RTBFPasser au contenu
Rechercher

Pandore

Pandore : “J’avais envie de placer un personnage de femme d’une cinquantaine d’années car passé cet âge, elles disparaîssent de nos écrans”

Pandore, la nouvelle série belge produite par la RTBF se poursuit (et avec succès !) sur La Une et Auvio. Les créatrices de la série Anne Coesens, Vania Leturcq et Savina Dellicour ont mis en lumière une héroïne âgée d’une cinquantaine d’années. Un choix loin d’être anodin. En effet, à partir d’un certain âge, les femmes actrices ont tendance à disparaitre de nos écrans. 

Anne Coesens est également l’actrice principale de la série. Elle interprète l’intègre juge d’instruction Claire Delval âgée de 52 ans. 

Pour Pandore, l’actrice et créatrice explique : "J’avais très envie de placer un personnage de femme d’une cinquantaine d’années parce qu’on trouvait que passé cet âge, qu’on dit “critique” souvent, les femmes ont tendance à disparaitre de nos écrans et donc on avait envie de les replacer au centre de notre histoire". 

Pandore - Bande-annonce

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Des rôles de second plan et sous représentés

A partir d’un certain âge, les actrices sont absentes du 7ième art ou alors sont cantonnées dans des rôles bien spécifiques. Comme le pointe un article de France Inter : "Après 50 ans, les femmes ont tendance à disparaître dans les fictions, que ce soit au cinéma ou à la télévision, pour ne réapparaître que dans des rôles de grand-mères vers 65 ans (...). Dans les fictions, tout se passe comme si les femmes à partir de 40 ans passaient au second plan". Des rôles de second plan et contraignants selon Belga : "les actrices sont trop âgées pour jouer des jeunes femmes et trop jeunes pour interpréter des grands-mères".

La première étude internationale sur le sujet a été menée par ONU Femmes en 2014. Elle se concentrait sur 120 films populaires dans 10 pays du monde entier. Les résultats étaient déjà sans appel : à l’échelle internationale 1/3 (31%) des personnages qui prenaient la parole étaient identifiés comme étant féminins. Et lorsqu’elles passent la cinquantaine, l’étau se resserre davantage. En effet, une autre étude réalisée chez nos voisin.e.s français.e.s montrait qu’en 2015 : seuls 8 % des rôles étaient attribués à des comédiennes de plus de 50 ans. En 2016, c’était encore moins : 6 %.

"Les femmes à partir de 50 ans développent un super pouvoir, elles sont invisibles à l’écran"

Si certaines exceptions subsistent (liste non-exhaustive : aux Etats-Unis, Meryl Streep ou Jennifer Aniston, en Belgique, Yolande Moreau, en France, Catherine Deneuve ou Isabelle Adjani), ces chiffrent montrent que les personnages féminins ne vieillissent pas dans nos cinémas et fictions... Ils disparaissent peu à peu des écrans. Un article de Télérama posait d’ailleurs ce constat : "pour une Catherine Deneuve ou une Isabelle Huppert, combien d’actrices disparaissent des écrans une fois la cinquantaine arrivée ?" 

Loading...

Le tunnel de la comédienne de 50 ans, c’est quoi ?

Cette tendance s’est confirmée ces dernières années, notamment en ce qui concerne les premiers rôles attribués aux actrices de 50 ans et plus. Comme l’explique un article des Grenades (RTBF) : "Selon l’institut de genre dans les médias fondé par l’actrice Geena Davis, les actrices de 50 ans et plus ont eu zéro premiers rôles dans les 30 plus gros succès de 2019. Ce phénomène porte même un nom: le tunnel de la comédienne de 50 ans".

Lancé à l’initiative de l’association AAFA (Actrices Acteurs de France Associés), un manifeste pour lever ce tabou est mis en ligne en 2018. Ce dernier dénonçait les difficultés rencontrées pour les actrices âgées entre 50 et 65 ans de trouver un rôle et tentait de sensibiliser à ce plafond de verre.

"Les femmes à partir de 50 ans développent un super pouvoir, elles sont invisibles à l’écran" analysait la comédienne Marina Tomé (Ceci est mon corps) à l'origine du manifeste estimant qu'il y a là un vrai sujet de société.

Un point de vue partagé par Myriem Akheddiou, actrice dans la série Pandore qui confie : "au départ, il y a l’envie d’un personnage de femme forte, battante, guerrière et d’un personnage de femme middle-aged” avant d’ajouter : "ce n’est pas des portraits qui disent “regardez comme les femmes sont géniales !”. C’est simplement déjà : “regardez comme une histoire de femmes c’est intéressant aussi” ".

Pandore, votre nouvelle série belge évènement est à retrouver en exclusivité chaque dimanche à 20h50 sur La Une. Elle est également disponible sur Auvio.

Sur le même sujet

"Pandore" : 5 questions pour tout comprendre de la musique de la série belge

Pandore

"Pandore", la série belge saluée par la critique

Pandore

Articles recommandés pour vous