septem Doloribus ne représente pas en soi une période, mais elle n’en demeure pas moins l’un des témoins de cette époque magnifique et fondamentale dans notre culture musicale et nationale.

D’ailleurs, ce n’est pas la seule œuvre à se trouver dans le manuscrit d’Alamire. On y trouve une autre messe à quatre voix du même nom, mais qui probablement n’est pas de Pierre de la Rue, du moins, c’est ce que semble affirmer Honey Meconi ; un Memorare mater Christi de Pipelare ; un Stabat Mater de Josquin et un office avec deux vêpres et une messe. Bref des œuvres centrées sur les douleurs de Marie que l’on rattache à la fête de Notre dame des Sept Douleurs, une fête qui suscitait l’enthousiasme dans nos régions et dont la promotion à cette époque fut partiellement du fait de Jean de Coudenberg.

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Pierre de la Rue

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