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Ouverture de la première salle de consommation de drogues supervisée à Bruxelles

C’est dans ce genre de salles que les consommateurs peuvent prendre leur drogue, avec du matériel stérilisé et accompagnés par des professionnels de la santé.
08 juin 2022 à 17:08Temps de lecture3 min
Par Clara Weerts avec Olivia Grisard

C’était une demande du secteur associatif depuis longtemps : la première salle de consommation de drogues supervisée, aussi appelée salle de consommation à moindre risque, a ouvert début mai. Une façon de protéger les consommateurs problématiques de drogues dures en les rendant moins vulnérables. Sur place, ces personnes ont accès à une assistance médicale et administrative. Elles peuvent aussi rencontrer des assistants sociaux qui accompagneront leur réinsertion.

Des usagers de drogues dures aussi humains

L’ouverture de ce centre était initialement prévue pour décembre 2021. Le projet a pris du retard alors que, selon les associations, il est essentiel. C’est une manière de protéger les consommateurs. C’est une porte d’entrée vers le soin, la prise en charge, la remise en ordre socio administrative des personnes les plus vulnérables, selon Bruno Valkeneers de l’ASBL Transit, une des associations en charge du centre. C’est aussi une alternative aux scènes ouvertes de consommation.

Un centre réfléchi pour un accompagnement optimal

La salle a ouvert ses portes le 5 mai, au 9 de la rue de Woeringen, à Bruxelles. Elle est ouverte du lundi au vendredi, de 10 heures à 17 heures. Ces horaires pourront évoluer en fonction de la demande.

A l’arrivée, la personne est reçue à l’accueil. Pour pouvoir utiliser ces salles de consommations, il faut d’abord être considéré comme un consommateur problématique de drogues illicites et  aussi être majeur. Une fois que ces deux paramètres ont été vérifiés, la personne reçoit un code. Elle restera anonyme dans le centre.

Ensuite, elle devra patienter en salle d’attente, ce qui permet de créer un lien social essentiel. Tous les services proposés sont expliqués dans cette salle d’attente : infirmerie, assistance sociale, présence de médecins, accompagnement socio administratif… D’après Bruno Valkeneers : "Le climat de confiance est essentiel pour redonner une dimension humaine à cette population souvent marginalisée."

 

Salle d'accueil du centre de consommation de drogues supervisée

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L’objectif de ce type de salles est aussi de développer une trajectoire de soins. Une infirmerie est disponible dans le centre. Certaines blessures semblent inoffensives. Sur place, elles seront traitées pour assurer la santé du consommateur de drogue.

Un protocole est établi en accord avec l’hôpital Saint-Pierre. Un service d’urgence est donc assuré en cas d’overdose. Il n’y a jamais eu de décès lié à une overdose dans ce type de centres.

Les consommateurs de drogues sont accompagnés et suivis médicalement.
Plusieurs salles de soin sont disponibles.

Plusieurs places sont disponibles pour les consommateurs. Une salle est dédiée à l’inhalation. Une autre est prévue pour l’injection. Du matériel stérile est à disposition. Deux membres du personnel qualifié assistent à la consommation de drogue. Ainsi, elles assurent la sécurité de ces personnes.

L’objectif est de donner un endroit à ces consommateurs pour qu’ils se droguent dans un contexte sécurisé, avec une assistance médicale en cas de besoin. D’un autre côté, ouvrir ce type de salles permet de contrer la réalité des scènes ouvertes de consommation. Donc de déplacer les personnes qui se droguent à l’intérieur, plutôt que dans la rue. 83% des utilisateurs de cette salle déclarent que si elle devait fermer, ils retourneraient consommer leur drogue en rue.

Salle de consommation de drogues

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Lorsque le consommateur a terminé, il doit se rendre dans l’espace de repos. C’est son dernier moment de répits dans le centre avant de repartir. Là, le personnel s’assure que tous ses paramètres vitaux sont bons et qu’il est en état de repartir.

Le centre permet environ 150 passages par jour. Depuis son ouverture il y a un mois, environ 635 personnes s’y sont rendues.

La seconde salle, après Liège

A Liège, ce type de salle existe depuis trois ans. Un centre est installé et ses moyens ont récemment été augmentés.

Ce type de salle, selon les associations, est une porte d’entrée vers le soin dans la dignité et le respect du droit à la santé pour tous. Celle de la rue Woeringen est donc la première à Bruxelles. Pour Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, " il fallait agir dans l’intérêt de tous, sans " invisibiliser " les personnes dépendantes aux drogues vivant en situation de grande précarité. Beaucoup d’entre elles n’ont aujourd’hui aucune alternative à la rue pour consommer et sont exclues, par leurs conditions de (sur) vie, des trajectoires de soins conventionnés. Ce centre va leur offrir un lieu médicalisé, supervisé par des professionnels de la santé, accessible sans prérequis administratif. Le dispositif va les accompagner vers un mieux-être et permettre d’initier des trajectoires de soins, des remises en ordre socio-administrative, de travailler sur l’accès au logement, … ".

Une seconde salle devrait ouvrir en 2026, près du quartier de l’Alhambra. Il s’agirait même d’un centre de 4000 mètres carrés. On y trouverait aussi un abri de nuit, un centre de jour et une maison d’accueil. L’ouverture d’un troisième centre de consommation est déjà sur la table.

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