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Ouai Stéphane, meilleur antihéros de l’électro française

28 mai 2022 à 08:00Temps de lecture2 min
Par Guillaume Scheunders

Oubliez Myd, Jacques et consort, le meilleur antihéros de la scène électronique française, c’est Ouai Stéphane. Un nom qui est passé sous notre radar dès 2017 lorsqu’il a sorti son premier morceau, intitulé Ouai. Et qu’on a suivi jusqu’à aujourd’hui, où il sort un disque compilant trois sons, nommé (de manière très inspirée) EP de trois musiques

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"Chui content de vous montrer ces tracks, même si perso, je les ai trop entendues", écrit Ouai Stéphane dans un communiqué de presse qui pourrait figurer au panthéon des communiqués de presse (si toutefois il en existe un). Dessus, il a créé une page "Ouaikipédia" pour sa biographie, des petites notes sur l’écran d’accueil de son Mac pour donner des explications à son nouvel EP, un CV pour décrire ses expériences, une page Le Bon Coin pour proposer sa discographie, sans oublier un magnifique montage photo qui constitue la pochette du disque. S’il dit avoir trop écouté ces morceaux, c’est parce que les trois pistes faisaient partie de son live lors des dernières années. Il les a ici retravaillées pour pouvoir les sortir sous la forme de cet EP de trois musiques. Et comme à son habitude, il est allé très loin pour chercher les titres de ceux-ci : Première musique, Prochaine musique et, forcément, Dernière musique.

ELLIOTT BOSSE

L’esprit Ouai

À première vue, on pourrait se laisser penser que Ouai Stéphane est un énième artiste jouant avec l’ironie et l’autodérision, pariant plus sur son image que sur ses productions. Sauf qu’une fois sa musique dans les oreilles, on ne peut que constater la qualité de son travail. Sorti du master en Music and Media Technologies du Trinity College de Dublin, il veut casser les codes traditionnels de la musique électronique en bidouillant ses propres instruments MIDI, prônant le "Do It Yourself" et passant un message simple : tout le monde peut faire de la musique avec n’importe quoi. Il voyage à travers plusieurs styles, inspiré visiblement par le breakbeat ou la UK jungle, mais encore par le funk. Il dit être autant inspiré par Steve Reich et les Chemical Brothers que par les Vengaboys et Kylie Minogue. Il prête également sa voix à ses morceaux, utilisant le plugin Bitspeek d’Ableton, lui permettant de la transformer en un synthétiseur et de la caler sur le tempo, ce que l’on peut entendre dans l’intro de sa Première musique.

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Ouai man

Ouai Stéphane explique vouloir démocratiser la musique électronique de manière fun et pop. Raison pour laquelle il utilise cette dégaine nonchalante, voire absurde dans sa façon de communiquer. Il mêle cette allure avec ses productions léchées et singulières, le tout combiné à une certaine forme de sincérité qui donne envie de le suivre. Le Français est en pleine écriture d’un album qui devrait voir le jour prochainement, ainsi que d’un nouveau live pour cette année. Et si pour l’instant, aucune date n’est prévue en Belgique, vous pouvez toujours vous consoler avec son EP de trois musiques ainsi que ses précédentes sorties. Ouai Ouai.

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