Pacemakers, défibrillateurs : le KCE plaide pour le remboursement du monitoring cardiaque à distance

"Environ 15.000 patients se voient implanter un dispositif cardiaque de type pacemaker ou
défibrillateur chaque année en Belgique", explique le rapport du KCE
09 nov. 2021 à 05:05Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck

Faut-il rembourser le monitoring cardiaque à distance ? La réponse est oui, selon un rapport du Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé (KCE). Ce suivi à distance serait aussi sûr et efficace que son pendant classique à l’hôpital, "il devrait donc faire l’objet d’un remboursement similaire".

Chaque année, 15.000 Belges se font implanter un dispositif cardiaque. En d’autres termes, un pacemaker ou un défibrillateur. Le pacemaker, "maintient une fréquence cardiaque adéquate grâce à des simulations électriques", indique le KCE. Tandis que le défibrillateur, "délivre un choc électrique à haute tension en cas d’arythmie potentiellement mortelle pour que le cœur recommence à battre de manière régulière."

Allers et retours à l’hôpital

Ces appareils cardiaques demandent des contrôles réguliers, "entre deux à quatre fois par an pour les défibrillateurs et un peu moins pour les pacemakers." Certains patients bénéficient alors d’un monitoring à distance de leur dispositif, ce qui leur permet de se rendre moins souvent à l’hôpital.


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Or, contrairement au suivi classique en présentiel, le monitoring à distance n’est pas remboursé. "À l’heure de l’essor de la télémédecine et en pleine réforme par l’INAMI de la nomenclature des actes médicaux, la question du remboursement de ce monitoring à distance était tout à fait d’actualité", intente le KCE.

Un suivi sûr et efficace ?

Pour qu’une prestation soit remboursable, elle doit être jugée à la fois efficace et sûre. Son prix doit également être "en rapport avec le bénéfice apporté au patient." Et d’après le KCE, ces critères seraient remplis par le monitoring cardiaque à distance.

"Le monitoring à distance permet notamment de réduire le délai entre l’apparition d’un problème (alerte technique ou cardiologique) et sa prise en charge. Pour les défibrillateurs, il diminue également le risque de chocs éclectiques inappropriés", argumente le Centre fédéral.

Le KCE n'observe pas non plus d’effets secondaires négatifs.


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Cependant, le rapport ne note pas d’améliorations significatives d’autres paramètres clés, "tels que la qualité de vie des patients, le nombre d’accidents vasculaires cérébraux, le nombre d’hospitalisation ou la mortalité en général."

Rapport coût-efficacité

Quant au coût-efficacité, il serait acceptable selon les études existantes, "mais elles se basent sur des paramètres qui ne permettent pas de les extrapoler à la Belgique." Elles présument par exemple que le suivi à distance nécessite moins de personnel. Et c’est pourtant le contraire en Belgique : cette surveillance exige des infirmiers spécialisés pour gérer les alertes.

Quid du remboursement ?

Sur base de ces éléments, le KCE estime que le monitoring à distance devrait faire l’objet d’un remboursement équivalent à celui du suivi classique. Pourquoi équivalent, et non pas supérieur ? Parce qu’aucun bénéfice significatif en termes de qualité de vie ou de mortalité n’a été relevé.

Étant donné ces incertitudes dans les données existantes, le KCE suggère de commencer par un remboursement temporaire

"Étant donné ces incertitudes dans les données existantes, le KCE suggère de commencer par un remboursement temporaire, ce qui permettrait d’avoir une meilleure vision de la situation réelle avant de prendre une décision finale de remboursement des prestations à distance."

"Quant au remboursement des appareillages nécessaires au monitoring à distance (émetteurs et transmetteurs) et des services connexes fournis par les firmes, le KCE suggère également d’attendre d’avoir suffisamment de données sur la pratique réelle afin de déterminer un montant de remboursement acceptable", ajoute le Centre fédéral d’Expertise des Soins de santé.

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