Belgique

P. De Crem sur le retrait d'Afghanistan: "La guerre n'est pas finie"

Pieter De Crem revient sur le retrait des troupes belges d'Afghanistan dans le studio de Matin première

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27 juin 2011 à 07:11Temps de lecture3 min
Par Adrien de Callataÿ
Le retrait de la moitié des troupes belges en Afghanistan n'est pas à prendre comme "la guerre est finie, on quitte l'Afghanistan" tel qu'annoncé par le président des Etats-Unis Barack Obama. "Bien sûr que ce n'est pas le cas", réagit Pieter De Crem dans le studio de Matin première. Selon le ministre, il s'agit d'un acte logique pour tendre vers une "afghanisation" telle que décidée au sommet de l'OTAN à Lisbonne, c'est-à-dire "qu'on rend aux Afghans autant que possible une partie de la responsabilité". 

Le timing d'un tel retrait peut sembler étonnant au regard de l'actualité, tant les attaques des Afghans contre les soldats sont de plus en plus fréquentes. Pieter De Crem tient à préciser qu'"on n'est pas parti". "Les Belges restent, mais on s'inscrit dans cette logique d'afghanisation", rappelle-t-il. "Il y a des parties du territoire afghan qui sont sécurisées", comme Kaboul. C'est donc là que la plupart des soldats belges seront rapatriés. "L'objectif a été atteint". "Mais le territoire reste toujours instable et c'est pour cette raison qu'il reste une présence militaire considérable", dit-il.

Il reste beaucoup de travail de stabilisation

Dans ce principe d'"afghanisation", c'est au gouvernement Karzaï d'assurer tout doucement la sécurité. Pourtant, des analystes relèvent le caractère improbable de la réussite d'une telle mission. Des analystes qui parlent de gouvernement corrompu, incapable de prendre des responsabilités. Le ministre de la Défense admet qu'il reste beaucoup de travail de stabilisation, mais "il y a eu pas mal de progrès", dit-il. Et c'est pour cette raison que les militaires resteront dans le nord, notamment à Kunduz ainsi que dans le sud pour un travail de formation des services de sécurité locaux. 

Jusqu'à présent, Pieter De Crem parle d'un "succès modéré" pour cette mission de formation. Il refuse de parler d'échec, constat pourtant dressé par bon nombre d'observateurs. "Nous sommes là jusqu'en 2014", précise le ministre de la Défense à Bertrand Henne. 

Pas de vases communicants entre Kaboul et Tripoli

Dès janvier, des troupes vont donc quitter l'Afghanistan. La Belgique va de ce fait retrouver des moyens militaires supplémentaires. Va-t-on retrouver ces militaires en Libye ? "Il n'y a pas de demande en ce moment, pas d'agenda caché", explique Pieter De Crem. Néanmoins, le ministre s'exclut pas le fait d'intervenir dans une phase ultérieure de stabilisation, un fois l'opération terminée en Libye. "Une présence belge en l'état actuel du conflit, c'est exclu", prévient Pieter De Crem. 

"Pieter De Crem reste dans une logique de guerre"

Le ministre de la Défense Pieter De Crem "reste dans la logique de la guerre", a affirmé lundi le député Dirk Van der Maelen (sp.a), au lendemain de l'annonce d'une réduction de moitié, à partir de 2012, des effectifs militaires belges en Afghanistan.

"On continue à opter pour une option militaire. Je plaide pour une option diplomatique en politique", a-t-il déclaré à la VRT-radio.

Dirk Van der Maelen s'est réjoui de la décision du ministre de la Défense, qu'il a qualifiée de "bonne chose". Selon lui, c'est une "guerre stupide et chère" qui est menée en Afghanistan et elle manque sa cible.

Le député socialiste à reproché à Pieter De Crem de rester dans une "logique de la guerre" en voulant maintenir quelque 300 hommes et six F-16 en Afghanistan. 

"La guerre dure depuis dix ans et les talibans n'en sont devenus que plus forts. Cette guerre a coûté à la Belgique plus de 100 millions d'euros par an au cours des dernières années et les Américains ont dépensé plus de 1500 milliards de dollars. C'est de la folie", a-t-il souligné.

Dirk Van der Maelen a suggéré d'abandonner l'option militaire au profit d'une solution passant par des concertations diplomatiques et politiques.

AdC (et Belga)

De Crem et la réaction des syndicats

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