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Monde Europe

Orpea : le gouvernement lance deux enquêtes, dont une de l'Inspection générale des finances

01 févr. 2022 à 07:25Temps de lecture2 min
Par Belga

La ministre chargée de l'Autonomie des personnes âgées, Brigitte Bourguignon, a annoncé mardi l'ouverture de deux enquêtes administratives, dont une de l'Inspection générale des finances sur le groupe Orpea, au coeur d'une vive polémique sur les conditions d'accueil dans ses Ehpad.

"On ne va pas se contenter des explications lors d'un rendez-vous à une convocation", a expliqué la ministre sur France Inter, une heure avant de recevoir dans son bureau les dirigeants d'Orpea, à 9h15.

"Nous lançons aujourd'hui une enquête Igas (Inspection générale des affaires sociales) et une enquête financière de l'IGF, c'est une première, parce qu'il faut taper fort pour montrer qu'on ne fait pas n'importe quoi" dans les Ehpad, "une activité lucrative mais qui ne doit pas l'être au détriment de la bientraitance", a-t-elle ajouté.

Brigitte Bourguignon a également exprimé son "dégoût pour les pratiques managériales" d'Orpea, après la lecture du livre-enquête "Les fossoyeurs", du journaliste Victor Castanet, qui y décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" par souci de rentabilité.

Dans ce livre, "c'est un système entier qui est dénoncé et c'est ça que je veux comprendre", a poursuivi Brigitte Bourguignon.

Elle assure avoir convoqué dans son ministère le directeur général pour la France d'Orpea Jean-Christophe Romersi et le nouveau PDG Philippe Charrier "pour leur dire (sa) colère".

Dans son livre-enquête "Les fossoyeurs", le journaliste indépendant Victor Castanet y décrit un système où les soins d'hygiène, la prise en charge médicale, voire les repas des résidents sont "rationnés" pour améliorer la rentabilité de l'entreprise. Et ce alors que les séjours sont facturés au prix fort.

Le groupe privé, qui continue à rejeter en bloc ces accusations, a tenté d'allumer un premier contre-feu dimanche soir en limogeant son directeur général depuis plus de dix ans, Yves Le Masne.

Action collective de familles de résidents

Sur le plan judiciaire, Orpea est par ailleurs sous la menace d'une "action collective conjointe" lancée par des familles de résidents en colère.

En portant plainte simultanément, ces familles "entendent faire nombre, avoir du poids face à un géant", a expliqué lundi leur avocate, Me Sarah Saldmann, qui veut lancer cette procédure d'ici quelques semaines pour, selon les dossiers, "homicide involontaire, mise en danger délibérée de la vie d'autrui, violence par négligence" ou "non-assistance à personne en danger".

Acculé, Orpea a annoncé sa propre "mission indépendante d'évaluation", confiée à "deux cabinets de premier plan" - toujours "en cours de désignation".

En Belgique,  des inspections inopinées ont été menées jeudi en Wallonie dans cinq maisons de repos du groupe privé.

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