Le temps d'une histoire

Paola: les qualités d’une femme qui ne pensait pas devenir reine…

Albert et Paola, princes de Liège, en 1961…
16 févr. 2022 à 07:23 - mise à jour 16 févr. 2022 à 09:18Temps de lecture4 min
Par Gérald Decoster

Ce jeudi 18 février, Le Temps d’une histoire vous propose un document exceptionnel : pour la première fois dans l’histoire de Belgique, une reine se confie. Dans Paola, côté jardin, l’épouse d’Albert II livre un témoignage, celui d’une femme qui, par amour, s’est retrouvée dans une fonction qu’elle n’était pas censée devoir un jour imaginer occuper…


 

Paola Ruffo di Calabria, Reine des Belges par son union avec Albert. Pour peu que l’on suive ses activités, il est possible, tout en gardant un certain recul, de brosser un portrait de celle qui fut, 20 ans durant, une femme qui contribua à donner une image positive de la Belgique. Voici quelques détails qui pourront sembler un peu " légers ", mais qui font partie d’une personnalité… bien trempée.

Paola, un tempérament entier

Paola lors d’une visite du couple royal à Gand, en 2013
La même année, Albert et Paola assistent à la pêche aux crevettes, à cheval, d’Oostduinkerke.

En 2009, on se souviendra que la Reine avait répliqué, devant les caméras, à la question d’un journaliste relative à l’achat du nouveau yacht du couple royal… Clairement, la souveraine est une personne entière. Lors de ses déplacements, il n’est pas compliqué de savoir si tout se passe bien, son visage exprime son ressenti, qu’il soit positif… ou négatif !

Même si l’on considère qu’une activité royale – fut-elle agréable ou pas – fait partie du " boulot " de roi ou de reine, peut-on véritablement reprocher à Paola de demeurer une personne de sang et de chair, exprimant ses sentiments ? Chacun aura sa réponse, mais force est de constater que, Princesse de Liège ou Reine des Belges, elle a gardé le cap, demeurant une femme ayant sa personnalité et qui ne la perdrait pour rien au monde, bref : honnête avec elle-même. Au gré des années où elle fut la Première dame de Belgique, on ne se rend pas toujours compte de ce qu’elle a fait pour l’image du pays. Quelques détails…

Paola et l’art contemporain

L’œuvre photographique de Dirk Braeckman au palais de Bruxelles.
L’œuvre photographique de Dirk Braeckman au palais de Bruxelles. Dirk Braeckman

C’est elle qui a mené à la création du comité artistique chargé d’intégrer de l’art contemporain belge au palais royal de Bruxelles. Pour cela, elle a été remarquablement conseillée par Laurent Busine. Dès 2002, trois œuvres photographiques de Dirk Braeckman sont accrochées dans l’un des vestibules du palais : des portraits en noir et blanc du couple royal, complétés par des clichés de détails décoratifs du palais.

Il y a aussi les sept toiles, variations vertes de Marthe Wéry, qui accueillent les visiteurs du Roi. Et puis, il y a le fameux Heaven of delight, de Jan Fabre, achevant le plafond de la salle des Glaces. Les milliers de carapaces de scarabées descendent littéralement dans la salle, prenant possession de l’un des monumentaux lustres, tandis que, dans un angle, c’est Paola en personne qui a fixé quelques centaines de carapaces pour inscrire son initiale…

La salle des Glaces achevée du plafond de Jan Fabre
Dans la salle Empire, en 2005, le couple royal reçoit le président grec Constantinos Stephanopoulos; à gauche, on aperçoit l'une des "Fleurs du Palais royal"...

En 2004, une œuvre qui a tout son sens au palais, Les Fleurs du Palais royal, de Patrick Corillon, prend place dans la salle Empire ; onze pots remplis de terre de chacune des provinces et de Bruxelles, d’où s’élèvent des fleurs racontant, dans une multitude de langues, une légende de chaque région.

En 2010, une dernière œuvre fait son apparition dans le salon des Maréchaux : une série de six tableaux de Michaël Borremans, sur le thème du laquais, " toujours présent d’une façon ou d’une autre ".

Paola et la décoration d’intérieur…

Le salon des Maréchaux, revu avec le décorateur Axel Vervoort ; autour du bureau d’Albert Ier, on y découvre les tableaux de Michaël Borremans
Le salon des Maréchaux, revu avec le décorateur Axel Vervoort ; autour du bureau d’Albert Ier, on y découvre les tableaux de Michaël Borremans Régine Salens – Noblesse & Royautés

Le palais de Bruxelles est le lieu de représentation par excellence de la monarchie belge, plusieurs de ses salons ont été rénovés en faisant appel au talent de l’un des grands complices de la Reine, le décorateur et antiquaire Axel Vervoort.

À Laeken, Paola a veillé à ce que le château, endormi sous le règne précédant, se réveille. Et c’est une réussite ! Là aussi, elle est parvenue à instiller ce soupçon de modernité par le biais d’aménagements au top de la décoration d’intérieur, qui rendent plus accueillants encore ces lieux historiques où sont souvent hébergés les hôtes du pays.

L’art de recevoir…

En juillet 2013, le couple royal et ceux qui sont encore duc et duchesse de Brabant pour quelques jours, reçoivent les membres du COMORI (Commission de mise en œuvre des réformes institutionnelles) dans la salle à manger du corps central du château de Lae
En 2003, le dîner de gala de la visite d’Etat des souverains de Norvège, en la grande galerie du château de Laeken ; une pièce de forme d’argenterie déborde de fleurs…

Que ce soit sous Albert et Paola ou de nos jours, être convié à un dîner officiel, en petit comité, ou à un dîner de gala, à Bruxelles ou à Laeken, c’est accéder à l’enchantement d’un art de recevoir particulièrement abouti et " à la belge " : bâtisses majestueuses, cadres enchanteurs, salons prestigieux, meubles historiques, œuvres d’art remarquables… et une table à couper le souffle !

D’abord par la qualité des mets servis, révélateurs du savoir-faire des grands chefs belges. Ensuite, par les décors éphémères que constituent les compositions florales réalisées par le personnel des serres, associées à des pièces d’orfèvrerie somptueuses.

Puis, il y a la beauté de la table : nappes damassées, argenterie héritée de nos premiers souverains, cristaux anciens réassortis de pièces commandées à la cristallerie du Val-Saint-Lambert et gravées AP, le chiffre d’Albert et Paola… Et, quand le dîner a lieu à Laeken, c’est l’assurance de prendre café et mignardises dans le grandiose Jardin d’hiver d’Alphonse Balat.

En 2016, à Laeken, la grande galerie prête pour le dîner de gala en l'honneur du président allemand Joachim Gauck.
En 2016, à Laeken, la grande galerie prête pour le dîner de gala en l'honneur du président allemand Joachim Gauck. ©️ Palais Royal, Belgique

Puis, il y a la beauté de la table : nappes damassées, argenterie héritée de nos premiers souverains, cristaux anciens réassortis de pièces commandées à la cristallerie du Val-Saint-Lambert et gravées AP, le chiffre d’Albert et Paola… Et, quand le dîner a lieu à Laeken, c’est l’assurance de prendre café et mignardises dans le grandiose Jardin d’hiver d’Alphonse Balat.

Une reine à la main verte

Enfin, on le sait, Paola a la main verte. Elle adore les jardins et n’a pas hésité à y mettre la main, dans le premier sens du terme ! Elle s’est montrée attentive aux jardins de Laeken, comme à ceux bien plus privés du Belvédère. À Ciergnon, elle a fait réaménager les abords du château, des lieux où, Albert encore enfant, jouait durant la Seconde Guerre mondiale. Des espaces de toute beauté où la nature semble tellement spontanée.

Le château de Ciergnon et une petite partie de ses jardins à flanc de coteau.
Le château de Ciergnon et une petite partie de ses jardins à flanc de coteau. Getty Images

En conclusion, une reine nommée Paola a pris soin des biens qui, mis à la disposition de la famille souveraine par l’intermédiaire de la Donation royale et de l’État, contribuent à l’image de marque du royaume, tout en constituant un patrimoine commun à tous les Belges.

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À voir dans Le Temps d’une histoire, vendredi 18 février, à 20h20, sur La Une, Paola, côté jardin, un documentaire de Nicolas Delvaulx, suivi de Élisabeth : les 20 ans d’une future reine, avec Patrick Weber.

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