Paracétamol plutôt qu'Ibuprofène pour les symptômes du Covid-19

L'ibuprofène et la cortisone pourraient-ils aggraver l'infection par COVID-19 ?

© REKINC1980 - Getty Images

14 mars 2020 à 16:26 - mise à jour 16 mars 2020 à 16:14Temps de lecture2 min
Par Pascal Bustamante

La prise de médicaments anti-inflammatoires comme l'ibuprofène ou la cortisone peut-elle être un facteur d'aggravation de l'infection au COVID19? La rumeur a circulé sur les réseaux sociaux. A l'origine, un post Facebook évoquant la prise en charge de "quatre cas graves de coronavirus" chez des patients jeunes actuellement hospitalisés au CHU de Toulouse qui auraient "tous consommés des anti-inflammatoires au début de la contamination". 

Le CHU de Toulouse a catégoriquement démenti. Il a cependant rappelé une évidence : il faut être très prudent dans l’utilisation des anti-inflammatoires qui peuvent augmenter le risque de complications en cas de fièvre et d’infection. Il est donc essentiel de suivre les conseils des médecins traitants.

Mise en garde gouvernementale

En cascade, Olivier Véran, le ministre français de la Santé a publié sur sur son compte Twitter: 

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Pas d'étude établissant un lien

Selon nos informations prises en Belgique, auprès d'une source médicale spécialisée, il n'existe pour le moment aucune étude suggérant un lien entre consommation d'anti-inflammatoires et forme sévère de COVID19. Néanmoins, vu que l'insuffisance rénale est une complication fréquente du COVID19, les spécialistes recommandent de ne pas administrer d'anti-inflammatoires non stéroïdiens en cas de suspicion ou COVID19 confirmé.

L'Agence fédérale des médicaments et des produits de la santé (AFPMS) vient de rendre son avis sur la question : elle ne dispose pas non plus de données cliniques publiées sur l’impact potentiel de la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et de corticostéroïdes sur le COVID-19. Mais elle rappelle qu'il est cependant connu que ces molécules peuvent provoquer des complications infectieuses graves. En conséquence, le paracétamol, aux doses habituelles, est le premier choix pour traiter la douleur et la fièvre grâce à son profil de sécurité plus favorable. Les patients recevant un traitement chronique avec certains anti-inflammatoires (AINS) et/ou corticostéroïdes ne doivent pas interrompre ou arrêter leur traitement sans avis médical.

Soupçons français sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens

Toujours en vente libre chez nous, ces médicaments comme l'Advil ou le Nurofen, font à présent l'objet d'une obligation de prescription en France. Cette mesure a été adoptée en janvier 2020. L'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, l'ANSM, avait alerté sur le rôle aggravant de cette classe de médicaments. Au mois de juin 2018, une étude nationale avait été confiée par cet organisme aux centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et de Marseille. Les résultats de l'étude en question ont été partagés avec les services homologues européens de l'ANSM

 

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