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On n'est pas des pigeons

Oxyde d’éthylène : l’industrie agro-alimentaire fortement impactée

L'oxyde d'éthylène en question

On n'est pas des pigeons

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03 déc. 2021 à 12:26 - mise à jour 03 déc. 2021 à 12:343 min
Par Olivier Corroenne

Ca ne se remarque pas nécessairement au premier coup d’œil, mais depuis plus d’un an, des milliers de produits ont été retirés de la vente : des crèmes glacées, des sauces ou des pâtes ont ainsi été détruites. En cause : l’oxyde d’éthylène(C2H4O), un produit interdit par l’Europe dans la production des aliments.

Ce contexte a provoqué des situations catastrophiques pour certaines entreprises. Mais le problème est atténué par une position plus souple de l’Union européenne.

En cause: des graines de sésame venues d'Inde

A l’origine du problème : des lots de graines de sésame importées d’Inde, en septembre … 2020 ! La présence d’oxyde d’éthylène, un désinfectant interdit en Europe, a provoqué le retrait de très nombreux produits des rayons des grandes surfaces. Les distributeurs ont été impactés, que ce soit Delhaize, Colruyt, Carrefour, Lidl, Aldi ou Intermarché.

On parle littéralement de millions d’euros de pertes !

Mais les plus touchés ont certainement été les producteurs du secteur de l’agro-alimentaire. Les fabricants de glaces, de pâtes ou de sauces ont dû payer en grande partie cette " crise de l’oxyde d’éthylène ". Nicholas Courant, porte-parole de la Fevia, la Fédération de l’industrie alimentaire : " On parle littéralement de millions d’euros de pertes. Même si on n’a pas de chiffre exact. Par exemple, dans le secteur des sauces, il y a des entreprises qui doivent négocier avec leur banque pour garantir leur existence ". 

Getty images

C2H4O …. dangereux pour la santé ?

Pourtant le composé chimique C2H4O, même si son usage est interdit dans l’industrie agro-alimentaire, ne semble pas si dangereux que cela … c’est l’AFSCA qui l’affirme.

C’est une substance qui est potentiellement dangereuse, mais cela dépend de la quantité que l’on va retrouver.

Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l’AFSCA : " C’est une substance qui est potentiellement dangereuse, mais cela dépend de la quantité que l’on va retrouver de cette substance. Mais cela peut avoir des incidences à long terme. C’est une substance qu’il faut prendre au sérieux." 

On reste relativement serein par rapport à cela, mais il faut tout faire pour que l’on n’en retrouve jamais dans nos assiettes. 

Heureusement, en Europe, les concentrations étaient très, très faibles. Et il prévient: "On a rappelé ces produits-là. On pourrait manger un produit qui contient une très faible quantité d’oxyde d’éthylène pendant plusieurs années. C’est seulement après qu’on aurait un problème pour la santé. On reste relativement serein par rapport à cela, mais il faut tout faire pour que l’on n’en retrouve jamais dans nos assiettes ". 

Caroube
Caroube Getty images

Assouplissement de la position de l'Europe

Même si le risque, à très faible concentration, est limité, le problème de l’introduction d’un composé interdit – l’oxyde d’éthylène – s’est amplifié au fil des analyses de contrôle. Après le sésame, l’oxyde d’éthylène a été repéré dans le E410, la gomme de caroube, un épaississant présent dans la composition de très nombreux produits comme la crème glace ou les sauces.

L'Union Européenne a tout d'abord adopté une politique très stricte : tous les produits infectés par ces matières premières devaient être retirés du marché même sans être analysés. Cette approche de tolérance zéro a fortement impacté le secteur agro-alimentaire.

Il a été possible de faire analyser des produits pour déterminer lesquels sont à risque ou non pour le consommateur 

En octobre dernier, à la suite de discussions entre les Etats membres et la Commission européenne, un nouvelle approche - plus souple - a été mise en place. Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l’Afsca : " On a affiné l’approche des produits composés. Dès lors, il a été possible de faire analyser des produits pour déterminer lesquels sont à risque ou non pour le consommateur ".

Voilà comment l’hémorragie des rappels de produits dont un des composant est l’oxyde d’éthylène a pu être jugulée.  

Getty images

Un problème en suspens

A la Fevia, la Fédération alimentaire belge, on pousse un "ouf" de soulagement. Ce changement de position de l'Europe a considérablement réduit les retraits en magasins. Les pertes des producteurs de pâtes, de mayonnaise ou de crème glacée diminuent, mais l'oxyde d'éthylène laisse tout de même des traces derrière lui.

Ce qu’on demande à la Commission européenne, c’est d’intensifier les contrôles aux frontières !

Et comme le souligne Jean-Sébastien Walhin, le problème n’est pas encore réglé : " En Europe, grâce aux analyses, le consommateur est bien protégé, mais pour les produits qui viennent d’autre pays, de Chine, d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du sud, il faut intensifier les contrôles aux frontières. Ce qu’on demande à la Commission européenne, c’est d’intensifier les contrôles aux frontières, pour que les produits qui arrivent chez nous et qui sont utilisés par des fabricants, répondent aux normes du marché européen ".


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