RTBFPasser au contenu

Week-end Première

Orientation professionnelle : que faire quand on ne sait pas quoi faire ?

Orientation professionnelle : que faire quand on ne sait pas quoi faire ?
27 mai 2021 à 10:06 - mise à jour 27 mai 2021 à 10:064 min
Par Olivier Marchal

On entend dire par certains que 85% des métiers de 2035 n’existent pas à l’heure actuelle quand d’autres préviennent que si jadis une compétence avait une durée de vie de 30 ans, elle n’en a aujourd’hui que de 2 ou 3. Nul besoin d’être un génie de la prospective pour comprendre que nous allons être amenés à changer souvent de métiers, et donc faire face à cette angoissante situation de ne pas savoir quoi faire, quelles études choisir, quel métier viser. Avec Olivier Marchal, sociologue et directeur de la Cité des Métiers de Charleroi.

Hésiter sur son orientation scolaire ou professionnelle n’est pourtant pas une situation rare.

 

Sauf que si on en parle peu, c’est parce que la société n’aime pas le doute et encore moins celles et ceux qui hésitent.
Pourtant, quand on y regarde de plus près, avec 1 étudiant sur 2 qui rate sa première année de fac, avec 1 élève de l’enseignement professionnel sur 2 qui n’exercera ensuite pas le métier qu’il a étudié et près de la moitié de la population active qui a déjà exercé un job qu’elle n’avait pas étudié auparavant, on comprend vite que s’orienter et faire des choix sera, dans les années à venir, une compétence cruciale et ce quels que soit son âge, son bagage et son parcours scolaire.


Ces moments de choix, ces tournants et l’angoisse qui vient avec surviennent déjà à des moments clés de nos vies :

  • En fin de deuxième secondaire, quand les échecs en histoire et néerlandais font comprendre aux moins compatibles que désormais, et assez étrangement d’ailleurs, leur avenir se joue entre boucher, mécanicien, ou maçon.
  • En terminale quand la chance de pouvoir faire des études supérieures se transforme en véritable casse-tête dès qu’il faut choisir sa filière et surtout lorsqu’on s’aperçoit qu’elle ne mène pas spécialement à des secteurs porteurs d’emplois.
     
  • Ou bien encore après un licenciement ou un changement volontaire de carrière.

Avec une moyenne de 6 changements de jobs sur une vie professionnelle, il se pourrait même qu’à l’avenir, " se chercher " ne soit plus vu comme suspect mais comme une qualité.

Ne pas savoir quoi faire n’est ni une faiblesse, ni un problème

Une fois qu’on en a pris conscience, l’étape suivante c’est d’accepter de se faire aider/accompagner par un.e conseillèr.e en orientation. Avec lui·elle, vous travaillerez votre projet de vie en trois temps :

  1. Le premier : à l’aide de tests, d’entretiens individuels et d’activités de groupes, vous tenterez de mieux vous connaître en sondant vos centres d’intérêt, vos valeurs, vos motivations, vos aptitudes.
     
  2. Le deuxième : sans tabou, ni filtres de genre et autres stéréotypes sociaux, vous explorerez tous les métiers qui se rapprochent de votre profil.
     
  3. Et, une fois l’objectif fixé, vous identifierez les moyens d’y parvenir : parcours d’études ou de formations ainsi que les démarches, et le tout en fonction de vos possibilités (financières, géographiques, ou familiales).

Eviter les pressions

Beaucoup hésitent, et au moment de choisir, subissent sans le savoir d’énormes pressions. Dont trois majeures venant :

  • Des mythes de la société contemporaine qui aime les gens qui ont un but, qui tracent, qui se drivent sans jamais douter jusqu’aux objectifs qu’ils se sont fixés. Cette même société qui, à travers l’usage de success-story matinée à la sauce self-made man, fait peser un poids considérable sur les individus sommés non seulement de devenir ce qu’ils veulent, mais en plus de réussir !
     
  • Une autre source majeure de pression viendrait de " soi ". Avec nos traumatismes, nos blessures, nos regrets, nos blocages et l’image que chacun souhaite donner de soi-même, conforme non seulement aux grands mythes sociétaux qu’on a en partie décrit ci-dessus, mais aux mythologies familiales et à l’entourage en général.
     
  • Dernière source majeure de pression du coup : l’entourage, via la famille, particulièrement maladroite et incompétente en matière d’orientation avec au top les parents qui, croyant bien faire, peuvent mal faire, et parfois même : faire mal.

Les parents/l’entourage : ces acteurs essentiels de l’orientation

De la même manière que l’on pointe aujourd’hui le rôle destructeur des parents qui n’ont pas su accepter l’orientation sexuelle de leurs enfants, on découvre à présent tout le mal qu’ils peuvent faire lorsqu’ils se braquent à propos de l’orientation professionnelle de leur progéniture.

Raison pour laquelle, à tous les parents, les grands-parents, j’aimerai dire ceci :

Votre enfant doute ? Pas de panique. C’est signe qu’il se construit et c’est, en soi, une excellente nouvelle !

Et non ! Mille fois non ! Votre nom ne sera pas sali si votre enfant chéri, celui·celle en qui vous misez toutes vos énergies utopistes, s’abaisse (comme disent certains) à faire un métier manuel, créatif, artistique, ou s’il·elle choisit une voie qui ne fait absolument pas partie de vos plans.

Ne pensez pas faute de mieux, " ma fille va devenir bouchère " : soyez fiers qu’elle devienne artisane-nourricière.

Ne croyez pas que faute de mieux, votre fils veut devenir maçon, électricien ou couvreur, remerciez-le d’endosser l’indispensable rôle du bâtisseur ;

Car en choisissant, votre enfant ne dévie ni ne descend. Il devient simplement lui, et devient simplement grand.

Et n’est-ce pas ça, finalement, le rêve de tous parents ?

Pour aller plus loin, trois rendez-vous parmi d’autres :

  • Chaque matin, de 9h à 12h, sur www.miti.be, la plateforme d’information et de conseil en orientation tout long de la vie, gratuite et à la demande, mise en place par la Wallonie et Bruxelles.
  • Le 9 juin prochain à 19h, atelier digital gratuit, " comment orienter mon ado "  
  • Et pour découvrir près de 800 métiers en vidéo, l’application gratuite : Vidéobox 

La chronique d'Olivier Marchal

Orientation professionnelle : que faire quand on ne sait pas quoi faire ?

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

30 août 2021 à 07:37
3 min
25 août 2021 à 08:05
3 min

Articles recommandés pour vous