RTBFPasser au contenu

Dans quel monde on vit

Pascale Clark sur la plainte de PPDA : « 16 femmes, ça fait beaucoup pour prétendre à une épidémie de mythomanie »

En toutes lettres !

Pascale Clark écrit une lettre aux 16 femmes contre qui Patrick Poivre d’Arvor porte plainte

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Patrick Poivre d’Arvor, l’ancien présentateur du 20h de TF1, a porté plainte, cette semaine, pour dénonciation calomnieuse contre 16 femmes qui l’accusent de violences sexuelles ou de harcèlement sexuel. La journaliste et écrivaine Pascale Clark écrit cette lettre à ces 16 femmes.

 

Chères vous 16,

Je sais, comme il est curieux de m’adresser à vous conjointement, vous, au nombre de 16, 16 femmes, qui ne vous connaissiez pas les unes les autres, peut-être de vue, et encore, et qui êtes désormais reliées par une action commune et une indélébile destinée, je vous écris à vous 16, je vous écris à chacune.

Ça s’est passé cette semaine, entre la réélection d’un président et les combats détruisant l’Ukraine : une plainte pour " dénonciation calomnieuse " déposée par une ancienne star de l’info de TF1 dont on aurait pu penser qu’elle gagnerait à se faire discrète enfin.

Mais non, il a fait fort, Patrick Poivre d’Arvor. Dépôt de plainte contre vous, vous 16, l’ayant accusé de viols, agression sexuelle ou harcèlement du même acabit, vous aviez porté plainte contre lui, il vous en avait fallu du courage, vous les 16, pour vous attaquer à l’ancien cador, vous n’aviez rien à gagner, vous le saviez, les faits présumés étaient prescrits, d’ailleurs, il s’en était tiré avec le classement de l’enquête sous le vocable impuissant et un peu hypocrite de " sans suite ".

Cette semaine, il a fait fort, Poivre d’Arvor, second dépôt de plainte pour " dénonciation calomnieuse ", la première n’avait rien donné. Il a fait fort et là réside peut-être sa faiblesse : 16 femmes visées, vous, ça fait beaucoup d’un coup pour prétendre à une épidémie de mythomanie.

Sa plainte fait 43 pages dont certains extraits parus dans la presse laissent pantois : je résume : vous les 16, journalistes ou écrivaines en mal de renommée et/ou féministes de la dernière heure venues soutenir une ancienne collègue ou une amie, est-il écrit, il ne saurait vous être donné le moindre crédit.

La suite est encore pire, j’imagine votre rage, à chacune d’entre vous au nombre de 16, découvrant écrite noir sur blanc cette version aux contours insultants : selon lui, l’ex tout puissant, vous aviez été éconduites ou ignorées par un homme que vous aviez un temps admiré, cela vous avait rendu très amères, d’où cette vengeance tardive.

Alors là, chapeau bas.

S’il a fait ça, à ce moment-là, PPDA, cette plainte contre vous 16, pour dénonciation calomnieuse, pour atteinte à la réputation, c’est sans doute qu’il savait que s’ouvrait un nouveau front : le magazine Complément d’enquête diffusé jeudi sur France 2 a révélé le dépôt cette semaine d’une 7ème plainte pour viol contre l’ancien roi de l’info.

L’enquête s’intitule : " PPDA, la chute d’un intouchable ". Sous entendu, pour fourrer ses mains et sa queue dans les jeunes corps de passage, pour le faire apparemment sans le moindre souci de consentement, il lui avait fallu bien des yeux fermés alentours.

Chères vous 16 dont la douleur est relancée par cette plainte contre vous, il est parfois des effets pervers insoupçonnés : il y aura peut-être procès jusque-là empêché par la prescription.

L’histoire n’est pas finie, je vous embrasse.

 

Pascale Clark

 

Articles recommandés pour vous